Legrix fait dérailler les juges neuchâtelois

LegrixEn Valais, le Tribunal cantonal, dans une affaire liée à des actes graves et répétés de harcèlement, a pathétiquement déraillé (démonstration ici). Le Valais a ses cousins éloignés : des Neuchâtelois.

Hier, on apprend par les miracles sans cesse renouvelés de l'actualité, que Jean-Charles Legrix (L'1dex avait en son temps suivi ses pérégrinations [cf. post-scriptum]) a eu raison auprès de la Cour de droit public du Tribunal cantonal du canton de Neuchâtel. Un verdict proprement époustouflant.

A la suite d'une procédure interne organisée sous le contrôle du conseil municipal de La-Chaux-de-Fonds, sieur Legrix, élu municipal, a été, par une mesure d'organisation, écarté de son dicastère dans lequel il dispensait son fiel de harceleur avec une ardeur qui forçait le respect des plus endurcis aux joies du bossing. Des experts psychologues en ressources ont constaté ces faits; le conseil municipal avait pris ses responsabilités. Et le coupable transmuté en pauvre victime avait refusé de déguerpir et fait valoir ses droits d'élu devant les juges cantonaux.

Le Tribunal cantonal avait deux possibilités : soit il considérait que les mesures prises par le conseil municipal de La-Chaux-de-Fonds étaient des mesures d'organisation interne visant à un meilleur fonctionnement interne de l'administration; soit il disait que l'acte municipal était une décision troublant le jeu démocratique et la volonté populaire.

Et bien, en ces temps où la justice croit que son devoir est de participer directement à un accroissement des souffrances liées au harcèlement, les juges neuchâtelois ont quasiment  ordonné à l'exécutif de repositionner le bougre innocent dans un dicastère dans lequel il pourra faire valoir ces immenses qualités démontrées par la grâce du vote populaire.

Un pas de plus, et l'auteure du rapport mettant clairement en cause les actes de harcèlement posés par Monsieur Legrix, poursuivie pour diffamation, sera jugée pour harcèlement. Et plus personne dans ce pays ne viendra embêter tous ces employeurs trop contents de passer leur rage de vie sur la peau de leurs subordonnés.

Ainsi va le monde de la justice, de chez nous et d'ailleurs.

Le Conseil municipal de La-Chaux-de-Fonds aura le bon goût de porter l'affaire devant le Tribunal fédéral. On saura alors, comme en Valais, si la félonie peut être commanditée sous la ratification de la plus haute instance judiciaire fédérale.

En d'autres lieux, on appelle cela le développement de la jurisprudence.

Et c'est à se demander, avec Wittgenstein, si la justice n'est que de forme et jamais de fond. Je souhaite bon courage à ceux qui y croient encore, au fond, à la justice fondée sur la véracité des faits. Car, du plus proche de la chose, on peut être convaincu que seul le royaume des illusions règne dans ce monde perdu de la justice des hommes.

 

Post Scriptum : voici les autres articles sur sieur Legrix à L'1dex :

http://1dex.ch/2013/08/25/petit-manuel-a-lusage-de-loptimisation-de-la-comprehension-du-cretinisme-assume-le-logeanisme-en-quatre-points/

http://1dex.ch/2013/09/12/requiem-pour-un-con/

http://1dex.ch/2013/08/20/legrix-le-fat-le-pauvre/

http://1dex.ch/2013/08/28/legrix-le-fat-linnocent-la-chaux-de-fonds-est-en-ebullition/

 

Commentaires : 13

  1. Cher Maître Riand,

    Vous écrivez (peut-être aussi et quand même sur le mode plus optimiste : « L’Espérance est un emprunt fait au Bonheur » ?) :

    « … Et c’est à se demander, avec Wittgenstein, si la justice n’est que de forme et jamais de fond. … »

    L’un de mes Amis ne cesse de rappeler – en préambule ou en conclusion de recours rédigés pour des victimes indigentes et sans Conseil du système judiciaire… avec plus, sinon plus souvent moins… lire aucun succès – aux membres plus ou moins intègres et/ou sous chantages des Cours du TF :

    « …

    En cas de maladresses, j’invoque enfin le principe « jura novit curia ». En effet, il se réfère à la pratique constante du Tribunal fédéral en la matière, selon laquelle les recours d’un profane sont à interpréter conformément aux intentions du recourant, vu que votre Cour est censée mieux connaître le droit et ses voies souvent impénétrables qu’un simple Citoyen.

    … »

    Maître pas Renard

    (juste un Ysengrin aussi blanchi par les abrasives « aspérités du Droit »)

    P.S. Concernant l’affaire Legrix, une variation personnelle sur une Citation :

    « La politique est une affaire trop grave pour être confiée à des moralisateurs. »

    Un autre point commun avec Me Edmond Perruchoud.

  2. En d’autre termes, un exécutif pourrait – au seul motif de notion d’organisation interne – écarter un membre démocratiquement élu et cela sans base réglementaire ! Et la justice n’aurait rien à dire ni redire ? Donc, par exemple le conseil d’Etat valaisan pourrait décider, à la seule notion d’organisation interne, d’exclure de son dicastère, par exemple le représentant socialiste ? (ou un autre). Non, je crois que la justice a raison de montrer que les procédures doivent être respectées et les règlements appliqués. Je suis sûr que le TF donnera tort à l’exécutif municipal (ce qui n’enlèvera rien des manquements constatés dans la gestion de M. L.).
    J’ignore beaucoup de cette affaire et en particulier si il existe dans ce canton (NE) une autorité de surveillance des communes qui aurait pu ‘superviser’ cette affaire qui me paraît surtout très politisée. Si les faits reprochés à M.L. relèvent du pénal, soit, qu’on instruise et qu’on le condamne ! Mais il me paraît difficile d’écarter de la vie publique un représentant élu par une simple décision organisationnelle d’un exécutif. Dans ce cas bien des minoritaires pourraient trembler.
    p.s. qu’auraient été les réactions si le minoritaire avait été socialiste, vert ou autre que udc ?

  3. Ce me semble que les avis d experts medicaux , mais le travail de vrais psychiatres et medecins ne sont pas tenus en compte ? A mon avis tout harcelement a un mobile , pour sa comprehension , exemple sexuel , ( un des plus courants ) ( argent ) ( politique de genres ) ( psychopathologiques )
    et la liste est longue … le mobile me semble primordial . Apres il y a meme un cout de societe , a detruire des vies . Puisque la mode semble au cout de tout ! enfin , dites moi en plus ….a vous ! Sur le cout ? au coup , de vos bons alois en la matiere …

  4. Je suis d’un autre avis. De quel droit une majorité d’un exécutif peut-il mettre sur la touche un élu minoritaire qui dérange ? Soit il a fait des actes punissables, mobbing ou autre, et on le condamne pour ces actes, et ensuite on peut demander sa démission, soit il n’a rien fait de punissable et on respecte la volonté populaire et le verdict des urnes. Où s’arrêterait-on si on laissait la mise en touche d’élus minoritaires qui dérangent la majorité d’un conseil ? En tant qu’unique élu d’un parti minoritaire au conseil communal, vous connaissez maintenant mon avis.

  5. Viens de lire l’article du Temps à ce sujet; les explications données par le TCN semble tenir la route… Pourquoi ne pas mener une enquête en bonne et due forme, afin de confronter les avis et d’être certain des reproches formulés à l’encontre de Legrix??

  6. Un élu ne peut pas être destitué par ses pairs. Ecarté administrativement, ça oui, pour autant que les faits soient graves et avérés.
    le harcèlemet au travail doit être sanctionné, par un tribunal (pénal?) fut-il le fait d’un élu. La destitution, même par un tribunal, est délicate en vertu de la séparation des pouvoirs. Il vaudrait mieux que le juge condamne, et qu’un élu condamné soit forcé de démissionner,

  7. @ Jean Lampion

    Votre commentaire et sa conclusion conformes au Droit et aux usages usuels en Démocratie sont aussi clairs qu’une nuit de pleine lune étoilée dans la Toundra. Ainsi une belle journée en perspective, quand sachant, dès l’aube, que certains hommes pensent et écrivent avec Sagesse. Un MERCI à vous !

    Ceci dit, il y a aussi eu des cas de Plaignant(e)s téléguidé(e)s et de Juges corrompus et/ou sous chantages, qui ont fait « tomber », pas que des Politiciens… pour d’autres « Agendas » que ceux relatés par le 4ième pouvoir.

    Pour ma part, je n’ose prendre position dans le cadre de l’affaire Legrix à la rubrique de sa culpabilité ou innocence pour les faits (délits CPS) allégués/reprochés. Juger sans savoir est encore « bien » plus grave que parler sans réfléchir ou encore croire aveuglément en la « séparation » des pouvoirs, voire les compétences et l’intégrité de tous les Juges. Angélisme coupable !

    Ce qui est par contre certain et dans ses propres dires, c’est que Monsieur Legrix se sentait investi d’une mission – avant même cette actualité – et qu’il défend des points de vue faisant appel à la morale, ce qui ne pose pas de problème en soi pour un(e) Citoyen(ne) lambda, mais peut devenir problématique avec des Élu(e)s disposant et/ou aspirant à plus de pouvoir.

    Cette réflexion motiva le P.S. de mon précédent commentaire, dont l’on me pardonnera l’auto-citation en redite (transposer avec pondération ses valeurs morales personnelles dans la politique, ne représente pas le même danger que de vouloir les imposer aux autres, aussi en faisant intervenir la Justice).

    « …

    P.S. Concernant l’affaire Legrix, une variation personnelle sur une Citation :

    « La politique est une affaire trop grave pour être confiée à des moralisateurs. »

    Un autre point commun avec Me Edmond Perruchoud.

    … »

    Bonne journée à tout(e)s et à tous, dont plusieurs auteurs d’aures commentaires, dont la lecture fut aussi enrichissante.

  8. Espérons que les conseillers municipaux le garde au froid durant tout le mois de décembre sinon cet évangéliste serait à nouveau capable de faire chanter des cantiques et psaumes à Noël à des athées convaincus qui par malheur travailleraient dans un département que ces collègues lui auraient fourgué.

    Faire chanter des athées moi j’appelle cela du harcèlement et bien entendu mérite d’énormes coups de pied à son très large arrière-train.

  9. @ Me Stéphane Riand

    Addendum à mon commentaire précédent.

    Mes points de vue « de gestion de crise » qui semblent partagés par anticipation par Jean Lampion, n’enlèvent rien à la pertinence de plusieurs de vos analyses, indignées à raison, dont :

    « …

    Et bien, en ces temps où la justice croit que son devoir est de participer directement à un accroissement des souffrances liées au harcèlement, les juges neuchâtelois ont quasiment ordonné à l’exécutif de repositionner le bougre innocent dans un dicastère dans lequel il pourra faire valoir ces immenses qualités démontrées par la grâce du vote populaire.

    … »

    sinon cette contribution qui apportait déjà de l’eau au moulin des dangers que représente en politique (Perruchoud/Legrix), l’imposition d’une morale personnelle, aussi valable ou indéfendable soit-elle… à des tiers.

    http://1dex.ch/2013/08/25/petit-manuel-a-lusage-de-loptimisation-de-la-comprehension-du-cretinisme-assume-le-logeanisme-en-quatre-points/

  10. Une fois de plus l’1dex a fait tout un foin sur quelque chose qui accouche de pas grand chose …
    Tant Monsieur que Madame Riand ont écrit sur le sujet, donc je leur transmets le résultat : Affaire Legrix— Le conseiller communal chaux-de-fonnier Jean-Charles Legrix ressort blanchi: ni discrimination, ni mobbing, et encore moins de harcèlement sexuel.
    Voilà … des fois quand on croit avoir la science infuse … A méditer …

  11. Oui mais combien d’argent gaspillé dans cette affaire d’un canton que ne roule pas sur l’or.
    Ensuite, j’esrtime que comme toujours, il n’y a de fumée sans feu. M.Legrix n’est pas blanc.

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