La terre comme soi-même (2)

cheminAprès la présentation de quelques causes de notre situation écologique et humaine actuelle, voici des pistes "d'action" glanées dans cet ouvrage de référence. Action est entre guillemets, car il ne s'agit pas forcément de faire, mais de changer en profondeur, comme par exemple de :

  • Nous resituer par rapport à la nature (p. 182-13), non pas en dehors (que faisons nous d'autre quand nous parlons d'environnement?) dans un rapport d'exclusion, ni dans une forme de confusion, mais dans un subtil rapport d'inclusion qui nous situe dedans mais en même temps pensant – capable de penser notre action sur elle et par là-même, sur nous, dans notre part biologique au minimum, retrouvant là notre dimension complexe de nature et de culture.  
  • Nous situer non dans un rapport de domination, mais dans un rapport de service. Egger, dont la réflexion est intimement mêlée au message évangélique, propose le rôle d'intendant (p. 208 – 209), celui à qui est confié le bien sans qu'il en soit propriétaire. Il a ainsi pour mission d'en prendre soin et de le faire fructifier dans un respect constant, s'il ne veut courir le risque de se voir retirer ce bien au profit … d'un autre intendant…
  • Nous situer dans un rapport d'interdépendance (p. 290) par rapport à notre planète, tant il est vrai que nous dépendons d'elle pour notre survie et qu'elle dépend de nous pour préserver son équilibre (dont notre survie dépend…)
  • Vaincre nos peurs (p. 256). Egger rappelle que nos peurs multiples sont rattachées à une peur fondamentale, celle de mourir. Nos envies, comme il le souligne, ne sont pas autre chose que l'envers de cette peur. Le rapport à l'écologie ? notre économie, basée sur la croissance continue, fonctionne avec nos peurs, elle les attise et y apporte toujours de fausses réponses, qui ne sont pas satisfaisantes, et qui appellent d'autres fausses réponses… Travaillons donc sur nos peurs, osons passer d'une "conscience de pénurie de l'avoir" à une "conscience de l'abondance de l'être"… Abondance qui n'est pas à conquérir, ni à acquérir mais à découvrir… Je tiens à préciser que cela ne nécessite pas forcément de se ruiner en cours de développement personnel, ni en ouvrages débordants de recettes miracles.
  • Devenir des méditants-militants (p. 295) non pas immobiles, tétanisés devant la fatalité, mais prêts à regarder sincèrement nos motivations profondes, à explorer notre rapport au sacré, à modifier notre rapport au temps (ah, les désastres du "tout, tout de suite"…). Egger propose le déplacement de la recherche de l'efficacité vers la fécondité, la perte d'une illusion de maîtrise, pour une force qui dépasse peut-être nos attentes…

Ainsi, dans cette attitude de foi en la portée de chacun des plus petits de nos actes respectueux (et admiratifs) de la nature, nous pourrons croire et affirmer avec Gandhi "l'arbre est déjà contenu dans la semence".

 

Beau programme Monsieur Egger! Merci pour cette salutaire réflexion qui ouvre une brèche dans l'horizon bouché de la désespérance.

 

 

 

Pour rappel : Michel Maxime Egger  : "La terre comme soi-même, repères pour une écospiritualité" Labor et Fides, 2012