Le Brésil de Scolari ou des enfants dans une cour d’école

Kids with ballLe Brésil, ce Brésil composé de joueurs professionnels, d'un entraîneur professionnel, d'assistants professionnels, d'hommes millionnaires et dotés, suppose-t-on de toutes leurs facultés de raison, ce Brésil-là a dévoilé, à une occasion au moins, que la défense du FC Ayent lui était éminemment supérieur. Vous en doutez ? Lisez la suite.

Or donc arriva ce moment du match où Kroos se dirigea vers le drapeau situé à gauche du poteau du gardien Julio Cesar pour tirer un corner. Le score était encore vierge et personne parmi tous les spécialistes du football du monde entier ne pouvait supposer que ce Brésil-là allait recevoir une dérouillée qui demeurerait à jamais dans les annales du football. On peut donc imaginer, lors d'une demi finale de la Coupe du monde, alors que tous les feux des projecteurs sont sur vous, que vous désirez plus que tout accéder à la finale au Maracaña, que vous aspirez au titre mondial, que vous serez des joueurs professionnels vaillants, intelligents, lucides et concentrés. Mais que se passa-t-il à ce moment précis où Kroos tira son corner ?

Kroos est un sacré bon joueur. Peut-être pas une étoile, mais un de ces joueurs qui savent tirer les balles arrêtées. Il s'élance donc pour que le ballon arrive plus ou moins dans la surface de réparation. Que doit faire une défense digne de ce nom à ce moment donné ? Ils doivent plus ou moins respecter les consignes. Défendre en zone ou en individuelle, colmater les erreurs des camarades, tenter d'éviter un but trop facile, faciliter la tâche du gardien.

Ce fut un corner pas très long, un corner qui provoqua quelque chose que l'on peut voir chaque jour dans les cours de récréation enfantine. Un ballon qui vole vers un endroit précis et voilà que tous les bambins au même moment se précipitent vers cet espace où semble devoir arriver le ballon. Une vingtaine de gamins se précipitant donc vers le premier poteau comme attiré par ce pot de miel qui semble si savoureux. Et puis, il y a un gamin qui se dit, non moi qui suis plus ou moins à l'endroit où le ballon va surgir, je considère qu'il y a trop de monde dans la zone, alors je m'en vais, car je sais que le miel sera mangé par les autres et je ne veux pas me battre à cet endroit pour ce ballon à la couleur miel auquel je ne pourrais pas avoir accès. Tous les autres bambins, en tous les cas un grand nombre d'autres gamins, se précipitent vers ce miel ballon si tentant. On a vu alors une kyrielle de maillots jaunes se précipiter plus ou moins vers le premier poteau, à cet endroit doré où Kroos avait jugé utile de propulser le ballon.

Thomas Müller voulait ce miel plus que tout autre. Mais, dans un souci de respecter les consignes de son ours favori, le dénommé Löw, il quitta la zone dorée pour s'en aller ailleurs, dans cette zone où le ballon ne se transformerait jamais en miel.

Quelle ne fut tout d'abord pas sa surprise de constater qu'une bande de lascars aux couleurs jaunes, s'en allaient dans un élan collectif vers cette zone que lui-même avait songé à quitter au plus vite. Pourquoi donc se précipiter comme des abeilles sans tête dans un espace où les piqûres surgiraient plus vite que le vent qui sillonne la Vallée du Rhône. N'étaient-ils pas tous un peu fous de se ruer ainsi vers ce ballon que jamais ils ne conquerront ? Oui, pensa-t-il en ce fol instant, les jaunes étaient devenus comme dénués d'intelligence, d'esprit et de raison.

Et lui, presque penaud, de constater à un moment de la trajectoire du ballon que le miel finirait à ses pieds sans que personne ne soit là pour le priver de ce moment délicieux où tout seul il pourrait savourer sans risque d'être contré ce moment de rêve où il redevint petit ourson.

Et Thomas Müller, tout seul, face au gardien, d'un plat du pied, scora le but de cette débandade qui avait débuté avant même que Kroos ne tirât son corner.

A ce stade d'impéritie, on ne peut être certain que d'une chose : l'attrait du miel avait rendu fou ces grands gaillards si riches et devenus si idiots le temps d'un corner.

On m'a dit, mais je ne suis pas sûr que l'anecdote soit vraie, que les Brésiliens ce matin recevront à titre de petit souvenir de ce jour merveilleux de leur déconfiture un bocal de miel de chez nous.

Commentaires : 3

  1. Une honte pour des millionnaires qui ont encore le culot de prier ou de prier à la fin du match. Un piètre cinéma d’enfants gâtés qui ont joué comme de mauvais juniors. Bon, les chanteurs du Sierre Blues seront meilleurs. Ceci dès ce soir. 😉

  2. Lapsus révélateur? Le culot de prier ou de pleurer…..
    Rendez-vous au Sierre Blues Festival du 9 au 13.07. 2014. Les artistes sont bons, se donnent à fond et sont sincères. 😉

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