Pourquoi au Maracana le Brésil ne vaincra pas

MaracanaPourquoi sur le podium le Brésil n'y sera pas ? Parce que le football est un jeu où le cuisinier doit savoir danser la samba et vibrer au son du tuba. Qui en doute ne désire pas y être, au Maracana.

Il y en a de ceux qui sont convaincus que la débâcle contre l'Allemagne fut un extraordinaire accident et que le Brésil d'aujourd'hui ressemble toujours un peu à celui de Pelé ou de Zico.

Il y en a de ceux qui croient encore que la victoire contre la Croatie de Rakitic et de Modric fut un vrai succès et que Fred n'y fut pas un vil simulateur.

Il y a en a de ceux qui pensent encore que le Brésil de Neymar Jr a dominé le Mexique et le Chili.

Il y a en a même de ceux qui croient que le Brésil de Scolari n'a pas reçu une leçon de football pendant les dernières quarante-cinq minutes du match contre la Colombie de James Rodriguez.

Il y a en a de ceux qui ne savent pas encore que la déculottée, la dérouilletaillée, la branlouillée, subie par le Brésil contre l'Allemagne a été vécue lors d'un match officiel.

Il y a en a de ceux qui ne savent pas que le Brésil de Scolari est à la Hollande ce que la piquette de Dominique Giroud est à la Mouline d'Ampuis.

Il y a en a de ceux qui pensent que le Hulk du Brésil a enseigné au Robben des Pays-Bas à dribbler et à marquer.

Il ya en a de ceux qui pensent que le football n'est qu'un jeu pour les artistes et qu'Oscsr est le meilleur joueur du monde et que les Oranges sont des fruits du nord sataniques et lucifériens

Il y a en a même de ceux qui croient que David Luiz appartient à un Brésil collectif, solidaire et imaginatif, que Marcelo est un as du volant et Senna la métamorphose divine de Garrincha et de Romario.

Il y a en a même de ceux qui à Rio de Janeiro lisent L'1dex qui vante les mérites de ce Brésil perdant mais immense, celui de l'indépassable Zico.

Il y a en a de ceux qui croient que Inna Modja du Mali est brésilienne, belle et ne sait ni chanter, ni célébrer l'Afrique qui resplendit en elle.

Il y a en a même de ceux qui ne veulent pas qu'on dise au football qu'on l'aime.

Et de ceux qui n'aiment ni la Caipinrinha, ni le porto, ni Guigal, ni le Montreux Jazz Festival, ni Amsterdam, ni les ramblas de Barcelona, ni le rock sur Couleur 3, ni même les cuisses de grenouilles ou une paëlla qu'on savoure parce qu'on sait qu'on les savoure en aimant.

Il y a en a de ceux qui ne sont jamais ni tristes, ni joyeux, ni même riants.

Et il y a en a de ceux qui comme moi ne savent ni chanter, ni danser la samba, ni jouer au football, ni oublier qu'ils avaient pronostiqué une victoire du Brésil 4 à 1 contre l'Italie en 1970 et un succès de l'Espagne contre la Hollande en finale avant le commencement de la Coupe du monde 2010.

Et il y a en a de ceux qui n'aiment ni le Barça, ni Maracana, ni Garrincha, ni le Costa-Rica, ni le Ghana, ni les USA, ni les hop Svizzera, ni même Boudha ou les Pays-Bas.

Et il y a en a de ceux qui ne veulent de justice même pas dans le foot.

Ceux-là crieront "hop Brésil". Les autres chanteront "viva orangina".