Le Nouvelliste et Oskar Freysinger. « Une télécabine sans pilote qui ne connait que la descente »

877598c4-7942-11e3-a6a7-73aa85943843Slobodan Despot, le conseiller en communication de Oskar Freysinger, n'est pas content et il le fait savoir. L'objet de son courroux ? Le parti-pris systématique du Nouvelliste selon lui contre le travail réel effectué par le chef du BFS dans son activité de membre de l'exécutif. Slobodan Despot fait aussi référence à l'extraordinaire déférence du NF à l'égard des autres conseillers d'Etat. Mais l'ancien chroniqueur du NF, éditeur de profession, ne s'arrête pas là. Il critique avec une vivacité exacerbée la qualité de travail d'une journaliste, Christine Savioz, et la ligne donnée au journal par Vincent Fragnière.

 

Dans sa lettre ouverte hebdomadaire publiée dans "Antipresse" numéro 14 ce dimanche, Slobodan Despot conclut au vitriol dans une salve littéraire qui fait du NF tout autre chose qu'un vecteur d'opinion, "une télécabine sans pilote qui ne connait que la descente".

 

Les mots de Slobodan Despot, issus d'un mauvais article du NF, s'inscrivent très clairement dans une critique plus large portant sur la qualité intrinsèque du quotidien préféré des Valaisans. Il n'est pas sûr sur ce coup que la verve du Serbe d'origine ne rejoigne pas sur le fond les critiques déployées dans la première partie de la vie de L'1Dex contre ce journal alors dirigé par Jean-François Fournier, principal rédacteur de Antipresse aux côtés de Slobodan Despot et celles de la gauche en général.

 

L'1Dex, qui fête ses cinq ans d'existence en 2016, a clairement abandonné le terrain de la critique systématique du NF, qui était le sien à son éclosion, pour entrer dans le champ d'une presse porteuse de liberté, de vérité et d'une critique assumée des dérives institutionnelles graves et répétées. Nous poursuivrons dans cette voie tout en développant un autre chemin porteur d'espoirs dont on exposera les contours prochainement.

 

Il n'en demeure pas moins que nous ne pouvons pas exclure de cet article la partie conclusive de l'article de Slobodan Despot même si nous sommes convaincus que les dérives auxquelles il fait référence sont inscrites dans l'histoire même de ce journal. François Dayer avait essayé une ouverture que ses successeurs n'ont tout simplement pas réussi à valider de par des liens incestueux trop forts avec le pouvoir politique. Jean Bonnard n'a pas compris que ses parties de chasse avec Wilhelm Schnyder renforçait l'esprit clanique du Valais; Jean-François Fournier n'a jamais su accompagner son équipe rédactionnelle; Patrick Chabbey s'est perdu au milieu des jeux de pouvoirs, certains actionnaires se croyant autorisés à toutes les facéties; Vincent Fragnière, de novateur à Canal 9, est devenu une sorte de concentré de ses prédesseurs sans pouvoir apporter un renouveau sérieux sur le fond, ce qu'il avait pourtant réussi à Canal 9; Sandra Jean croit à la vertu de la peoplisation, ce qui exclut la vraie pensée.

 

Slobodan Despot tranche dans le vif non sans qu'on devine que son extraction du NF a pu être douloureuse et motif lointain de sa colère dominicale. Mais la colère n'exclut pas l'émergence d'une vérité :

 

"On vous lit pour le sport et les morts. Votre réflexion de fond sur les affaires du monde, vous la pompez dans les journaux français. Vous n’êtes pas un vecteur d’information, ni un remorqueur d’opinion, vous n’êtes qu’une télécabine sans pilote qui ne connaît que la descente.

 

A ce train-là, vous êtes bien partis pour n’être plus, bientôt, qu’un support publicitaire assorti de poncifs pavloviens. Salive pour le commerce. Salive pour les gentils sportifs et les chanteuses sympa. Salive pour l’humanitaire, le solidaire, l’associatif. Grognements contre les idées qui dépassent. Contre les idées tout court, puisqu’une idée qui ne dépasse plus cesse d’être une idée.

 

Continue ainsi, Vincent ! Écarte ce message comme l’exagération d’un type orienté. Je m’en fiche ! Je connais l’histoire de ce journal, je lis ses archives. Ce qu’il avait de pire jadis, sa partialité politicienne, n’a été qu’aggravé, bien que sous d’autres drapeaux. Ce qu’il avait de meilleur, la curiosité, le caractère, la franchise et le style, en a été arraché comme de la mauvaise herbe. La table rase intellectuelle entreprise sous ta responsabilité est l’équivalent d’une correction du Rhône qui se réduirait à un robinet. A quoi bon vous lire encore, à quoi bon protester ? Vos excès alliés à vos manquements auront bientôt raison de la crédibilité qui vous reste."

 

Dans une cité où le débat serait réel, confronté à cette attaque tranchante, Vincent Fragnière devrait répondre en UNE du quotidien qu'il dirige. Le NF a ignoré L'1Dex; voyons s'il aura la même superbe indifférence face à ses voisins de palier de la droite populiste d'Oskar Freysinger.

 

Si le lecteur avait l'idée d'une assimilation idéologique du NF avec Antipresse, il ferait fausse route, car personne ne pourra dire de Slobodan Despot qu'il est dépourvu de pensée, même si, de par ses origines de l'est, elle peutêtre à l'opposé des nôtres.

 

La pensée du NF nécessite elle une autre orthographe : l'apensée. Faire semblant d'informer sans jamais, par la pensée, amener le lecteur directement à une autre forme de pensée dénote une volonté inerte du conservatisme clanique le plus rigide. Le suivi de l'Affaire de Verbier par le NF, par exemple, est à lui seul la démonstration de la validité de mon propos. Certains à L'1Dex pensent que cette critique est inhérente au but même du journal. Je laisse la question ouverte.

 

Bonjour à tous les rédacteurs de L'1Dex !

 

 

 

 

 

Post Scriptum : la question de la pertinence - ou non - de l'intervention du conseiller en communication  n'est pas l'objet de cet article.

 

 

Commentaires : 4

  1. Le plus amusant dans cette diatribe est la manière subtile qu’a son auteur de déplacer l’origine du problème, en faisant d’un red’ en chef le seul responsable des écrits d’une de ses journalistes, par ailleurs à peine évoquée. « Pourquoi tirer dans les jambes quand on peut viser la tête ? » a dû se dire Despot…
    ça sent le règlement de compte…

  2. Le serbe c’est celui qui a manqué de respect à Benoît Violier _ alors question crédibilité, aucune pour ce genre de tueur de culture et d’éducation _ les chemises brunes ont jaunies

  3. En règles générales , les cabines sont motorisées par le controle d un responsable de station d arrivage !

    Mais y a t il quelqu un en cabine ?

  4. Les journaleux du NF n’ont pas vu le film « Spotlight » car ils ne connaissent pas le journalisme d’investigation qui prône au moins thèse et antithèse, recherche, honnêteté, celui qui va fouiller jusqu’au trognon ce que le lecteur ne veut pas toujours savoir, mais qu’il doit, au nom de l’éthique, regarder en face.

    En Valais, nous sommes tristement en présence de la recette « information et intoxication » qui accouche d’un gloubigoulba nouvellistique qui mithridatise la plupart de ses lecteurs: à force d’avaler du poison à doses quotidiennes, ils avalent et digèrent les pires des saloperies qu’on leur fait avaler.

    On peut rêver et se demander quand le NF va-t-il enfin se doter des bons projecteurs? (= spotlight en anglais).

Commentaires fermés