La folie des grandeurs (1)

folie-des-grandeurs1Il est certain que nos besoins en énergie sont colossaux et que, d’une manière ou d’une autre, ils devront être comblés pour répondre à la sacro-sainte idéologie de la croissance. Même si faire croire au bon peuple que la production infinie de biens dans un monde aux ressources limitées reste le jeu préféré des mondes politiques, économiques et financiers, il faut admettre que les discours des partisans du nucléaire va encore bien plus loin dans l’irrationalisme le plus dangereux.

 

Mettons en perspective quelques chiffres qui, par l’assentiment reçu d’une grande partie de la communauté scientifique, peuvent permettre de penser un peu à ce que nous sacrifions sur l’autel de l’énergie à tout prix.

 

Il y a 14 milliards d’année naissait l’univers dans lequel nous vivons. Quelque 10 milliards d’années plus tard, soit il y a 4 milliards d’année, les premiers minéraux apparurent sur notre planète, témoignant de la possibilité de vie sur terre.

 

Homo Erectus – ne parlons pas encore d’Homo sapiens sapiens – quitte l’Afrique entre 1,8 et 0.3 millions d’années.

 

Cette évolution lente et graduelle, du premier protozoaire aux êtres humains que nous sommes aujourd’hui aura pris 4 milliards d’années, ni plus, ni moins.

 

Il semble donc que donner la vie soit un processus qui requiert quelque temps et pas mal de patience ainsi que beaucoup d’audace et un brin de prudence.

 

Aujourd’hui, les politiques, les lobbyistes et un nombre incalculable d’affreux menteurs osent nous dire que l’énergie nucléaire est la solution, la clé de voute d’un approvisionnement énergétique sûr et peu onéreux. Repenchons-nous – sans tomber toutefois – sur quelques chiffres en regard de ceux cités plus haut :

 

De nombreux éléments inexistants dans la nature et problématiques à la vie sont rejetés lors de la fission nucléaire. L’uranium 238, isotope persistant produit par nos centrales nucléaires, met 4.47 milliards d’année à atteindre sa demi-vie, soit autant de temps qu’aux atomes de l’univers pour accoucher de l’homme moderne.

 

Rassurez-vous, les autres éléments hautement radioactifs mettent beaucoup moins de temps à atteindre le stade d’une relative innocuité :

  • Uranium 235, 700 millions d’années pour atteindre sa demi-vie : en même temps sur terre, les organismes monocellulaires s’unissaient pour former les premiers organismes complexes.
  • Iode 129, 15.7 millions d’années : pendant ce temps-là sur la planète bleue, les hominidés divergèrent des gibbons.
  • Plutonium 239, 24'100 ans : l’homme de Neandertal disparaissait de la surface de la terre.
  • Carbone C14, 5'730 ans : les peuples d’Amérique du Sud et de Guyane découvrent la céramique.

 

Or, voilà que de fieffés coquins nous disent aujourd’hui que l’énergie nucléaire est propre, verte, quasi gratuite et vraiment sûre. Mais que ne disent-ils pas ?

 

  • Qu’aucun centre de stockage de ces déchets radioactifs n’existe dans le monde et que personne n’en veut sur son territoire.
  • Que la recherche d’une formation géologique à même de protéger ces isotopes coûte des milliards pour un résultat zéro à ce jour.
  • Que le coût de démantèlement, de retraitement et de stockage des déchets nucléaires n’est pas compris dans le prix de l’électricité que nous payons.
  • Que les exploitants de centrales nucléaires sont sous-assurés en cas d’accident nucléaire.
  • Que plus de 270'000 tonnes de déchets nucléaires sont temporairement stockés par les pays émetteurs, dont 1450 tonnes pour la petite Suisse.
  • Que d’ici 13'000 ans les futs qui contiennent les déchets radioactifs seront rongés par la rouille.
  • Que, dès 1981, un groupe de recherche sur la sémiotique nucléaire a été mis sur pied pour trouver une manière d’indiquer les déchets nucléaires comme dangereux à nos descendants, sachant qu’une langue a une vie d’environ 10'000 ans. Ce groupe de recherche est aujourd’hui si désespéré par la catastrophe qui attend les humains de demain qu’il a proposé la création d’un « clergé du nucléaire » (dédicace à Narcisse Praz 🙂 dont la tâche serait de transmettre, à travers les âges, les avertissements concernant nos déchets.

 

Le cadre étant posé, des solutions seront développées dans un prochain article.

 

Bonjour chez vous : https://www.sortie-programmee-nucleaire.ch/fr/

 

Sources :

Greenpeace magazine 2016, n°3.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Demi-vie

https://hal-unilim.archives-ouvertes.fr/hal-00944582

 

Image :

https://it.wikipedia.org/wiki/File:Folie-des-Grandeurs1.jpg

Commentaires : 3

  1. Oui le nucléaire est dangereux, mais ce n’est pas une raison de nous refourguer les plus grandes et polluantes éoliennes du marché jusqu’au Grand St-Bernard. (Petite pensée à Christophe Darbellay) Ce n’est pas une raison de nous imposer ces aberrations écologiques liées au marché UE/US: smart-meters, LHT (lignes à très hautes tensions), pompage-turbinage (ex : Nant de Dranse).

  2. Je suis beaucoup plus optimiste que Mme Darbellay pour notre bonne vieille terre. Il n’y a pas de solution. Homo sapiens sapiens ou Homo modernus va disparaître de la surface de la terre. Cette disparition sera lente et graduelle. Le bon peuple, les politiques, les lobbyistes, les menteurs, les vériteurs, les pro nucléaire, les anti nucléaire, les chrétiens, les musulmans, les rastaquouères ,..les procureurs également, nous disparaîtrons tous, sans exception. Plus de croissance, ni de décroissance. Nous irons tous au paradis, peu importe lequel, et nos besoins en énergie seront nuls. C’est ti pas beau. Ceci n’est qu’une question de temps. « Avec le temps va, tout s’en va… » .

  3. Nous allons voter sur le nucléaire afin que nos centrales soient débranchées et remplacées par des énergies renouvelables. On pourrait imaginer que le Valais hydroélectrique y ait tout avantage . On aurait pu imaginer que le gouvernement valaisan encourage cette initiative et le fasse savoir, tout comme le gouvernement grison. Hélas non! Ce qui confirme ce que l’on savait déjà : notre conseil d’état a bien une queue mais il n’a décidément pas de c……

Commentaires fermés