Charlie Hebdo, les mots nécessaires de la liberté

18Des ordures, des salauds, des tristes, des "sans humour", des assassins de la liberté de penser et de dire, des criminels sans mots et sans images, ont voulu tuer Charlie Hebdo, ont commis un homicide contre la liberté, la liberté de la presse, la liberté des mots, la liberté des images, la liberté de la caricature, la liberté de la vérité.

Contre ce crime sans nom, contre ce crime de salopards, contre ce crime d'ennemis de la liberté, contre cette terreur, contre ce malheur, contre cette heure du mal, le silence serait crime. Alors il faut dire, tenter de dire, tenter de redire, tenter des mots presque vains, tenter l'image, tenter la caricature, tenter le dessin, tenter le chant, tenter le poème. Dire pour ne pas faire silence. Ecrire pour ne pas absoudre. Dire encore pour ne pas approuver. Ecrire encore pour refuser l'immonde. Dire toujours pour faire revivre Charlie Hebdo. Ecrire toujours pour que Charlie Hebdo, son esprit, ses mots, ses images, ses caricatures, soient éternels.

Dire sans savoir même qu'écrire. Ecrire en voulant dire, en voulant crier, en voulant hurler, en voulant même assassiner le silence.

Oser prier pour Charlie Hebdo. Oser blasphémer pour Charlie Hebdo. Oser s'encanailler pour Charlie Hebdo. Oser tous les mots pour Charlie Hebdo.

Putain, quel bordel de merde, ce 7 janvier 2015 ! Comment défendre ce qui doit rester inoublié ? Comment comprendre cette crevure d'hiver 2015 ? Comment détruire l'immonde ? Comment transpercer la bête ? Oui, que faire, que dire, comment faire, comment dire, en ce jour d'horreur ?

7 janvier 2015Charlie Hebdo est vivant. Il vit. Il vit sa mort. Il vit de sa vie qui ne mourra jamais. Il vit de ses mots qui ne crèveront jamais. Il vit de ses dessins éternels.

Le 7 janvier 2015 est déjà immortel. Il est là encore, il nous tend les bras, on veut encore l'aimer, les amis de la liberté veulent faire l'amour avec Charlie Hebdo, lui dire qu'il a permis d'aimer la liberté de la presse. qu'il a permis de penser et de faire penser, qu'il a osé le dessin, la caricature, l'image, tous porteurs de liberté, de ténacité, de courage et de vérité.

Une seule nécessité en ce jour d'une infinie tristesse, la nécessité de la joie des mots pour célébrer sans silence Charlie Hebdo.

Honneur à vous, Charb, Cabu, Wolinski, Tignous, Bernard Maris, honneur à toi, Charlie Hebdo.

Que tous les hommes de la liberté, de la liberté de la presse, de la liberté d'expression, de la liberté de pensée, de la liberté de dire, de la liberté d'écrire, de la liberté de traduire, de la liberté de dessiner, de la liberté de caricaturer, de la liberté d'imager, que tous ces hommes lèvent la tête, se regardent et affirment leur indéfectible attachement à Charlie Hebdo.

Oh oui, honneur à vous, Charlie Hebdo.

 

 

Commentaires : 17

  1. Cet acte de terreur abject ne doit pas occulter le fait que deux policiers qui protégeaient les journalistes ont été exécutés comme des animaux. C’est notre mode de vie, notre civilisation qui sont attaqués. Ouvrons les yeux, plus de place à l’angélisme et aux excuses. Nous sommes en guerre.

    •  » nous sommes en guerre  » dites-vous ?

      « qu’importe les moyens, pourvu que le but recherché soit atteint »

      votre phrase le démontre malheureusement si bien.

      ou alors si je me trompe, apprenez à regarder non pas celui que l’on montre systématiquement du doigt, mais TOURNEZ VOTRE TÊTE ET REGARDEZ QUI POINTE DU DOIGT, VERS QUI, ET DANS QUEL BUT ?
      cela fait aussi partie de « l’art de détourner l’attention d’une victime avant de la dominer »

      • bezoind’airpur: en matière de doigt, je regarde surtout le doigt de celui qui presse froidement, méthodiquement la détente de sa Kalachnikov.

        Pour le reste, je vous laisse la responsabilité de votre opinion.

  2. L’horreur absolue. Des fous. Des imbéciles qu’il faut définitivement empêcher de nuire.
    Nos démocraties sont désormais en état de légitime défense.
    Tolérance zéro.
    Et publions partout les dessins courageux de ces martyres que ces barbus cinglés ont voulu faire taire.
    BRAVO à l’1dex de l’avoir déjà fait.
    Vive la liberté de la presse et mort aux fous de Dieu et d’Allah !

    • Que pensez vous de la déontologie journalistique concernant l’incitation à la haine Mr Bonnard ? En passant, je connaissais déjà votre goût pour la psychiatrie à toutes les sauces : voila donc ma surprise de vous voir proposer la peine de mort pour ces deux types de folie!

    • ben par exemple, imaginez que vous convoitez la belle nouvelle voiture de votre voisin garée sur le parking en bas de chez vous, mais tout le monde la veut donc problème.
      Finalement, pour faire diversion, vous mandatez une bande de jeunes voyous pour venir mettre le feu à une vieille bagnole tout à l’autre bout dudit parking.
      Tout le monde va donc s’épouvanter, prendre à partie ces jeunes crapules, qui ne respectent rien,alertez la police, l’armée peut-être va savoir, et vous tranquille de votre côté vous vous emparer alors de la voiture et filez avec, heureux et comblé.

      L’art de la diversion, ou du détournement de l’attention, plutôt enfantin, mais sous le coup de l’émotion combien tombent dans le panneau ?

      Et l’art de la manipulation, c’est qu’après coup vous venez proposer au lésé votre aide et votre soutien, et s’il décide de partir en guerre, proposez vous comme allié puissant et soutien indéfectible.
      Vous serez donc en posiiton de force, et le lésé se retrouvera lui en position de vassal.

      Une piste ?

      Bill Text

      113th Congress (2013-2014)

      H.RES.758.IH

  3. Manifestons notre solidarité et notre volonté de défendre la liberté d’expression!!!!
    Tous demain jeudi dès 17.00 sur la place du Midi !!!!

  4. En regardant les images de la vidéo… perso, je trouve que c’est terrifiant de voir les terroristes commettre un acte d’une froideur aussi barbare et s’enfuir tout tranquillement.. sans s’inquiéter ! 🙁

  5. Bravo mme Barbey , les promoteurs de la haine doivent ètre muselés , absolument . Autrement ont ne va pas s en sortire ! Parfois même quelques enfants en seraient plus sage , que ces gens la . A museler de force du droit . Une conviction pour
    moi . Je pense aussi que c est la une conviction humaine , bien partagée ici …..
    rp.

  6. Et oui, terrible tragédie, à l’image des barbares sévissant en Syrie et en Irak actuellement. Les amalgames seront toutefois malheureusement inévitables. Le FN n’a pas fini de gagner des points…

  7. Merci du fond du coeur à ces victimes qui ont dédié leur vie à défendre la liberté d’expression et la liberté de la presse. Avec courage et ténacité. Tout en se sachant menacées. Très gravement menacées. Mes pensées profondes à leurs familles, à leurs proches, à leurs amis. Et à tous les citoyens qui défendent la liberté et la démocratie. Et qui vont continuer à le faire malgré les risques existants. Je suis Charlie. Et je suis bouleversée par les faits qui viennent d’avoir lieu.

    • Merci pour ce lien, fort d’enseignements. Triste de penser que ces meurtres comme d’autres événements de nos petites vies nous amènent à apprendre chaque jour à mieux vivre ensemble, ici et ailleurs, conséquents et responsables des (non-)actes de nos dirigeants.

  8. Ca y est, c’est reparti comme le 12 septembre 2001. On ne se laisse pas le temps de la réflexion face à la violence, comme si celle-ci parlait d’elle-même, détenait les clés de sa propre interprétation, alors que tout est médié par les médias. Dans le Monde, Jean-Marie titrait « Nous sommes tous Américains », phrase dont on sait trop bien aujourd’hui qu’elle signifiait « Nous sommes tous impérialistes » et allait justifier l’injustifiable au nom d »une compassion qui nous a été extorquée à longueur d’antenne pour mieux faire perdurer le silence face à la persécution des musulmans et des Arabes, ici et là-bas. Et aujourd’hui, nous devrions tous « être Charlie », nous devrions tous nous identifier à un journal qui a fait du racisme son fonds de commerce, nous devrions tous savoir, avant même d’avoir commencé à réfléchir, où se situe la liberté et où se situe la barbarie. Comme il facile, et comme il est rassurant de croire être toujours du bon côté…

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