Expérimenter en Roumanie l’art de tricoter les cultures

téléchargement (1)(Par GERARD DELALOYE)

 

Spécial copinage

Chacun le sait, il y a voyage et voyage. Le concept développé par « L’Aventure du beau » revendique une certaine idée du voyage: regard éveillé, lenteur attentionnée, immersion humaniste. S’offrir le temps de comprendre. Marie Morand, historienne de l’art, montreuse de beau, ancienne directrice des Musées de Sion, avec qui j’ai eu le plaisir de collaborer pendant diverses années s’est entichée de la Roumanie lors d’un voyage dans le nord du pays. Cela lui a donnée l’idée d’y organiser des voyages. Le premier, il y a deux ans, se déroula en Moldavie et en Bucovine. Le second, cette année en septembre, repart de Bucovine pour entraîner ses hôtes vers le Maramureş, la Transylvanie et Bucarest. Une splendeur !

Marie Morand : D’abord la forêt, omniprésente, et le tapis ondulant des prés. Un paysage soigné, une main humaine attentive, partout présente. Les toits brillants des fermes comme des cabochons semés à la volée sur les collines et les monts qui s’enchaînent. De temps à autre, parmi les alignements savants des meules de foin, pointe une église, bois ou pierre, un village, ruban ou pelote, un monastère, coupole ou flèche, une ville fortifiée, qu’on dirait du Nord, des places et des palais baroques, qu’on dirait du Sud… Rien de heurté. Un air frais d’éternité paisible. Et pourtant, sous sa douceur, que d’allers et venues de peuples divers, dans l’énergie déployée depuis des siècles pour contrôler cet accès privilégié à la Mer Noire et à ses promesses d’Orient ! Une terre pour conquérants, pionniers, cartographes, artistes bâtisseurs et…résistants. Une terre somptueusement nourrie par le passage.

Comme un écho aux monastères peints de Bucovine voyagés en 2014, L’Aventure du beau s’offre ainsi un inhabituel zigzag à travers le vaste nid apprivoisé des Carpates. Pour épouser les nombreux croisements culturels qui fondent la personnalité attachante de la Roumanie actuelle. Roux portails monumentaux des maîtres du bois, grands retables gothiques dorés, rouges flamboyants des icônes sur verre, paupières mi-closes des toits, pervenche rafraîchi des maisons, envoûtement cadencé du cimbalum et, par-dessus tout, la chaleur incomparable de l’accueil. Une expérience fondatrice pour approcher la diversité des expressions de la beauté. Du presque virginal Maramures à la fringante Bucarest, en privilégiant bien sûr la poétique et tourmentée Transylvanie.

Des ruines datant de l'époque de Dracula

Kerz / Carta: Des ruines datant de l’époque de Dracula (1480)

Le voyage a lieu du 6 septembre au 16 septembre. Pour en retrouver le programme détaillé, reportez-vous à

http://www.aventuredubeau.com/travels/view/15

G.D : Mes coups de cœur ? Le choix est difficile, mais réflexion faite, j’ai, comme Valaisan, un petit faible pour la descente vers le Maramureş depuis le col Prislop. Puis les villages saxons : Biertan, Viscri… L’église de Prejmer. Sibiel, bien sûr (j’y vis !), Cisnădiora etle monastère Cozia qui ferme la vallée de l’Olt comme l’Abbaye de Saint-Maurice ferme le Valais.

Allez, bon voyage !

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