REFORME ESTIVALE

IMG_6168(PAR RISS [CHARLIE HEBDO])

 

L'1Dex : les Valaisans lisent peu et très irrégulièrement CHARLIE HEBDO. Les vacances estivales n'ont pas arrangé les choses. Il y a pourtant dans le dernier numéro de l'hebdomadaire un article qui peut faire jaser partout dans le monde. Et même ici, en Valais. N'en manquez pas un seul mot ! (L'illustration est celle de la couverture du numéro, disponible dans tous les bons kiosques).

 

Réformer l’islam consisterait à réformer les élus locaux.

 

Quelle drôle d’idée de vouloir reformer l’islam ! C’est la nouvelles mode depuis l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray. Après l’assassinat d’un ecclésiastique d’une autre religion que l’islam par un tueur se réclamant de l’islam, c’est la panique au village. Panique chez les musulmans, qu ont peur d’être la cible de violences. Panique chez les catholiques, qui ont peur d’une guerre de religion. Panique chez les politiques, qui savent déjà que la réponse sécuritaire a atteint ses limites.

 

Et puis pourquoi réformer l’islam ? On nous répète depuis des mois que les attentats sont commis par des déséquilibrés. Si cela était vrai, ce n’est pas l’islam qu’il faudrait réformer,  mais les hôpitaux psychiatriques qui n’ont pas détecté ces tueurs fous et ne leur ont pas donné les bons traitements. Bizarrement, quinze jours après, plus personne ne parle de ces histoires de déséquilibrés. Quinze jours après, tout le monde ne parle que de l’islam.

 

Si quelqu’un sait comment on réforme une religion, si possible en trois semaines juste avant la rentrée des classes, ça nous dépannerait. Comme les cancres qui glandent toute l’année au lieu de bosser et pensent rattraper leur retard une semaine avant les examens, c’est seulement maintenant qu’on admet l’existence de tensions entre l’islam et notre démocratie : de plus en plus d’intégriste, de plus en plus de voiles, de plus en plus de barbus, de plus en plus de mosquées qui sentent le soufre. On a voulu nus enfumer en prétendant que les attentats étaient un problème psychiatrique. De la même façon, on avait déjà voulu nous enfumer en affirmant que le problème avec l’islam, ce n’était pas l’islam, mais la laïcité. Il y a des intellos, si on peut encore les appeler ainsi, qui persistent à dire que c’est la laïcité qu’il faut réformer. Toutes les manœuvres auront été tentées par ces escrocs de l’islamophobie, comme les appelait Charb, pour épargner à l’islam d’être critiqué et aux musulmans de s’interroger sur leur religion.

 

Car on n’est pas dispensé de se poser des questions sur sa foi lorsqu’on est croyant. Bien au contraire. Les catholiques l’ont bien fait avec Vatican II, ça n’a pas fait d’eux de mauvais catholiques. Les musulmans en feraient autant, ça ne ferait pas d’eux de mauvais musulmans. Interpeller l’islam et les musulmans, ce n’est pas de la stigmatisation, c’est bien le minimum quand on veut porter sur la place publique des questions qui concernent tout le monde.

 

Dans une petite ville de banlieue où je faisais un reportage, on m’expliqua dans quelles conditions la nouvelle mosquée avait été construite. Le site avait été choisi par les autorités musulmanes locales, et elles avaient tenu à ce qu’elle soit située juste à côté de la gare ferroviaire. Curieux endroit pour une mosquée. Mon interlocuteur m’expliqua que cela permettait d’observer quels musulmans de retour du travail rentraient directement chez eux sans passer par la mosquée. Avec leur lieu de culte à cinquante mètres de la gare, ils n’avaient plus d’excuse pour ne pas s’y rendre. Les élus locaux ne furent pas choqués par cette exigence et l’acceptèrent sans brocher.

 

Réformer l’islam consisterait d’abord à réformer les élus locaux. Ils ont cru que les musulmans, c’était comme les agriculteurs ou les chasseurs. Qu’il suffisait d’être copains avec eux et de satisfaire à leurs revendications pour obtenir leurs voix aux prochaines élections. Et comme ces élus ne connaissent rien à l’islam, ils ont écouté le baratin des musulmans les plus militants, c’est-à-dire les moins progressistes, convaincus que ce serait bon pour leur réélection et pour la paix sociale. Résultat : la France est au bord de la guerre civile.

 

La braderie de Lille, une manifestation qui datait du Moyen Age et n’avait été interrompue que par l’occupation nazie, vient d’être annulée par peur d’attentats islamistes. Une fête laïque en moins. Alors qu’un prêtre a été assassiné, qui osera, à l’inverse, annuler pour des raisons de sécurité une manifestation religieuse comme les processions du 15 août ? De même, qui osera interdire pour des raisons de sécurité le Salon musulman ou la Foire musulmane qui ont lieu chaque année ?

 

Comment réformer l’islam ? Quand on voit la vitesse à laquelle les laïcs ont déjà réformé leur mode de vie en s’adaptant à la terreur intégriste alors que les musulmans n’ont pas commencé le moindre travail sur eux-mêmes, on se dit que l question est peut-être déjà caduque.

Commentaires : 1

  1. Dîtes tout ce que vous voulez, liberté d’expression oblige, mais arrêtez le dessin par contre, pitié.
    Parce que d’abord vous n’avez aucun humour (chacun jugera…) et ensuite parce que vos dessins non seulement choquent mais désinforment. En plus.
    Si au moins ils informaient… Mais même pas.
    Et ensuite parce que le dessin ça parle (ou ça ment, ça enfume, ça désinforme plutôt (s’agissant de vous en tous cas)) beaucoup…
    SURTOUT aux cons.
    Lesquels resteraient sur la touche du débat social philosophique sans cela.
    Tandis que là, pour la première fois de leur vie probablement, ils se « forgent » une opinion et se font mission de la répandre (ou l’épandre plutôt)… grâce » à vos dessins, tout mâchés, livrés tout cuits dans le bec (de la (tête de) linotte au-dessus), ya plus quà gober et rechier sans trier (ni digérer) (tiens, voilà que je fais dans le Charlie Hebdo, j’espère que je suis pas en train de devenir comme vous en écrivant ici ? par con-tagion); …de toute réflexion et esprit critique s’abstenir

    là, votre boudin, déjà tout mâché, tout crû dans le bec, c’est une aubains pour les cons pour participer au débat social auquel ils ne comprennent rien d’habitude. Et pourquoi pas ? Ils ont aussi le droit au débat ! Mais dommage qu’ils débutent sur des bases aussi pourries, mensongèes, tendancieuses, et alors qu’ils n’étaient déjà pas en avance à la base.

    Quand vous écrivez, vous n’êtes pas si mauvais par contre. Totalement tendancieux toujours, mais pas si mauvais que ça, niveau dissertation et esprit critique !!! Ca tient la route quoi !

    Mais arrêtez le dessin par contre, pitié pour l’humanité.

    D’ailleurs, le dessin EN GENERAL (même partout ailleurs que chez vous), c’est un peu malhonnête. Déjà l’illustration, la photo, le film (et l’écriture elle-même aussi (sinon malhonnête, maladroite bien souvent en tous cas celle-ci) sont un peu malhonnêtes. Mais le dessin de caricature, lui, c’est le sommet du (risque en tous cas) de malhonnêteté.

    (Je sais pas si vous comprenez… enfin … Ou si je dois vous faire un dessin ?). Bjr M.

Commentaires fermés