Compassion régalienne et récupération

Da_Costa_Gaston(Par VINGTRAS)

 

Il ne fait aucun doute que François Hollande ait été personnellement touché par les tragédies des attentats terroristes mais il parait évident aussi que ces événements exceptionnels font désormais l'objet d'une récupération politicienne, qui est magistralement orchestrée par les pouvoirs officiels ...

Ainsi les salopards criminels de DAESH peuvent se frotter les mains : leurs ignobles forfaits ne tomberont pas dans le domaine de l'oubli puisque l'Etat agressé organise cérémonies et commémorations afin - soi-disant - de rendre un juste hommage aux victimes mais aussi pour se dédouaner de ses responsabilités sinon de ses carences ...

Les bandits de DAESH ont donc gagné la guerre de communication car ils sont en mesure d'installer ainsi dans l'opinion publique, un climat de terreur larvée.

Au début du XXe siècle, Gaston Da Costa, un ancien Communeux qui avait échappé au massacre, publiait ces lignes dont la résonance me semble terriblement actuelle :

"La peur, cette hideuse force négative, est toujours, à certains tournants, le facteur suprême des majorités réactionnaires. Aussi bien, le vrai péril immédiat, c'est le Césarisme, toujours consacré rapidement par le nombre. Voilà où nous aurons conduits, le parlementarisme aidant, les trente années du régime pseudo-républicain de l'Assiette au beurre*. D'autre part, les aspirations, ou mieux les déclamations des rhéteurs prétendus socialistes activant la peur bourgeoise, la réaction se fera une fois de plus sous les auspices du spectre rouge. Et ceux qui viendront après nous verront les convives les plus turbulents de l'assiette cassée attablés derechef autour de plats nouveaux !...

Ce qui est menacé à l'heure présente, ce n'est pas encore, malheureusement, l'organisme social issu de 1789, c'est la République même. Et ceux qui la menacent, ce ne sont plus les partisans, de plus en plus rares, des régimes déchus, ce sont les détenteurs mêmes du régime républicain actuel, ce sont les jouisseurs du régime parlementaire. Ils ont fait de la corruption matérielle et morale une force gouvernementale et, par là, mènent la France aux abîmes, au bord desquels la Nation apeurée implore toujours un sauveur."

"La lutte immédiate" concluait Da Costa, "sera donc pour le maintien de la République contre ceux qui l'auront perdue ou vendue" : n'est-ce pas aujourd'hui le combat d'une gauche qui ne veut pas mourir ?

* les débuts de la IIIe République, république bourgeoise née dans le sang de la Commune.