Les bas-fonds de la forme

Oublions le fond (le parti, le programme) et voyons la forme (le candidat) … ou plus précisément le fonds de la forme (sa personnalité).

Proche de vous clament les affiches de Paul-André Roux … de nous, électeurs ? des siens, membres du parti ? ou des intérêts des multiples entreprises qu’il représente aussi et surtout ?

Proche de vous … soixante conseils d’administration, pas moins. Un homme d’expérience, il va sans dire. LE politicien par excellence, avec opulence. Et le charisme d’un homard.

Encore plus proche de vous, Maintenons le cap, de Jean-René Fournier, qui ne craint pas le cumul des mandats, et s’affiche sans complexe, pour « une économie libérale axée sur la recherche du bien commun » ... mais oui, gentes dames et petits damoiseaux, le Senior Advisor du Crédit suisse ose le dire sur son site, au milieu du bla bla et après le sourire carnassier : son objectif vise à « faire respecter les droits des actionnaires ». Quant aux intérêts de l’électeur lambda, non introduit dans les hautes sphères de la gouvernance économique, non détenteur d’actions de grandes banques … qu’il paie quand ces dernières alignent les perte ou frémissent devant les Etats-Unis, et qu’il sourie, qu’il sourie bien benoîtement quand les Advisor et autres consorts du même acabit se remplissent la panse à ses dépens.

Préférons alors, dans les ténors, un Jean-René Germanier … il n’a pas besoin de la politique pour vivre, et la politique n’a pas créé de besoins chez lui. Il est libre, le vin y a pourvu. Et puis, en sourdine, sachez-le : offrez-lui un micro, il saura oublier les discours pompeux et chanter à pleine voix, ce qui lui ralliera les vôtres. La sincérité à l’état brut.

Un peu plus loin, Oskar … Oskar qui parfois ou souvent s’égare, mais Oskar toujours intègre : des convictions, et pas un seul conseil d’administration. Le prix de la liberté, sans nul doute.

Et puis Malvine, la fleur du Valais … On le sait sans toujours vous l’avouer, nous, les électrices : la plus grande ennemie de la femme sera toujours la femme. Nicole Mischlig a commencé, Nicole a brocardé … bouh ! elle est naïve, Malvine. Et donc inapte.

Et le NF le dit aussi (et donc c’est vrai, n’est-ce pas ?) : sacrilège, horreur et damnation : elle sacrifie ses enfants à sa campagne. Oh la vilaine, berk la méchante …

Enfin Olivier, il le crie en lettres de sang : Réagissez, dites NON ! Il le fait, il le vit. Interdit de TSR, il réagit, s’impose, réclame la parole et s’en empare. Des convictions bien ancrées, chevillées. Et un fusil à vendre.

Malvine a bu une Mouline à Gravelone, Olivier a préparé un lapin aux pruneaux, Oskar a préféré les spaghettis, Jean-René a chanté  … tous ont des convictions, ils sont sincères je le crois.

Malvine arbore une fleur faussement naïve en étendard : les couleurs d’Agatha Ruiz de la Prada, franchement assumées … Nicole a cru qu’inexpérience rimait avec incompétence, quelle incompétence ! Le pays a besoin de sang neuf, de sang frais, de sang non périmé, non frelaté.

Olivier le rouge, Olivier le noir vend son fusil pour financer sa campagne … mais pas son âme.

Oskar, un peu plus loin, un peu plus fort, refuse toujours les conseils d’administration. Qu’il garde le nez levé vers le soleil, il le faut.

Jean-René n’a besoin de rien. Une reine à ses côtés, une gentillesse qui ne se dément pas. Une vraie intégrité, puisqu’il n’a pas besoin de la vendre au plus offrant.

Voter la personne ou le parti, parfois les deux … mais toujours peser, pester parfois, voter et enfin espérer la victoire des convictions ou de la fraîcheur, mais s’il-vous-plaît, juste une fois, osons la déroute des pronostics doctement exprimés.

Votez pour quelqu’un, et non pour des entreprises ou de grandes banques.

Votez la force de la jeunesse, surtout si elle peut déjouer les plans d’un président qui, l’avez-vous oublié, a déjà trahi les siens.

C’est le mal qu’on vous souhaite … des papilles bien élevées ne peuvent que s’irriter du tout-cuit, du mal-cuit, du pré-cuit que l’on cherche à nous servir, un cerveau correctement irrigué rejette, on l’espère, les formules creuses et l’allégeance servile à des intérêts fort éloignés de ceux qu’officiellement on cherche à représenter.

Je n’aime pas les vendus aux airs faussement angéliques. Ils sont à proscrire absolument.

J’apprécie la littérature, je hais les caricatures.

J’aime la sincérité et un (petit) verre de rouge.

J’adore la fleur et la faune … protégeons-la.

A traiter prochainement, il le faut, on le veut : la forme du fonds (les affiches).

Sion, le 28 septembre 2011

Pour l'1dex :

Béatrice RIAND

Commentaires : 5

  1. Pas grand chose à rajouter, car tout est bien dit. Juste un rappel. Qui que vous choisissiez et élisiez, collez-leur aux basques, suivez-les, et demandez-leur des comptes. Ils vous représentent. Seulement vous. Et ils ont tendance à l’oublier dans les fauteuils confortables de Berne.

  2. A propos de « vendus », pourquoi oublier que Oskar a aussi vendu les siens, lui qui était Conseiller communal PDC à Savièse ?

  3. Tout à fait d’accord avec Olivier Cottagnoud. Il faut suivre ceux pour qui vous votez. Je n’ai du reste pas vu beaucoup d’analyses (bilan) de la part des médias sur les derniers mandats des candidats sortants. Le seul à l’avoir fait lui-même sous forme de vidéo est encore Philippe Nantermod.

  4. Réponse de Béatrice Riand à Jean-Pierre Bodrito :

    Votre remarque est tout à fait pertinente, et ce d’autant plus que, pour jouer dans la transparence la plus absolue, je l’ignorais.

    Cependant, permettez-moi deux observations …

    Le PDC et l’UDC entretiennent depuis fort longtemps des relations incestueuses … on ne sait trop si Paul-André Roux est à l’extrême-droite du PDC ou à la gauche de l’UDC. En réalité, certains membres de ces deux partis sont frères de sang, mais il est certain que le second paraît plus facile à assumer publiquement que le premier. D’autre part, j’imagine fort bien le départ d’Oskar comme un signe fort (avant personne ne le savait, n’est-ce pas, on est toujours plus malin après), comme un rejet d’un système qu’on sait perverti.

    Par contre, pour avoir il y a une quinzaine d’années participé à une réunion du PACS, pour avoir ensuite longuement discuté avec celui qui est aujourd’hui le président du PDC, j’avais admiré ses positions, son engagement, sa volonté de hisser ce parti à un niveau cantonal. J’ai su plus tard, et oui, que le PACS n’était qu’un tremplin pour un homme qu’on sait aujourd’hui adopter avec une grande régularité la position de la girouette opportuniste. Et puis, vous l’admettrez bien volontiers, le PACS et le PDC ne sont cousins, ni de près, ni de loin.

    • Béatrice, ma remarque était moins une critique, qu’une info « au cas où »…

      Pour le reste, je partage vos points de vue.

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