Que restera-t-il de cette Coupe du monde 2014 ?

Messi PapeQue va-t-on retenir de la Coupe du monde 2014 au Brésil quand on aura tout oublié ? Quels seront les événements ou les faits qui auront frappé les esprits quand nos mémoires auront confondu Caipinrinha avec Maracana ? Qu'est-ce qui aura fait la singularité de cette compétition par rapport à toutes les autres ?

Le vainqueur, probablement. Ce sera Messi ou l'Allemagne de Joachim Löw. On le saura à la fin de cette journée du 13 juillet 2014. La force collective contre le génie individuelle où un joueur aura marqué de son empreinte le territoire des footeux avec le Barça lors des quatre dernières années avec ses trois ballons d'or.

A l'évidence, l'extraordinaire défaite du Brésil, dépouillé de son honneur et de toute intelligence sportive en ce jour de honte nationale où Scolari a perdu le titre mondial qui avait fait de lui un héros en 2002 et qui fera de lui dans la nuit des temps le sélectionneur de l'équipe brésilienne de la débâcle. L'inouï et l'inimaginable ont eu lieu. Le Brésil du foot a été déshonoré. Ce jour-là, Pelé, Zico et Garrincha ont disparu du lexique du foot des héros. Par la faute de David Luiz, Marcelo et Fred, les héraults du match de la dérouillée et de la déculottée.

Les footeux, comme cela est d'usage dans les manifestations sportives internationales, vont oublier ce qui fâche et que d'autres ne manqueront pas de leur rappeler : les mouvements variés et coloriés anti Coupe du monde et les actes de corruption qu'une filmographie à la gloire de Blatter, le cep de chez nous, ne pourra pas occulter.

La Hollande, une fois de plus, a échoué dans le dernier carré. Elle ne pourra qu'amèrement se reprocher à elle-même d'avoir été frileuse et même couarde. Les Pays-Bas n'ont pas fait oublier les Hollandais volant de 1974. Peut-être furent-ils trop respectueux de leurs idoles passées.

Les techniciens voueront certainement dans leur imaginaire une statue à l'entraîneur Pinto du Costa Rica. Voilà une formation construire depuis sa défense qui a épaté par son art défensif. Les performances à répétition de ce petit pays furent stupéfiantes : avoir battu l'Italie, l'Uruguay, éliminé l'Angleterre, puis la Grèce, trois anciens champions du monde et un ancien champion d'Europe, avoir fait trembler jusqu'aux tirs au but la Hollande de Robben et de Van Persie, par la grâce d'une organisation défensive magnifiquement huilée et d'un gardien en état de grâce, voilà ce qui ne sera pas de sitôt oublié par les tacticiens et stratèges de tous bords. Pinto est assurément le coach de ce Mundial, avant ceux de la Colombie, de l'Allemagne ou des Etats-Unis d'Amérique.

Sur le plan des individualités, on aura apprécié l'éclosion internationale de James Rodriguez, à mes yeux la star de ce Mundial, la qualité extraordinaire des portiers, de Howard, de Ospina, de Neuer naturellement, de tant d'autres. Et peut-être se souviendra-t-on encore longtemps du but de Van Persie et de son plongeon de dauphin qui a fait tomber de leur piédestal l'Espagne de Iker Casillas, le gardien qui a "passé à travers" et n'a pas su arrêter à temps.

On dira aussi que lors de ce Mundial, comme il fallait s'y attendre d'ailleurs, la FIFA n 'a pas su ni voulu régler la succession de son président ni la question du Qatar, dont le choix pour 2022 relève simplement de l'escroquerie sportive et financière. Mais ne dit-on pas que la Commission spéciale dirigée par le procureur new-yorkais Garcia va éclairer prochainement nos lumières.

Et enfin, ce soir, on saura si Leo Messi remplacera à jamais la main de Dieu et la tête de Maradona dans l'esprit des Argentins. Le défi est phénoménal face à cette époustouflante machine germanique. Le petit Catalan aura à tout le moins le désir de courir, de défendre et - qui sait ? - de marquer.

Le 13 juillet 2014 est un dimanche et le jour du Seigneur. Messi fera le signe de croix. Et le Pape, argentin, priera pour Buenos Aires.

Commentaires : 4

  1. La preuve élémentaire que l’Eglise catholique est partout, omnisciente et omniprésente ! C’est elle qui a décidé du 1-0 pour l’Allemagne du Pape Honoraire Benoît XVI. Elémentaire mon cher Narcisse….

  2. A vue de nez l’équipe d’Argentine devait être en grande majorité catholique et celle d’Allemagne à tout casser à moitié… donc les papistes ont perdu !

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