POUR UN ISLAM BIEN DE CHE NOUS

XVM43cfa7c4-58aa-11e5-b116-fe82e16f3593(PAR ROBERT CHAUDENSON)

 

Pour régler les problèmes de l'Islam en France, il ne faut pas moins d'un miracle ! Nous avons fort heureusement sous la main l'homme de la situation ; il n'en est pas, en effet, à un miracle près (après celui de sa précédente résurrection, ce ne sera pas tout que le deuxième – observez que je ne dis pas ici « second » pour ménager l'avenir de ses éventuels miracles ultérieurs en dépit du fait que notre homme approche l'octogénariat !).

Notre président normal, qui n'hésite pas à cesser de l'être dans les cas difficiles, envisage, nous dit-on dans le poste, de confier cette mission délicate de recréation de l'Islam de France à … ( je ne vous le donne pas en mille car vous l’avez sans doute entendu déjà) à Jean-Pierre Chevènement autrefois dit «Le Che » !

 

L'idée de créer un « Islam de France » est bien loin d'être nouvelle, même si comme je le rappelais récemment, depuis près d'un demi-siècle, nous avons tout fait (et tout particulièrement Valéry Giscard d'Estaing avec son regroupement familial sous les inquiétants auspices du Maghreb et de l'Arabie), pour placer les Musulmans de France sous l'influence des courants salafistes et wahhabites intégristes par le biais des imams que ces Etats nous envoyaient gratuitement et payaient tout en nous offrant des mosquées pour leur permettre d’exercer leur industrie. Puisqu'il en est question à nouveau, rappelons simplement que la grande mosquée de Lyon a été offerte à cette bonne ville par le roi d'Arabie Saoudite ! Quant aux dons prétendument par les fidèles, on ne s'inquiète pas plus de leur origine réelle que les subventions mystérieuses aux campagnes de Nicolas Sarkozy ! L’argent n’a pas plus de religion que d’odeur !

 

Comme souvent chez nous (et peut-être sera-ce le cas bientôt pour le « prélèvement à la source », dans un tout autre registre), il ne faut pas confondre le discours et les actes et parler n’est pas toujours agir. En 1990, Pierre Joxe, ministre de l'intérieur et donc des cultes, met en place un « Conseil de réflexion sur l'organisation du culte des musulmans de France ». Après 10 ans de réflexion, fin 1999, Jean-Pierre Chevènement met sur pied une nouvelle consultation. Les élections prévues en juin 2002 seront reportées en raison des échéances présidentielles, et c'est finalement Nicolas Sarkozy qui mettra en place le Conseil français du culte musulman (CFCM) et ses conseils régionaux (CRCM).

 

Comme on pouvait le prévoir et comme cela ne cessera jamais dans la suite, les 4000 grands électeurs des 995 lieux de culte de l'époque (il y en a aujourd'hui plus de 2500 me semble-t-il) voteront, essentiellement sur la base de leur pays d'origine. La Mosquée de Paris, proche de l'Algérie obtient 6 sièges et 13 vont à l'Union des organisations islamiques de France, proche des Frères musulmans. Malgré ce score, c’est le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, qui obtient la présidence du CFCM, en vertu d'un accord préalable conclu en décembre 2002, sous l'égide du Gouvernement français ! On est en démocratie que diable !

 

La création du Conseil français du culte musulman a pour objectif de réduire, en principe, le poids des Etats étrangers dans l’esprit comme la gestion de l'Islam de France, afin d'accompagner l'intégration des jeunes générations, nées en France. Pour un coup d'essai, ce fut loin d'être un coup de maître, puisque comme on l'a vu, dans les décennies qui suivent, pour les actes et les faits eux-mêmes, contre tout bon sens et tout réalisme, on a laissé se développer l'influence des tendances les plus intégristes de la religion musulmane, essentiellement par l'importation massive des imams étrangers, ce qui a conduit aux « radicalisations » actuelles !

 

En dépit du contrôle historique que Jean-Pierre Chevènement a joué dans la création du CFCM, on espère que les Musulmans de France sont suffisamment ignorants de l'histoire politique française pour ne pas s'étonner, voir s'indigner du choix envisagé de Jean-Pierre Chevènement, l'apôtre affirmé du nationalisme éducatif le plus acharné et de la Marseillaise pour tous. J'espère qu'on songera au plus vite à établir une version en arabe (mais dans lequel ?) de notre hymne national (sur le modèle de l’Afrique du Sud! On doit en effet ne pas oublier dans cette affaire, que si le « Che » fut sollicité comme ministre de l'intérieur (donc des cultes) pour le CFCM, son goût pour la Marseillaise obligatoire s'est manifesté quand il était ministre de l'éducation nationale ! Mais si vous avez des amis arabes (Tout peut arriver puisque j’ai avoué avoir des amis homosexuels, si homophobe que me juge Monsieur Christophe Pradel), gardez-vous de leur révéler ces détails de la carrière du Che !

 

Pour épargner des efforts inutiles au Che qui va sur ses 78 ans, pour son premier discours, je lui rappellerai un fragment de sa déclaration du 23 novembre 1997, tout à fait opportune en la circonstance et dans la fonction qu'on envisage pour lui :

 

« L'islam est une religion nouvelle en France. Avec environ quatre millions de résidents de culture musulmane [ désormais cinq ], elle est rapidement devenue la deuxième religion du pays. La moitié des musulmans qui vivent sur notre territoire national sont français. La plupart des autres sont appelés à le devenir. Le gouvernement ne saurait s'en désintéresser. J'ai suivi avec attention et médité les efforts de plusieurs de mes prédécesseurs pour intégrer l'islam dans la communauté nationale. J'ai le même objectif : aider à l'affirmation d'un islam français. Seulement, les difficultés qu'ils ont rencontrées m'incitent à la prudence. Il y a un paradoxe de l'Islam dans ses rapports avec la laïcité...

 

Nous devrons parvenir à trouver les modalités pratiques de nos rapports, ce qui suppose l'existence d'un interlocuteur légitime, ou du moins considéré comme tel par le plus grand nombre. L'absence d'un clergé unifié et hiérarchisé ne doit pas être un obstacle insurmontable. L'État n'imposera pas ses choix. Ce n'est pas son rôle. Il agréera ceux qui lui seront proposés. Je m'adresse à ceux des musulmans qui sont ici présents et, à travers eux, à leurs coreligionnaires... Sachez en tout cas qu'il y a place pour l'islam à la table de la République. Ce n'est pas seulement un droit qui revient aux musulmans ; c'est une chance pour eux et pour la France de faire vivre, sur notre territoire, un Islam moderne. »

Commentaires : 6

  1. Cause toujours, citoyen français, tu m’intéresses. La raison d’être de toute religion est la conquête planétaire.
    Pour un islam à la française, c’est trop tard. L’islam, c’est le coran. Or, le Coran est son « Mein Kampf », c’est-à-dire
    une déclaration de guerre à toutes les nations dites « infidèles ».
    Vous, Français, avez voulu conquérir le monde avec vos colonies, en rivalité avec votre ennemi traditionnel depuis Jeanne d’Arc, l’Angleterre. Vous avez votre retour de manivelle: l’invasion des descendants des gens que vous avez assujettis et dépouillés de leurs ressources naturelles. Accommodez-vous en ! C’est vu depuis la Suisse. De la part d’un Suisse francophile mais… sélectif. Salut.

  2. Et avec une Islam donc totalement innocente (blanche comme neige) mais qui se fera néanmoins fracasser la gueule « tout pareil égal comme si c’état pas le cas », si le monde tombe une fois de plus dans le piège (permanent et millénaire) sioniste wahabite ! (Ce qui est le cas d’ailleurs vu toutes les guerres qu’ils se prennent sur la gueule en ce moment).

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