Les JMJ : une expérience spirituelle

Des « manifs »

Les médias se sont presque exclusivement focalisés sur les manifestations de trois à quatre-mille « indignés » et ont peu parlé de ce qui se vit effectivement dans le cœur des centaines de milliers de participants aux JMJ venus des quatre coins de la planète.

Le coût de l’événement était-il trop lourd pour les contribuables de l’État espagnol, en ce temps de marasme économique dans le pays ? Le budget global de cinquante millions d’Euros était raisonnable, de vingt pour cent inférieur à celui de l’édition précédente en 2008 à Sidney. Et surtout il était entièrement autofinancé, à septante pour cent par l’inscription des jeunes et à trente pour cent par des sponsors privés. La ville de Madrid n’a fait que mettre des infrastructures, des transports et un service de sécurité à la disposition des organisateurs. Et le maire évoquait cent millions d’Euros de retombées financières pour les commerces locaux, sans parler de la valorisation de l’image de la cité à travers le monde.

L’essentiel

Mais tout cela ne touche que l’écume des choses. Les JMJ constituent avant tout une expérience spirituelle forte. Le thème retenu l’exprime bien : « Enracinés et fondés dans le Christ, affermis dans la foi ». « Racines », « fondations », « solidité » : les jeunes cherchent des repères dans leur quête de sens, et l’Évangile leur en fournit. C’est d’abord autour du Christ que le million de participants se sont rassemblés. Le Pape, en tant qu’évêque de Rome et successeur de Pierre, est là pour rappeler l’unité de l’Église « catholique » = universelle. Ceux qui y ont pris part une fois et que j’ai rencontrés me disent que les JMJ ont constitué pour eux l’un des moments les plus importants de leur existence, un tournant dans leur vie, qu’elles leur ont permis d’intensifier leur relation personnelle avec Dieu, de mieux comprendre la Parole, de faire davantage le lien entre foi et réalité, de s’engager plus pour la justice et la solidarité.

Une Église jeune

Les JMJ reflètent le visage d’une Église jeune, vivante, festive. Une Église vraiment planétaire, qui ne se limite pas à l’Italie, ni à l’Europe, mais réunit des croyants et des communautés de tous les continents. Une Église consciente des enjeux d’aujourd’hui, comme l’a rappelé le chemin de croix prié le vendredi 19 août : c’est dans la foi que nous pouvons puiser la force d’affronter le chômage, les exclusions, le sida, les maladies, la guerre, les persécutions…

Les Valaisans

Comme pour les autres Romands, les Valaisans qui prennent part à la manifestation sont pour la plupart ceux qui se retrouvent volontiers dans les activités proposées par la pastorale jeunesse de notre diocèse et de nos paroisses. Pour d’autres, les JMJ peuvent constituer un événement unique, un « event », sans que cela soit prolongé dans une vie ecclésiale par la suite. Mais personne ne sait ce que l’Esprit sème dans les cœurs : une parole, une rencontre, un temps de prière, une célébration peuvent servir de « révélateurs » et faire germer la petite graine de foi que Dieu avait depuis longtemps déposée dans les cœurs.

Abbé François-Xavier AMHERDT

Professeur de théologie à l’Université de Fribourg

Commentaires : 1

  1. L’abbé F.-X. Amherdt a raison sur un point : les jeunes catholiques ont aussi le droit de se réunir et de pouvoir compter sur un service de sécurité fourni par l’Etat. Comme les supporters du FC Sion, les festivaliers du Paléo ou de tout autre manifestation de masse. Certaines critiques sont, il faut le reconnaitre, de mauvaise foi.
    Par contre, personne ne parle du financement privé de cette rencontre : Coca Cola et consorts qui ne sont pas tous connus pour leur comportement éthique…
    (http://www.madrid11.com/fr/sponsors))

    Par ailleurs, l’abbé Amherdt écrit : « Les JMJ reflètent le visage d’une Église jeune, vivante, festive. » Festive, en effet, et en totale opposition avec une autre jeunesse, celle des indignés, celles des jeunes qui triment. A ce propos, le sondage du journal la Vie sur les profils des jeunes cathos des JMJ est assez révélateur. ( http://www.lavie.fr/religion/catholicisme/sondage-exclusif-qui-sont-les-jeunes-cathos-des-jmj-04-08-2011-18916_16.php). La plupart sont des fils de cadres sup et la sociologie de la manifestation de Madrid ne reflète en rien la stratification sociale européenne. Les personnes (probablement pas le cas des 99% des participants aux JMJ) qui ont lu l’encyclique Rerum Novarum ou la « petite dernière » Caritas in Veritate (la doctrine sociale de l’Eglise) savent que ça fait longtemps que l’Eglise a abandonné les gens les plus faibles de nos sociétés.( Ici un petit résumé de Rerum Novarum fait à l’époque : http://www.lagreu.ch/lemag/?p=189)
    Il ne reste plus qu’à espérer que « la petite graine de foi germe dans le cœur » de la bonne bourgeoisie flauberienne valaisanne et de son aptitude bien connue à la « charité » (quel mot merveilleux…)
    Un joyeux été à vous !

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