LE SABRE, LES BABOUCHES ET LE GOUPILLON

de gaulle visuel2(PAR VINGTRAS)

 

Dans un billet intitulé "Colombey-les-deux-mosquées", j'avais le 7 janvier 2015, analysé le "syndrome Charles Martel" qui ne cesse d'affleurer dans notre société et que déclare vouloir combattre Manuel Valls ...en changeant le Coran.

Dans les soubresauts des derniers attentats attribués à Daech, une vague oecuménique vient de se manifester dans les lieux de culte, mêlant indistinctement catholiques, musulmans, israélites et politiciens de tout poil. Comme si, brusquement, toutes les barrières des croyances et des cultures avaient disparu dans un happening spirituel, une sorte de communion citoyenne de la convivialité obligée.

Sans vouloir minimiser la sincérité de cette réaction collective qui prouve, en tout cas, que la société française n'est pas vraiment fracturée, je suis bien obligé de constater qu'il y a un grave malentendu entre ceux qui subissent le terrorisme et ceux qui sont censés les en protéger.

En effet, que signifient ces projets funambulesques de "garde nationale" et de "changer le Coran" que brandissent avec ostentation le Président et son Premier Ministre ?

Que signifient ces propositions aussi kafkaïennes qu'absurdes des bonnes âmes du clan sarkozyste ?

Nous avons la chance de vivre dans un pays qui a cru bon de séparer la religion du pouvoir politique : d'abord la Convention, le 18 septembre 1794, puis le 21 février 1795. Puis, la Commune de Paris, qui décrétait le 2 avril 1871 :

"Considérant que le premier des principes de la République française est la liberté ; / Considérant que la liberté de conscience est la première des libertés ; / Considérant que le budget des cultes est contraire au principe, puisqu'il impose les citoyens contre leur propre foi ; / Considérant, en fait, que le clergé a été le complice des crimes de la monarchie contre la liberté

Décrète : Art. 1 - L'église est séparée de l'Etat.

Art. 2 - Le budget des cultes est supprimé.

                Art. 3 - Les biens dits de mainmorte, appartenant aux congrégations religieuses, meubles ou immeubles, sont déclarés propriétés                              nationales."

Mais il faudra attendre le 9 décembre 1905 pour qu'un projet de loi, rapporté par Aristide Briand, institue enfin cette séparation.  

La fable de politique-fiction imaginée par Michel Houellebecq, aurait dû nous ouvrir les yeux. Et la boutade du général de Gaulle pourrait bien être prémonitoire...

Commentaires : 1

  1. Cause toujours, citoyen, tu m’intéresses! Quand un Président de la République, saint Nicolas S. , accepte d’être sacré chanoine de Latran, participe à des processions catholiques et y multiplie les signes de croix bons pour
    sa réélection, je m’interroge sur ce qu’est devenue la Laïcité de 1905 ! Faudra-t-il une nouvelle Révolution à
    la française pour venir à bout des reniements des gens de la grande politicaille? C’est vu depuis la Suisse. Salut.

Commentaires fermés