« Ils ne changeront peut-être pas mais nous oui »

HARCELEMENT - 25 AVRIL 2016Remarque préliminaire de L'1Dex : on s'abstiendra de demander un commentaire de cette partie d'article paru en France au Tribunal cantonal de chez nous car  une autorité judiciaire respectable ne commente ni ses propres arrêts ni les positions d'autrui. On se contente d'utiliser à nouveau deux caricatures formidables de Patrice Zeltner. Personne n'osera invoquer une répétition car dans le harcèlement ce sont justement des actes graves et répétés qui sont à l'origine des atteintes à la santé. Mais en Valais, et ailleurs rassurez-vous, on préfère clore les paupières. Nous, sur le sujet, nous avons les yeux bien ouverts.

"Un autre élu enchaîne avec un 'quand on voit Aurore, on a le bâton de Berger'. C'est gras, c'est vulgaire, c'est grossier. C'est pathétique. Il a l'âge d'être mon père (ils en ont un peu tous l'âge)", dit encore la conseillère municipale de Magny-les-Hameaux âgée de 29 ans, qui racontait en 2014 dans le JDD sa première campagne électorale. L'élue reconnait s'être trouvée "navrante dans [son] incapacité à réagir". "Quand ça t'arrive, tu ne sais pas comment réagir. Tu es sidérée. Bloquée. Tu lui fous une claque? Tout le monde te regarderait. Tu ne ris pas? Tu n'es décidément pas faite pour la politique. Et puis, c'est drôle, non? C'est un bon mot, après tout", explique-t-elle, précisant avoir ri "par réflexe" après s'être interrogée sur le choix de son chemisier, "comme si c'était toi la coupable".

"Mais aujourd'hui n'est pas une journée ordinaire. Elles ont parlé", affirme Aurore Bergé, en évoquant les élus écologistes qui ont mis en cause Denis Baupin pour ces faits plus graves. "S'il y a des différences de degrés dans le harcèlement, je ne crois pas qu'il y ait de différence de nature", explique l'élue Les Républicains. "Car on a le droit de ne pas avoir envie de ces remarques graveleuses, de ces gestes déplacés, sans pour autant être cataloguée en pisse vinaigre ou mal baisée. Je mesure le courage qu'il a fallu à ces femmes pour prendre la parole. Ils ne changeront peut-être pas, mais nous oui. On parlera", conclut-elle.

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