12 ans de peine privative de liberté. Moi, Christina, 21 ans, violentée, assassinée.

1(Par  Béatrice Riand)

 

Remarque préliminaire de L'1Dex : l'article qui suit a été rédigé le 16 octobre 2012 et publié à L'1Dex à la suite d'une intervention préalable dans le Nouvelliste du prévenu. Christina est morte le 4 novembre 2011. Hier matin, la représentante du Ministère public a requis 12 années d'emprisonnement à l'encontre du meurtrier. La plaidoirie de la procureure Liliane Bruttin eut lieu en matinée. Les parties civiles et la défense s'exprimèrent l'après-midi. Le jugement public sera rendu ce 20 janvier 2015 à 9 heures 30 à Sierre par le Tribunal d'arrondissement.

Et ce 20 janvier 2015, à 9 heures 30, en présence de l'accusé, de la famille de la victime, de la procureure, Liliane Bruttin, des mandataires des parties et de la presse, le président du Tribunal d'arrondissement du District de Sierre, a lu le jugement : 12 ans de peine privative de liberté et, surtout, une mesure thérapeutique institutionnelle primant la peine de liberté. Les juges ont ainsi suivi le ministère public et la partie civile qui ont prôné un "enfermement" institutionnel à but thérapeutique. On peut résumer la chose ainsi : la balle est dans le champ de la psychiatrie judiciaire.

Je suis loin, si loin d’eux, mes parents, ma douleur …  

Je suis ailleurs, je ne suis plus,  mais je sais leur chagrin, leur tourment.

 

Je suis d’ici et de là-bas, je suis les souvenirs et l’absence. 

Il  m’a tuée. Et que me sert de me désoler, le regretter, le crier… la vie s’éteint et avec elle le miel de l’enfance, le sel de mes amours.

Je suis morte, et pour toujours, pour tous les jours. 

C’est la fin, la fin sans fin, la fin sans faim. C’est le froid, c’est l’inconnu, et personne, personne pour me rendre vie. Me donner la main dans ce voyage qu’il m’a fallu entreprendre, seule, seule, seule à en crever.

Mais si loin que je sois,  ma colère gronde. 

Je demande le silence, je veux que lui se taise. Il ne me blesse plus, il écorche les miens.

Je suis dans le néant, dans le silence assourdissant. Indicible.  

Qu’il le respecte, lui, du fond de sa cellule. Qu’il se taise. Qu’il ne se cherche pas d’excuses. Qu’il ne m’implique pas, quand il m’a tuée, moi sans fusil, moi si lasse, et lui armé, si lourdement armé.

Qu’il ne parle pas de sa vie détruite, lui qui a volé la mienne. 

Je ne suis plus rien. Mais qu’il se taise.

 

 

Commentaires : 55

  1. Que le lecteur assidu de L’1dex lise ce texte.

    Qu’il lise ensuite le JYG du jour.

    Qu’il se laisse ensuite emporter au-delà des mots. De ses mots à lui. De ses mots à elle.

    Vers le silence.

  2. Merci Madame Riand de ramener à notre mémoire cette jeune fille qui a quitté cette vie seule et dans la souffrance.

    Merci aussi de lui redonner la parole afin qu’elle nous dise sa douleur et sa colère.

    Qu’elle repose en paix dans le silence du respect et du souvenir.

  3. Pour ma part j’aurais de la peine à contenir ma colère!! J’aurais envie de gueuler un bon coup et de lui en « f.. » une derrière les oreilles, désolant! Oui qu’il se taise..

    • Chère Madame,

      Mon histoire personnelle m’a douloureusement fait comprendre à quel point les droits des bourreaux sont préservés.

      J’ai été profondément choquée que l’on donne la parole, publiquement, au meurtrier de Christina. Cette parole n’aurait dû être entendue que dans un tribunal. Pour le solde, nous, le public, nous les autres, n’éprouvons aucune curiosité, aucune compassion pour l’assassin. Il veut très égoïstement faire entendre sa voix, alors qu’une autre s’est tue par sa faute. Qu’il se taise, qu’il se terre … et que Christina repose en paix. Que ses parents, sa famille, ses proches, ses amis ne soient plus meurtris. Ils ont toute ma compassion.

  4. Personnellement, je suis dubitatif, voire choqué par cette technique qui consiste à écrire un texte au nom de la personne décédée!
    En se mettant dans sa peau, c’est tout simplement de la manipulation émotionnelle.
    Enfin, il est peut-être bon de rappeler que dans bien des drames tout n’est pas noir ou blanc et que l’enchaînement des événements est le résultats de l’interaction entre les différents protagonistes…

    • NO COMMENT wings, pour votre commentaire.
      Par contre voici un poème de ma très chère amie Christiane, victime d’inceste et de maltraitances.
      PURETE

      Pureté, Dis leur la vérité !
      Que tu as été à jamais souillée.
      N’aie plus peur à présent de dire que c’était vrai.

      Que ton plus beau voile a été soulevé.
      Et qu’on t’a sali jusqu’au bas des pieds.
      Quand tu n’étais encore qu’une enfant qui rêvait.

      Dis leur, n’aie plus peur, qu’on t’avait désignée.
      Pour être la fille du bourreau sans pitié.
      Et qu’il t’a fait connaître les pires atrocités.

      Crie Pureté, lave-toi de toutes ces saletés.
      Qui sont collées à toi, comme une peau séchée.
      Il faut maintenant les dire à tout jamais.

      Nous sommes là pour entendre et pour écouter.
      Tes cris de désespoir qui t’avaient étouffée.
      Déverse les horreurs qui viennent de ton cœur.

      Exprime-toi de tous ces mots cachés.
      Que tu n’as pu dire depuis toutes ces années.
      Ils vont enfin pouvoir se déverser.

      Vomis ta souffrance et ta douleur d’enfance.
      Et c’est le bourreau qu’on mettra sur la potence.
      Ce sera un grand pas, ce sera ta défense.

      Pleure Pureté, il faut laver tes plaies
      Nous serons là pour t’aider, c’est une vérité
      Nous les avons connues, nous les avons vécues

      Aujourd’hui, nous entendons tes cris
      Nous serons là pour te sortir du puits
      Et nous refermerons la porte de la nuit

      L’abcès sera percé, et tu seras guérie
      Tu pourras enfin goûter un moment de répit
      Et pouvoir t’envoler loin au cœur de la vie

      Christiane

      Voir: http://www.luciole.ch

  5. Bravo Madame. Ce paidoyer pro domo complaisamment offert au tireur m’a choqué. Laissons la justice faire son travail sans chercher à plaider avant l’heure. Les victimes ont droit à un minimum de respect.

  6. Cher Wings,

    Voici ce qu’a écrit sur ma page Facebook Jean Bonnard :

    « Qu’il se taise! La victime et ses proches ont au moins droit au respect. Elle ne pourra plus jamais se justifier. Le tireur a-t-il seulement pensé à ça?… ».

    Je suis dubitatif : Wings était probablement fatiqué lorsqu’il a eu JYG dans le NF, puis L’1dex.

    • Bonjour,
      L’article de JYG est une chose, prendre la parole à la place de la victime en est une autre. Personnellement, je trouve ce procédé intolérable. Si j’étais un membre de la famille, je demanderais un retrait immédiat de cet article car je ne permettrais pas qu’une personne s’octroie le droit de parler au nom d’un membre de ma famille!

      • Wings,

        Il est vrai que tout n’est pas noir ou blanc dans un drame. Mais vous semblez donner une part de responabilité à la victime dans le fait qu’elle ait été tuée. Les femmes battues ou abusées apprécieront.

        À moins que je lise mal……

        Par ailleurs, l’article de Madame Riand est d’abord un acte symbolique à ne pas prendre au premier degré.

        Si j’ai bien compris…..

        Votre réaction me semble donc machiste.

        Et toujours sous le couvert de l’anonymat, ce qui me déconcerte.

        À moins que je lise mal…

          • Ce n’est pas le fond de l’article que je critique mais sa forme.
            En prenant la parole à la place de la victime, c’est simplement de la manipulation. Que cette personne repose en paix, mais surtout que l’on ne l’instrumentalise pas!

            Franchement, souhaiteriez-vous, après votre mort que quelqu’un s’approprie votre personne pour exprimer des propos que vous ne partageriez peut-être pas???

  7. Chère Madame Riand,

    Moi je vous dit encore MERCI et GRAND BRAVO aussi pour votre article… c’est bien de l’exprimer se ressenti, et personnellement j’ai été très émue en vous lisant, puis le passé à refait un peut surface aussi en moi et j’ai été cherché l’article que j’ai mis plus haut de la famille qui n’à pas survécu a tant d’atroces douleurs !

    Durant ma jeunesse à l’époque j’ai été très choquée qu’il se parlaient plus de l’assassin d’une manière comme s’il fallait lui chercher des excuses d’avoir assassiner sauvagement une jeune fille, tout le monde connaissait son père avait un kiosque, et les gros titre avant et après et ben…? En tout cas je n’ai lu a nul part du comportement dans la vie sociale de cet assassin avant, pourtant devait en alerter BIEN plus d’UN en dehors de ce qu’il était connu par la police après !

    Mais les VRAIS victimes eux, subissaient jour après jours leurs terrible douleur… la solitude dans leurs immense et très profonde douleur silencieuse….!!

    Je pense tout comme vous, à moi aussi mon histoire personnelle m’a douloureusement fait comprendre à quel point les droits des bourreaux sont préservés, et comme encore a ce jour…. OUI QU’IL SE TAISE !

    Bien a vous Chère Madame.

  8. @ Wings,

    A mon sens, je pense….
    Qu’Il y a des gens qui se sont coupé de leurs émotions pour une raison ou pour une autres de leurs blessure de la vie…. ne ressente plus rien pour les autres, et ni pour sois même, ( Freud parlais de semi-conscient….) mais chacun a le devoir de grandir spécialement s’il y a des enfants pour ne pas les coupé aussi de leurs émotions durant l’enfance !
    Personnellement je pense que c’est justement en se mettant à la place de l’autre que l’on peut mieux comprendre les autres et sois même aussi !

    A méditer….
    Il y a une loi, c’est qu’un être humain doit aimer son prochain comme lui-même. Dans quelques centaines d’année cela devrait être aussi naturel pour l’humanité que de respirer ou de se tenir debout, mais si l’être humain n’apprends pas cela, l’humanité cessera d’exister. ( Alfred Adier)

  9. 1. SVP ne faites pas d’interprétations hâtives et abusives. Cette phrase avait avant tout pour but d’indiquer que certaines situations peuvent être plus complexes que ce que l’on peut percevoir au premier abord.

    2. Ma réaction n’a rien de machiste. J’aurais tenu exactement les mêmes propos si les rôles de deux protagonistes avaient été inversés.

    3. Je ne vois pas ce que vient faire mon anonymat dans cette histoire…

    • 1. Si vous développiez plus vos idées au lieu de lancer des phrases courtes, il y aurait moins d’interprétations possibles.

      2. Les rôles sont très rarement inversés.

      3. L’anonymat me rebute. C’est difficile de dialoguer avec quelqu’un que vous ne voyez pas. Le sujet rmériterait qu’on s’y attarde.

      • Je ne le ferai pas car je n’ai pas envie de m’embarquer dans une discussion sans fin et parce que certains de vos préjugés m’agacent.
        Je crois avoir dit l’essentiel, en écrivant que la forme (je dis bien la forme) de l’article de Béatrice Riand me dérangeait énormément.
        Bonne journée

        • Rassurez-vous, je n’avais pas l’intention d’échanger avec un anonyme. Quelqu’un de l’1dex pourrait traiter le sujet de l’anonymat.

          Par ailleurs, vous n’avez rien dit sur votre phrase qui me titille:….et que l’enchaînement des événements est le résultat de l’interaction entre les différents protagonistes…..Phrase que vous ne terminez pas.

          C’est dès lors un peu facile de traiter de préjugés des idées différentes des vôtres.

          Bonne journée à vous.

          • Demandez à Maître Riand; je pense qu’il pourra vous renseigner au sujet de la complexité des relations régnant parfois entre le bourreau et sa victime (je ne parle pas ici du cas de St-Léonard, je ne le connais que très partiellement).

    • Je n’attends pas de réponse de leur part.
      Je peux très bien comprendre qu’ils cautionnent la démarche de Béatrice Riand.
      Quoiqu’il en soit, le procédé, dans le cadre d’un média, n’est ni acceptable, ni crédible…

  10. Assistons-nous déjà au déclin de L’1dex ? Quelle idée de vouloir faire parler une morte ! Des choses pareilles !

    Etre critique et libertaire, c’est louable. Donner dans le genre macabre, ça l’est moins.

    Finalement je regrette d’avoir chicané David Claivaz pour un malheureux heptasyllabe qui passe mal en bouche : dépériphérisation. Lui au moins il surfait à un très bon niveau.

  11. @ wings,

    Posez vous à VOUS même toute au fond de vous les bonnes questions d’abord avant d’heurté la sensibilité d’autrui, le POURQUOI de  » la forme de l’article de Béatrice Riand VOUS dérange énormément. » ???? Est-ce que de vieux démons sommeil en vous ?????

    • Argh, je suis fait, vous m’avez mis à jour.
      Soyons sérieux, vous vous prenez pour un devin ou vous avez acheté un livre de psychologie à 2 francs?!

      • il faudrait laisser Christina en paix. Et vous avez raison, ne pas parler en son nom……
        Elle aurait bien voulu vivre encore,mais….
        Il faut arrêter toute cette haine, Christina vous le demande afin que son âme puisse être en paix…..!!!!!!!!

        • La haine n’a jamais mené à rien, surtout pas à la paix des âmes….
          Pensez à cette jeune fille qui aurait bien voulu vivre encore….
          Aurait-elle souhaiter tant de haine envers celui qui l’a tué, certes, mais qu’elle aimait…..??????

          • Ayez donc un peu de soleil, un peu de lumière dans votre coeur, et, offrez-le à Christina….
            Avec une arme à feu, c’est si facile de tuer….
            Ceci n’est pas un plaidoyer pour le meurtrier.
            Mais, avec une arme à feu, qui de nous n’aurait pas déjà tuer ?????

  12. @ Wings,

    Votre réponse ne m’étonne pas du tout, en général sur les sites et dans la vrais vie….

    Lorsque sa dérange comme à vous cet article, ben… oui je suis sérieuse, c’est la réponse donnée par des détracteurs pour faire diversion à fin de faire taire les vrais victimes, de les éloigner et d’imposer leurs loi à deux 2 francs ou à deux balles !! 🙁

    « Il n’y a pas d’homme qui, à force de porter un masque, de ne pas assimiler à cette fin aussi son vrai visage. »

    • J’aimerais revenir sur l’article de Béatrice Riand, en essayant de dépassionner le débat. En effet, le drame qui a servi de base à ce texte semble susciter bien des émotions, ce que je peux comprendre…

      Je ne remets pas en cause la raison qui a poussé Béatrice Riand à intervenir. Son indignation est tout à fait compréhensible. De même, ses propos semblent mesurés et ne paraissent pas avoir pour but d’attiser la polémique.

      Et pourtant…
      Je suis étonné que si peu de personnes aient réagi quant à la forme de ce papier. En effet, faire parler une personne décédée est un procédé peu courant, surtout dans un média. C’est dans ce contexte, que je propose aux lecteurs de l’1dex de s’interroger en leur demandant d’essayer de répondre sincèrement aux questions suivantes :

      Cette technique n’ouvre-t-elle pas la porte à de nombreuses dérives et manipulations ?

      Comment percevriez-vous si certains journalistes utilisaient les morts pour exprimer leurs propres opinions, même si ces derniers tentaient de respecter la pensée de la personne décédée ?

      Souhaiteriez-vous, une fois mort, qu’un individu s’approprie votre personne pour exprimer une opinion, tout en sachant que vous n’auriez aucun moyen de réagir ?

      Ne pensez-vous pas, que cette technique est aléatoire, car les paroles mises dans la bouche de la personne décédée ne constituent que des conjectures, même si elles peuvent avoir un certain degré de probabilité ?

      Enfin, je suis d’avis qu’un site comme l’1dex, qui dénonce des pratiques journalistiques jugées peu adéquates, se doit d’être particulièrement rigoureux, lorsqu’il met en ligne des articles ; c’est une question de crédibilité. J’estime que la forme de l’article de Béatrice Riand ne répond pas à cette nécessité.

      J’espère, par cette intervention, parvenir à la fois à faire retomber un peu l’émotion liée à ce sujet et à susciter un réel débat au sein de l’1dex…

      • L’article de Madame Riand est un acte symbolique et unique qui intervient dans un contexte très particulier. Madame Riand fait parler une victime. Elle a fait preuve d’empathie. C’est pour moi un cri du cœur.

        Ne généralisons donc pas.

        Mais il est évident que cette « technique » ouvre la porte à des dérapages.

        Franchement, une fois mort, je ne saurai pas qu’on « me prête des propos x ou y ». Dès lors, je m’en fiche pour l’éternité. Si cela dérange mes survivants, qu’ils prennent la parole!

        L’1dex est un espace d’expression. Il ne faudrait pas trop censurer les opinions et les émotions.

        • Justement, à part une phrase malheureuse résultant de ma méconnaissance de cette affaire, mon intention n’a jamais été de censurer des propos ou de critiquer l’expression de sentiments.
          Les reactions développées ici me font penser, toute proportion gardée, à l’affaire Varone. Lorsque Couchepin s’est fait huer par des personnes aveuglées ou emportées par leurs émotions.

      • Laissez-moi tous, en premier lieu, me réjouir de ce débat, qui démontre que l’1dex permet la confrontation des idées et des opinions de chacun.

        Peut-être puis-je maintenant que les vraies questions ont été posées, m’exprimer à ce sujet.

        En premier lieu, je vous remercie d’avoir pris acte que ce texte partait d’un sentiment d’indignation légitime, et qu’il ne visait pas la polémique. Je suis également heureuse de constater que les lecteurs de l’1dex s’impliquent ainsi dans un débat, que j’ai trouvé riche et nourri.

        Par contre, si je peux comprendre la réaction de Wings et de Zufferey de Cratogne, sans la partager, je m’étonne que leur révolte ne s’installe pas plus en amont de la parole, c’est-à-dire vers la prise de parole de l’assassin, reconnu comme tel, et qui, le premier, s’exprime en lieu et place de Christina, dans un quotidien qui la lui offre sur une pleine page, ce qui ne l’honore pas. C’est là que gît le véritable scandale, le répugnant scandale.

        Pour moi, tout a tourné autour de cette parole explosée … le titre, par conséquent, fait écho à celui d’un ouvrage de témoignage d’une jeune fille, qui, elle, a pu témoigner des horreurs qu’elle a endurées, il y a de cela près de trente ans.

        Dès lors, à mon sens, le « je » s’imposait. C’est un choix rhétorique.
        En effet, je souhaitais rendre la parole à Christina, cette parole qui a été volée par celui-là même qui s’en empare une seconde fois, publiquement. Je voulais que cette parole soit forte, qu’elle porte, qu’on l’entende, et qu’on la respecte dans ce désir de protection des siens.

        Wings, Christina n’est pas morte. On l’a tuée, on l’a assassinée. Il ne s’agit pas là d’un départ programmé, ou même choisi, mais d’un drame qui lui a été imposé, et qu’elle a vécu dans la solitude. C’est la mort initiale.

        « Quand quelqu’un meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ». Il faut l’admettre, le respecter. Ne pas s’emparer des braises pour justifier tel ou tel acte. Mais il ne s’agit pas ici de politique, de marchés commerciaux, d’héritages disputés ou de querelles intestines. Christina n’avait que son verbe, il a pointé un fusil d’assaut, et a tiré. Il lui a pris sa vie, les siens, et sa parole, qu’aujourd’hui il tente de se réapproprier : c’est un second crime, la deuxième mort. C’est dans ce champ de la parole volée que je me suis inscrite, pour la lui redonner, même artificiellement, et avec tout le respect et l’empathie dont je puis faire preuve.

        Il ne s’agissait donc pas d’un article dans le sens premier du terme, avec contrôle des informations, traitement neutre avant la prise de position, mais d’un texte qui se veut littéraire dans sa forme, et porteur d’un message.

        D’autre part, et pour conclure, je crois que la force d’un média tel que l’1dex c’est justement cette diversité des rédacteurs, et l’ouverture d’esprit qui les caractérise. Il y a de la place pour plusieurs formes d’expression, la seule exigence résidant peut-être dans l’honnêteté intellectuelle qui doit prévaloir dans leur démarche.

        Nous savions tous que Christina n’est plus … par conséquent, aucun rapt intellectuel n’a été commis. Il s’agissait d’un acte symbolique, comme l’a par ailleurs très justement souligné l’un d’entre vous.

        • Mon commentaire sur le site du Nouvelliste :

          Article inutile et peu reluisant. Que fait Le Nouvelliste dans cette galère émotionnelle ?

  13. Je ne comprends pas comment un prisonnier, qui est en attente de son jugement, peut s’exprimer en public.

    Je ne suis pas un spécialiste du droit, mais cela me semble bizarre, d’autant plus que des victimes doivent attendre durant des années une décision de la justice valaisanne.

  14. Wings n’est pas mort.

    Je puis donc parler pour lui.

    Wings, ne sachant rien des circonstsnces du drame, a émis une réflexion qui ne collait pas avec la réalité des faits.

    Puis, devinant une porte de sortie, il a cru approprier de reprocher une forme littéraire à un acte de réponse hautement symbolique à un article de presse dont Mingus a parfaitement saisi la profondeur abyssale de la répugnance.

    Et Wings n’est pas mort, n’a pas été assassiné et doit admettre, parce qu’il n’est pas stupide, que répondre à l’ignominie de l’article du NF autrement eût été moins impeccable.

    Wings, qui n’est pas sans lettres, sait aussi que Béatrice n’est pas sans plume.

    Et, par la seule forme de la beauté des mots, L’1dex a répondu à un homme qui n’a tout simplement pas le talent des mots.

    • C’est inexact! Relisez ma première intervention, ainsi que les suivantes! J’ai des le départ émis des doutes sur le fait de faire parler une personne décédée et non pas sur le fond de cette triste histoire.
      Je vous encourage aussi à essayer de répondre aux quatre questions figurant ci- dessus.

  15. il m arrive souvent de pensez a cette jeune fille , et ces parents .

    ….

    mais comment des ultramultirecidivistes , avec une collection d infractions ,
    impensable par leur volume et sevit en toute impunite durant des mois ……

  16. Christina, je t’offre ce soleil couchant sur ces vignes qui commencent à dorer, je t’offre le douceur de cette belle journée d’automne….
    je t’offre chaque joie qui est donné à mon coeur….

  17. Dans le 20 min de ce jour c’est écrit  » Je ne voulait pas tué  »
    Et un vieux Monsieur de 80 ans ma dit aujourd’hui en me parlant d’un autre drame, que les jeunes il faut absolument les aider concrètement parce que jusqu’à 25-30 ans ils ne sont pas vraiment conscient surtout de nos jours…

    « Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit. »
    Nelson Mandela
     » Personne ne naît en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer, car l’amour naît plus naturellement dans le cœur de l’homme que son contraire.  » Nelson Mandela

  18. la psychologie est à la psychiatrie ce qu elle en soit imbriquée l une dans l autre ! Mais dans les profondeurs du droit . Qui
    relèverait plus de l une que de l autre !
    Oui moi j avais lu ca , pour resumer dans un dossier pénal . Et la vérité c est un drame !
    rp.

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