Carnage dans une famille

Familles1(Par JOËL CERUTTI [PJ Investigations])

RAPTS A REPETITIONS   Enlevé à sa famille «grâce» aux rapports du Service de protection des mineurs, un enfant se laisse mourir de faim. Et pour ses autres frères, ce n’est pas mieux.

Ce 22 août 2013, à Genève, trois enfants sont tirés du lit aux aurores par une bonne quinzaine de flics et autres membres du Service de Protection des Mineurs (SPMI). «C’est une décision de justice, on vous expliquera», dit l’un des cinq policiers, entré, sans mandat, par la porte-fenêtre de l’appartement. Criant, pleurant, Thomas (12 ans), Raphaël (11 ans) et Aurélien (8 ans) sont arrachés à leur famille et placés au Foyer Sous-Balme. «C’est un massacre programmé », s’écrie leur père, Serge Andrieux. Un acte également condamné par les normes de l’OMS qui interdisent l’enlèvement d’enfants handicapés…

Le scénario cauchemardesque d’avril 2012 – où les gosses avaient déjà été retirés à leurs parents (lire « Chronologie », plus bas) – .se répète. Comme dans tous les remakes, l’intrigue est encore pire que la première version. Dès ce 22 août 2013, le Foyer Sous-Balme va être complètement dépassé par les événements. Thomas, l’aîné, refuse de s’alimenter.

De façon très subtile, on menace de l’envoyer en unité psychiatrique A2 des HUG s’il ne mange pas !

De façon très subtile, on menace de l’envoyer en unité psychiatrique A2 des HUG s’il ne mange pas ! Des douleurs, issues d’anciennes opérations à la jambe droite, reviennent en force. A un tel point qu’on doit lui administrer du Tramal trois fois par jour. Ce médicament – qui peut se comparer à la morphine – le Foyer Sous-Balme oublie parfois de le lui donner. Thomas ira jusqu’à s’enfermer dans une voiture du foyer, refusant d’en sortir durant de longues heures, quitte à faire ses besoins sous lui.  Son frère, Aurélien, porte une orthèse à cause de sa maladie neurofibromateuse. Le Foyer Sous-Balme n’en s’en soucie guère. Aurélien, livré à lui-même, n’arrive pas à la poser de façon correcte. La coque se fissure et n’est pas changée après quinze jours. Lors d’une visite, la maman, Sandrine Babel-Andrieux, trouve un bout de chocolat séché entre la jambe et l’attelle. Thomas comme Aurélien ont de la peine à se mouvoir. Ils ne peuvent pas prendre l’ascenseur du Foyer, seuls les éducateurs ont une clé pour l’utiliser… Quant à Raphaël, perturbé par l’enlèvement, il rencontre pour la première fois des problèmes de vue. Le Foyer Sous-Balme écrit, le 24 septembre, «ne pas être en mesure d’assurer la prise en charge».  Certaines éducatrices remarquent pourtant des choses qui n’entrent pas dans le moule des rapports du SPMI.

Le seul moment où les enfants se portent mieux, c’est durant les visites de leur mère

Le seul moment où les enfants se portent mieux, c’est durant les visites de leur mère. C’est elle qui réussit à faire manger Thomas. C’est encore elle qu’on appelle en extrême urgence pour qu’elle le fasse sortir du véhicule où il s’était bouclé… Cela indiffère totalement la juge Emmanuelle de Montauzon, du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant. Son ordonance du 30 septembre veut restreindre l’autorité parentale du couple Babel-Andrieux car il «s’oppose de manière récurrente à toutes les démarches entreprises en faveur de leurs enfants ». Encore une fois, la magistrate ne se base que sur les rapports biaisés du SPMI. Elle refuse, comme le stipule la loi, d’écouter Thomas, Aurélien et Raphaël qui en ont fait la demande. En ce moment, Thomas se retrouve en unité d’observation psychiatrique, sorte d’antichambre de la redoutée A2 où son frère Mathieu a séjourné de bien triste façon. Il continue à refuser des repas. Mais il est vrai que le SPMI et le Tribunal de «protection» de l’adulte et de l’enfant ne veulent que son bien.

 

CHRONOLOGIE

Avant le 17 avril 2012. La famille Babel-Andrieux a quatre enfants, dont le cadet, Mathieu a une propension à la fugue. Sur Lausanne, la police émet un rapport qui ne prête pas à conséquences. Dès que les Babel-Andrieux reviennent sur Genève, le SPMI empoigne le dossier. Les relations sont très vite tendues. Le SPMI ne trouve aucune maltraitance et ne peut invoquer la clause de péril. Il se ratrappe en qualifiant le fonctionnement familial de «psychotique» – et recommande d’éloigner Mathieu… et ses trois autres frères. En réalité Mathieu souffre d’autisme ! Un diagnostique que le SPMI – et toute autre instance – réfute durant plus d’un an et demi avant de l’admettre voici peu.

17 avril 2012 En salle de classe, Thomas, Raphaël et Aurélien sont enlevés par des policiers. Leurs dossiers médicaux ne suivent pas avec des conséquences désastreuses sur leur santé. Mathieu, 5 ans, est mis en unité A2 des HUG.

Octobre 2012 Après des séjours catastrophiques dans plusieurs institutions, Thomas, Raphaël et Aurélien reviennent à la maison.

Janvier 2013 Vu «l’animosité dont le SPMI fait l’objet de la part de cette famille», la juge du Tribunal de protection de l’adulte et de l’enfant, n’exclut pas une «procédure en retour».

Août 2013 Mathieu, resté en unité A2 des HUG où l’on soigne tout sauf l’autisme, entre à la Maison de Pierre-Grise, établissement qui n’est pas non plus adapté à sa maladie.

Commentaires : 8

  1. Dans plus jamais un enfant enlever ( mai più un Bambino) : Sur google en cliquant sur Le Juge Morcavallo qui mène un grand combat a ce sujet…, il dit que ce n’est pas lui qui le dit, mais la cours Européenne, que… ( Assistante sociale veut dire assister les familles les aider.. et non d’enlever les enfants !!

    Actuellement dans la nouvelle loi en Italie même les chiens lors de divorce ont le droit de visite et les frais vétérinaire partagée.

    En 2005 durant l’été en Valais dans un camps, j’ai vu avec une cinquantaines d’enfants et leurs parents, deux petit bout de chou enlever de force, nous étions tous sous le choc et c’est non seulement déstabilisant, mais très traumatisant pour tout le monde spécialement les enfants, et ils était tous en pleurs… leurs but principale … faire taire par la peur, puisque à moi et mes enfants ça nous a porter préjudice par la suite aussi, il fallait garder le silence!!!

    Certains avait dit que c’était un coup monté contre la mère, par le père des enfants et l’assistante sociale de parenté d’avec le père. 🙁

  2. Ayant beaucoups frequenté le milieu evangeliste recemment . C est ravi , que j ai lu cela ce matin , sur le net . Et je n en
    pense pas moins , mais que du bien . Enfin quelqu un a Rome qui tremble la baraque de vérités ! Le bien que cela m a fait ,
    ses paroles que je retrouve ici . je dois avouer ! J admire …. ( des nuits sans fins du matin tres tôt , l on dira ca comme ca
    j aime le silence en la cathedrale de Sion . Il me suffit de contempler . Et pour moi cela suffit . Par ailleurs impossible de trouver les mots adéquats . Je suis humain ! Rire .
    rp .

  3. Merci pour votre article.
    Pour avoir été très proche d’une affaire douloureuse dans les années 90, je ne connais que trop bien le contenu de l’article. A cette époque – mais il n’y a que l’époque qui ait changé , pas les manières – des orphelins valaisans avaient été séparés et envoyés en France !
    L’office des menteurs, pardon : l’office des mineurs (ça s’appelait comme cela à l’époque) , soutenu et protégé par l’excellentissime Juge Pitteloud (vous vous rappelez, celui qui ne faisait pas la différence entre le chien, la niche et l’écuelle) nous avait pondu des rapports totalement bidon. Le chef du service nous avait même assuré avoir été visiter les enfants et confirmait qu’ils allaient très bien. Nous avons su plus tard que ce grand professionnel (qui a obtenu de l’avancement ensuite grâce à ses « compétences »), n’avait jamais parlé avec les enfants, il s’était juste contenté de sortir manger des crêpes avec la famille d’accueil !…
    Maintenant, ces enfants sont tous de retour en Suisse, pays qu’ils n’auraient jamais dû quitter si les organes sensés le faire les avaient écoutés et protégés. Mais je ne vous explique pas la haine qu’ils ont gardé vis-à-vis des autorités valaisannes. Colère ô combien compréhensible. Le SPJ a d’ailleurs été totalement absent à leur retour pour les aider à surmonter leur traumatisme. Mieux : (ou pire !) un des enfants qui avait fugué tellement il était malheureux s’est fait expulser du Valais et reconduire en France par le Service de la « protection » de la jeunesse !
    Depuis cette histoire, le seul conseil de bon sens que je puis donner est celui -ci : évitez comme la peste ces instances qui peuvent faire un tort terrible, « pour le bien des enfants ».
    Joyeux Noël à tous.

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