Initiative UDC : ne pas se voiler la face !

voile-1Les attentats de Bruxelles provoquent, partout en Europe, un élan de sympathie pour toutes les initiatives visant à entraver l'aide aux migrants ou à ostraciser les communautés musulmanes. En Valais, où l'on aime déjà raconter qu'un voile peut cacher une bombe, le combat (devrait-on parler de croisade ?) contre les écolières voilées risque de gagner en popularité. L'occasion d'une mise au point nécessaire.

L'initiative cantonale de l'UDC «Pour des élèves tête nue dans les écoles» a abouti. Nous allons donc nous rendre aux urnes pour nous prononcer sur un «problème» (quasi inexistant en Valais, soit dit en passant) dont la solution proposée permettrait paraît-il de gommer les inégalités hommes-femmes et d'offrir aux jeunes musulmanes une meilleure intégration dans notre société. Voilà de nobles sentiments de la part du parti agrarien, qui se positionne à nouveau en vaillant patriarche protecteur du sexe faible. Et de brandir cette fois-ci l'argument-massue selon lequel le voile est nécessairement un symbole de soumission, discriminatoire et sexiste, un outil politique servant à instrumentaliser les jeunes filles.

Affiches mensongères

La première chose à se demander est : de quoi parle-t-on exactement ? Qu'est-ce que le « voile » ? Sur son affiche, l'UDC présente une femme portant un niqab (voile intégral laissant uniquement apparaître les yeux). Je paie un verre à celui qui a déjà vu une écolière valaisanne se rendre en classe avec ce vêtement... Déjà on se rend compte que l'affiche est mensongère, car ce n'est pas de cela dont il s'agit, mais d'un simple voile ou foulard (hijab) cachant uniquement les cheveux.

Une première distinction essentielle s'impose donc. D'apparition récente (et sans justification coranique), les voiles intégraux (niqab ou burqa) sont effectivement condamnables en ce qu'il rejettent la femme dans l'obscurité et limitent très fortement son accès à l'espace public. (montrer son visage ne revient pas uniquement à révéler son identité mais aussi à s'ouvrir au monde). Une telle discrimination est absente avec le hijab, qui ne masque aucune partie du visage et ne constitue en rien une privation de liberté ou un signe de soumission. Pour beaucoup de femmes, il représente même un symbole de liberté, de modernité et d'indépendance, comme nous allons le voir.

Le voile, phénomène récent… et réactionnaire

L'islam défend des concepts de pudeur, de retenue et de modestie (qui valent aussi bien pour la femme que pour l'homme). L'absence de comportements aguicheurs ou de tenues provocantes, par exemple, est un élément récurrent que l'on retrouve dans l'ensemble des pays musulmans… et qui n'a fait que prendre de l'importance dans les pays d'immigration. Pourquoi ? La réponse est simple. Comment une personne éduquée avec ces valeurs-là réagit-elle dans à une culture où la femme dénudée et "photoshopée" se retrouve sur la quasi-totalité de nos écrans, magazines, panneaux publicitaires, etc. ? Comment se sentir à l'aise lorsque les regards en biais vous font clairement comprendre que votre coupe de cheveux ou votre (absence de) maquillage ne correspondent pas aux standards toujours plus exigeants dictés par l'industrie de la mode ?

C'est ainsi que le port du voile est rapidement devenu un moyen de refuser cette instrumentalisation du corps de la femme, de le «désexualiser» en quelque sortes. Selon une étude australienne sur les femmes voilées dans le monde professionnel, les musulmanes portant le voile disent se sentir plus fortes, car disposant d'un meilleur contrôle de leur propre image. Elles ressentent aussi moins de pression sociale et se disent rassurées ne plus ressentir les regards envieux des hommes. Un parallèle intéressant peut être fait avec le voile des religieuses catholiques, qui à l'origine remplissait la même fonction de détourner les regards masculins.

Il faut d'ailleurs relever que de nombreuses musulmanes célèbres (politiciennes, artistes, féministes ou du moins engagées dans la lutte pour l'égalité des droits humains, comme Malala Yousafzai) défendent le port du voile en tant que vecteur d'émancipation et revendiquent ainsi le droit à disposer de leur corps comme elles l'entendent, hors des conventions habituelles. Ce point mériterait à lui seul un long développement, mais gardons à l'esprit que le féminisme «seins nus sur la place publique» n'est qu'une vision occidentale, étroite et biaisée que nous nous faisons de cette cause.

 Interdire pour mieux intégrer ?!

Revenons à la situation dans les écoles. Une idée que l'on se plait à répandre voudrait que les écolières se voient imposer le port du voile contre leur gré. L'influence de l'entourage est indéniable, comme pour toute tradition, qu'elle soit religieuse (comme la Première Communion chez les catholiques) ou non. Mais on oublie souvent de mentionner le grand nombre d'adolescentes qui choisissent (parfois contre l'avis de leurs parents) de porter le voile. Le choix est donc libre dans l'immense majorité des situations et si quelques cas de contrainte existent, alors le voile n'est que la partie émergée d'un problème parents/enfant beaucoup plus profond (et une sentence issue des urnes n'y changerait rien). Il faut ici se demander ce que serait la meilleure solution à apporter dans un tel cas. Une médiation entre professeurs et parents, ou une interdiction inscrite dans la loi empêchant tout dialogue ?

L'UDC Valais voudrait donc rendre la femme musulmane «libre» en lui interdisant de porter un accessoire qu'elle a - dans l'immense majorité des cas - choisi, qu'elle assume et qu'elle revendique ? Affirmer qu'une femme est libérée simplement parce que ses cheveux flottent au vent, c'est faire preuve de naïveté ou de mauvaise foi : si soumission il y a, les racines de celles-ci sont profondes et vont bien au-delà d'un bout de tissu.

Qu'il soit porté par conviction religieuse ou par simple habitude vestimentaire dans un contexte laïc, qu'il serve à affirmer son identité dans un environnement étranger ou à refuser le diktat des décolletés et talons aiguilles, le voile (si discret soit-il dans nos contrées) dérange nos conceptions, nos institutions, nos politiques. Mais pour l'écolier sédunois, sierrois ou martignerain, le voile porté par sa voisine de banc invite surtout au questionnement. Il lui fait prendre conscience de nos différences, lui fait découvrir une autre culture et l'invite au dialogue. Sans doute changera-t-il aussi l'opinion qu'il a pu se faire de l'islam en regardant la télé ces derniers temps.


Pour poursuivre :

http://www.madmoizelle.com/voile-temoignage-242436 (français)

https://www.youtube.com/watch?v=t1x5Zu18f7U (anglais)

http://www.theguardian.com/commentisfree/2012/may/28/hijab-society-women-religious-political (anglais)

Commentaires : 25

  1. Les femmes non musulmanes ne se voilent pas, elles ne semblent pas être convaincues par de potentiels avantages du voile. bcp de femmes musulmanes, notamment iraniennes, tombent le foulard sitôt dans un avion vers un monde plus libre. Le voile est un facteur de démonstration de refus de s’adapter à nos valeurs, sauf à en prendre les avantages économiques et juridiques. Il est un signe de lutte, et les valeurs évoquées (pudeur, maîtrise d’image) ci-dessus ne sont pas celles de la majorité des porteuses de voiles, encore moins celles de la majorité des hommes dont ces femmes sont les épouses. Le but est de soustraire la femme au regard d’autres hommes et de s’en approprier la possession. C’est un signe voulu et assumé d’intolérance. Dès lors, ce signe heurte le sentiment de démocratie. Tel n’est pas le cas du voile porté par une religieuse chrétienne, ou de la kippa porté par une personne de confession juive, tel n’est pas le cas d’une indienne portant le sari. Avez-vous déjà vu 4 formes humaines couvertes de noir, sur le pont arrière d’un pick-up, circulant par 48° à l’ombre, tandis que leurs 4 hommes vêtu de blanc immaculé, ont pris place dans la douce fraîcheur de l’habitacle climatisé?

  2. Si on accepte le voile, alors on doit accepter les casquettes, les cagoules , etc… belle ambiance en classe !

  3. Le choix du port du voile serait donc libre dans la majorité des cas. On peut se demander sur quoi se base cette affirmation. Je doute qu’il soit possible de le savoir. Par contre, il est vrai que les rares cas qui posent problèmes à l’école sont gérés actuellement par le dialogue entre prof, parents et élèves.
    Pour ma part, je suis contre le port du voile et contre l’interdiction du port du voile, ce qui n’a rien d’incompatible.
    Oui, le voile est un symbole de soumission, une négation de la femme. Et, désolé, mais l’alternative n’est pas soit le voile, soit le grand décolleté et la minijupe. Cependant, on ne peut pas forcer quelqu’un à s’émanciper. Au contraire, une interdiction risque de le radicaliser. Alors qu’il suffit de laisser faire le temps, ces jeunes femmes en fréquentant leurs copines de classe suisses ou étrangères à tête nue, finiront par l’abandonner un beau jour, consciemment et par choix.

    • Je comprends qu’on puisse voir, avec nos yeux d’occidentaux, le voile comme un symbole de soumission. C’est malheureusement le cas, effectivement, quand son port est rendu obligatoire (que ce soit à l’échelle d’un pays (par un régime politico-religieux) ou à celle de la famille (par un parent)). Mais il n’en est rien quand il s’agit d’un choix librement consenti. Et dans nos pays, cela concerne la majorité des cas ! Je voulais ici faire prendre conscience de cette réalité, parfois dérangeante selon notre conception de l’émancipation féminine, pour avoir étudié le phénomène et en avoir discuté avec de nombreuses musulmanes.

  4. Le port du voile est un acte de soumission imposé par l’homme à la femme, point barre ! Que des femmes adultes le portent, je m’en fiche, mais que des parents (pères) obligent leurs petites filles à le porter en classe, ça me révolte. Mais bon sang, dans les pays musulmans, les femmes luttent pour l’interdiction du voile dans les écoles et dans les universités. En Tunisie, par exemple, le voile est interdit dans les écoles et les universités depuis 1955. Maintenant, les femmes doivent à nouveau lutter pour conserver cette interdiction car depuis « le printemps arabe » les islamistes intégristes voudraient supprimer cette interdiction.

    Hayet Jazzar, avocate et militante féministe de l’Association Tunisienne des Femmes démocrates, a déclaré lors de le fête nationale des femmes tunisiennes, le 21.08.2015 : « Les petites filles qui ne peuvent pas choisir pour elles-mêmes ne doivent pas être obligées de porter une tenue vestimentaires qui affectera à jamais leur vie. Nous savons tous qu’une fois le voile porté, il est très difficile de l’enlever. Et donc, la décision de l’adopter doit être prise par la personne elle-même et non pas sa famille ou l’institution éducative qu’elle fréquente ». Des citations dans le même style données par des féministes et des politiciens en Tunisie ou ailleurs sur le droit des femmes et le droit de l’enfant, il y en a des centaines…

    C’est tout de même très paradoxal que dans les pays musulmans, les progressistes et les féministes luttent pour l’interdiction du voile dans les écoles et les universités, et que chez nous ces mêmes milieux luttent pour le contraire … Est-ce que la gauche mène vraiment le bon combat dans cette histoire ?

    Et, désolée, mais à vous lire, M. Savioz, on dirait que vous regrettez le temps où nos grands-mères portaient les bas en laine même en été et le fichu noué sur la tête. Et oui, avoir les cheveux au vent et les jambes nues M. Savioz, sont des symboles de liberté que les femmes ont lutté pour conquérir.

    • « Le port du voile est un acte de soumission imposé par l’homme à la femme, point barre ! » Déjà cette première phrase ferme la discussion et ne donne pas vraiment envie de découvrir la suite…
      Obliger à porter le voile me révolte aussi, comme toute forme de contrainte. Ce qui doit primer en tout temps, c’est le libre choix de porter ce que l’on veut . Dans ce débat, la liberté est le maître-mot. Liberté de sortir tête nue ou de se couvrir les cheveux. Car même si cette réalité semble vous déranger, oui des musulmanes défendent le droit à porter le hijab. Porter un foulard et se dire progressiste n’est à mon sens pas incompatible (voir les articles et vidéo en fin d’article).

      Pour finir, avoir les cheveux au vent et les jambes nues sont effectivement des symboles de liberté, comme vous le dites. Mais choisir de ne pas les montrer et ne pas être jugée pour cela, c’est aussi une liberté qu’il faut respecter

    • MA THESE:

      « Comment se sentir à l’aise lorsque les regards en biais vous font clairement comprendre que votre coupe de cheveux ou votre (absence de) maquillage ne correspondent pas aux standards toujours plus exigeants dictés par l’industrie de la mode ? »

      « Comment se sentir à l’aise lors les regards en biais vos font clairement comprendre que le fait de ne pas porter le voile ne correspondent pas aux standards toujours plus exigeants dictés par les musulmans pratiquants ? »

      Je vous livre ici un témoignage d’une amie bosniaque de Martigny:

      « Si demain vous tolérez le voile, les rigoristes nous l’imposeront à nous qui sommes vaguement pratiquants ».
      Je tiens le témoignage à disposition….

      Laisser porter le voile, c’est laisser entrer le communautarisme dans nos sociétés. Si l’exemple des quartiers radicalisés ne vous suffit pas, inutile que je vous explique une fois encore que ce n’est pas autre chose qu’une avance déguisée utilisée par l’Islam rigoriste.

      Les carrés confessionnels sont exactement la même chose: on ne se mélange pas dans la dernière demeure avec les infidèles. C’est la seule raison pour laquelle les musulmans exigent le carré confessionnel: pour ne pas reposer à côté des infidèles…..

      • L’islam radical est à combattre, on est tous d’accord sur ce point. Vous dites que le voile est un signe de radicalisme. Il peut l’être effectivement parfois, mais attention aux généralités ! On a tendance à ignorer le grand nombre de femmes qui souhaitent le porter librement, tout en ayant une pratique modérée (voire absente, certaines le portant uniquement pour des raisons culturelles/identitaires). Ou alors on se dit qu’elles sont de toute façon victime d’un lavage de cerveau… Une réflexion qui nous arrange bien pour expliquer ce qu’on a parfois de la peine à comprendre.

        Vous me citez un témoignage, soit. En l’occurrence les pratiques diffèrent beaucoup d’un pays à l’autre et en Bosnie (qui compte aussi son lot d’extrémistes et de terrorisme) les musulmanes n’ont de manière générale par pour habitude de se voiler. Je pense que l’on peut trouver des tas de témoignages « pro » ou « anti »… Dans tous les cas, ce qui doit primer à mon sens c’est la liberté. Liberté de porter ou non ce que l’on veut, sans contrainte, sans être jugé(e) et sans juger l’autre.

        Pour finir, j’ajouterais qu’une interdiction du voile reviendrait à stigmatiser encore un peu plus la population musulmane, ce qui risque précisément de mener à la radicalisation de certains d’entre eux.

  5. Je n’ai, heureusement, jamais été directement concerné par cette problématique du voile à l’école. Peut-être ai-je des élèves encore trop jeunes (9-10 ans) et c’est tant mieux. je n’ai jamais entendu deux élèves de cet âge parler de leur religion entre eux, ni s’y achopper, et c’est toujours tant mieux : c’est une problématique d’adultes qui leur passe au-dessus. Encore une fois, tant mieux.
    Assimiler le port d’une casquette avec celui du voile n’est pas très honnête. Les deux sexes portent des casquettes, ce qui n’est pas le cas du voile. Dans mon établissement, les élèves doivent ôter leur couvre-chef lorsqu’ils passent la porte d’entrée et la chose est réglée.
    Je me souviens qu’il y avait eu des problèmes de « nationalisme » au CO lors d’une phase finale de coupe du monde de foot. Certains élèves venaient en classe avec le T-shirt de leur équipe nationale et cela avait engendré des tensions, des insultes, voire des bagarres interculturelles. Le directeur avait alors pris une excellente décision en y interdisant toute marque d’appartenance à un pays, quel qu’il soit.

  6. Caein et Abel , Abel et Caen , d entres les deux etant venue la même femme qui les mis au monde ? La moralité , ce triste
    monde vous le montre . Et croyez moi ca ne fait que commencer . Ensuite EXORCIST . Et j ai pas dis , hum voyez ! Pour
    l Europe . Le pneuma de nos diplomates leveront t il ces malédictions . Que certains ecrivent d initquités plus confuses , que
    le pire des occultismes . Voulez vous du sang ? C est jamais assez ….

  7. Nous devons voter pour un problème inexistant en Valais. Ensuite, il ne s’agit pas du port du voile mais du foulard, ce qui n’est pas du tout pareil.
    D’après les enseignants, les rares cas mentionnés sont résolus par le dialogue. Y a-t-il une statistique indiquant le nombre de situations?
    Cela fait des décennies que j’habite près du CO de Derborence et je n’ai pas le souvenir d’avoir vu un tel couvre-chef. Il y en a peut-être.
    Il faut bien que l’UDC soigne son électorat et son audimat.

  8. On m’a parlé tout récemment d’une étude faite auprès des femmes portant le voile, en Alsace et au Danemark. Ce quucen ressort est que la majeure partie le porte par choix, pour se démarquer plus que par conviction religieuse. Je vais voir si je peux trouver cette étude et te la transmettrai !

  9. Postulat de base : on veut interdire le voile pour supprimer (du moins diminuer) l’oppression des femmes (ou plutôt des écolières) musulmanes.

    2 cas possibles :

    1) Elle porte le voile par choix personnel (majorité des cas).
    Dans ce cas l’oppression vient de l’Etat via cette loi. Donc on ajoute une oppression inexistante à l’origine, expliquez moi où est la logique là dedans.

    2) Elle porte le voile parce qu’elle y est forcée.
    Dans ce cas, elle subit déjà une oppression au foyer, à quoi ça sert d’en rajouter une couche en la forçant d’enlever son voile à l’école. Une bonne solution serait de lui expliquer qu’elle a le droit de l’enlever ou de le garder et que c’est à elle seule qu’appartient ce choix.

    En résumé, dans tous les cas, on ajoute de l’oppression pour combattre l’oppression. Le comble de l’absurde politique !

    Non, la liberté ne peut en aucun cas passer par l’interdiction !

    • Donc laissez tous les élèves choisir s’ils veulent être tête nue ou pas ! pas d’interdiction dites vous ?

      • Oui, je ne vois pas pourquoi un établissement scolaire aurait quoi que se soit à dire sur la tenue vestimentaire des élèves.

  10. Soit le voile est un choix personnel qui n’a rien à voir avec la religion… alors on laisse le voile ET tous les autres couvre-chef, pas de raison de discrimienr fille et/ou garçon
    Soit c’est un signe religieux et alors on doit l’interdire car l’école doit rester un lieu d’ouverture, de liberté.
    Que sera l’école où seule les filles seront autorisées à se couvrir, les garçons étant tête nue par obligation réglementaire ?
    Pour moi le plus simple est que personne n’entre en classe autrement que tête nue. (quitte pour celles qui le souhaitent , remettre un foulard pour retourner dans la rue après les cours)

  11. Liberté d’être soumise à la religion… Certainement que des jeunes filles portent le voile volontairement, et revendiquent ce droit. Mais je suis prêt à leur enlever ce droit pour ne sauver qu’une seule à qui l’on force de le porter.

    • Moi aussi.. Des enfants de 8 à 16 ans ont-ils vraiment la liberté (et la capacité) de choisir ?

  12. la position de Nasser et des Egyptiens au sujet du voile. A voir dès la minute 3:40
    https://www.youtube.com/watch?v=wxPRh-WHKzs

    Ceux qui défendent le port du voile aux femmes, et jeunes filles, sont complices de cette soumission des femmes à une une religion, et par là, aux hommes qui ont créé cette religion

  13. Le premier commentaire signé Olivier Cottagnoud est un monument de cynisme. En cela, il constitue (volontairement ou non) le meilleur plaidoyer qu’on puisse faire contre cette initiative. Il montre parfaitement que le but d’une loi contre le port du foulard à l’école, sous prétexte de protéger certaines femmes musulmanes, est dirigée contre une communauté dans son ensemble, et contre les femmes en particulier, qu’on cherche à humilier en les forçant à se découvrir quelle que soit leur volonté intime. Cette posture, qui se proclame bienveillante, relève en fait d’un paternalisme à la fois raciste et sexiste: il s’agit d’une part d’enfoncer le clou, d’une manière particulièrement perverse, en persécutant encore plus un groupe qui l’est déjà très fortement; et il s’agit d’autre part d’une énième injonction paradoxale faite à des femmes pour leur signifier que leur tenue dans l’espace public n’est jamais adéquate et, comme le montre un autre commentaire odieux, qu’elles doivent se vêtir d’une manière qui les rend séduisantes aux yeux des hommes (blancs), sachant qu’elles seront jugées par ces mêmes hommes comme ne l’étant jamais assez, ou toujours trop.

    Pour expliquer l’attrait que peut avoir une telle initiative, il ne suffit cependant pas de montrer en quoi elle est dirigée CONTRE un groupe donné. Il faut en général éviter de mettre sur le compte de la méchanceté ce qu’on peut expliquer par la bêtise et l’autosatisfaction. Forcer des femmes musulmanes à se découvrir à l’école présente un double bénéfice POUR le groupe qui part ainsi en croisade:

    1) S’il est si communément admis que se couvrir la tête est un signe de soumission (sans pour autant se poser la question de savoir ce qu’en pensent les personnes concernées au premier chef), il faut aussi rappeler que se découvrir devant quelqu’un peut également être un geste de soumission. Forcer des femmes (pour leur bien!) à retirer leurs foulards pour fréquenter « nos » enfants revient ainsi à entretenir le sentiment de supériorité du groupe « national » sur le groupe racisé.

    2) Prétendre que les femmes musulmanes doivent être sauvées des hommes musulmans, c’est laisser entendre qu’elles ne sont jamais libres de leurs choix. Cela revient à les infantiliser, ce qui est une condition nécessaire de toute entreprise paternaliste. Mais dans le même mouvement, cela revient également à présenter les femmes « occidentales » comme étant nécessairement et déjà libres. Une telle logique binaire qui oppose de manière simpliste la liberté à la contrainte devrait être immédiatement suspecte. Nous pouvons donc parier, comme cela a pu s’observer en France jusqu’à la nausée, que cette campagne offrira l’occasion rêvée aux hommes parmi les plus authentiquement sexistes de chez « nous » de se présenter comme les défenseurs inconditionnels des femmes, à la stricte condition cependant que ces femmes soient musulmanes.

    A voir absolument, le documentaire « Un racisme à peine voilé » :
    https://www.youtube.com/watch?v=g3MntRu9zgY

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