DEUXIEME TOUR

telechargement(PAR YVES GAUDIN)

 

Ainsi a eu lieu ce week-end, le deuxième tour. Un deuxième tour très attendu. Des semaines que des journaux en parlent, que des blogs en font mention, que des coups bas, des coups vicieux et des vices de forme parfois sont portés. La « revanche », ou le « status quo », la « victoire » ou la « défaite », la « stratégie » ou la « tactique », sont des mots qui reviennent comme autant d’obsessions. Des semaines que tous se préparent. Des équipes de campagne. Des porte-paroles. Même des mentalistes aussi, sûrement, pourquoi pas. Et puis des candidats. Les sortants et les challengers. Ils ont leur affiche un peu partout. A la gare comme au supermarché. On les entend à la radio. On les voit à la télévision. Tantôt menaçants, tantôt rassurants. Chacun promet la victoire. Et tant pis pour les déçus. Avec bravoure, panache, avec obstination, avec des coups d’avance et des surprises à l’occasion, avec des attaques au centre et quelques pertes sur les ailes, avec une extrême-droite toujours aussi hors-jeu, à croire qu’on ne s’unit plus pour des idées mais contre des ennemis, avec une Reine ici, acculée mais qui sort tout de même gagnante, avec un Roi là-haut, pourtant au sommet de son art, mais qui ne peut que regarder passer le train.

Ainsi a eu lieu ce week-end, le deuxième tour. Un deuxième tour très attendu. Le bloc de l’Est contre celui de l’Ouest. Retour à un temps pas si lointain où le rideau de fer faisait office de frontière. Pour l’heure, tout cela n’a donné que deux nulles. Balle au centre. Avantage personne. Dans dix minutes, à 20h ce lundi soir 14 novembre, ce sera le troisième tour d’un match prévu normalement en 12 parties. Le champion du monde Magnus Carlsen devrait donner la leçon à son adversaire, le russe Sergey Karjakin. A moins que…

Les échecs comme la politique sont bien deux domaines où bien souvent le but importe plus que le chemin.