ESSAYONS DE NE PAS AFFAIBLIR L’ENSEIGNEMENT MUSICAL

enseignement_des_arts_01Ecoles de musique - révision de la loi sur la promotion de la culture :

Soutenir l’enseignement musical au lieu de l’affaiblir svp !

 

Un encouragement de la formation musicale n'est pas compatible avec une diminution des moyens pour les écoles de musique.

Les associations représentant les professeurs des écoles de musique sont favorables à un maintien à 40% de la participation financière de l'Etat. Elles demandent que les subventions des cours destinés aux adultes ne soient pas supprimées.

 

 

Les associations de professeurs de musique des écoles reconnues sont soulagées par l’amendement proposé par la Commission de l’éducation, de la formation, de la culture et des sports du Grand Conseil qui refuse la diminution de 40% à 20% de la participation financière de l’Etat aux écoles de musique reconnues.

 

Cette économie de 1,3 million s'appuie en effet sur une comparaison biaisée: l’institut BAK Basel ayant tenu compte des frais engendrés dans le département de la culture des différents cantons  alors que la plupart des cantons classent la formation musicale dans le département  de  la  formation (!). Comme le demande le rapport de la commission: «ayant connaissance du biais de calcul, pourquoi l’économie de 1,3 million revient-elle dans la discussion?».

 

Il nous semble d’autre part pour le moins paradoxal de vouloir réformer un secteur avec des objectifs ambitieux – comme celui d’encourager la formation musicale pour respecter l'article 67a de la Constitution fédérale adopté en 2012 ou celui de stimuler le développement des écoles – non seulement sans investir mais en diminuant le soutien financier de l’Etat et en augmentatant les frais (écolages) à la charge des familles.

 

Le passage à un financement basé sur les unités de cours est un changement positif. C'est une condition indispensable pour que les subventions soient adaptées aux besoins des écoles.

 

Nous regrettons cependant les changements prévus au niveau des limites d'âge qui risquent d'entraîner l’inaccessibilité à la formation musicale pour une catégorie d’adultes.

En effet, malgré les 75% de personnes et organismes consultés qui s’y opposent, le projet de loi prévoit de réserver le financement aux « jeunes élèves », soit ceux âgés de moins de 18 ans (25 ans pour les étudiants et les apprentis). A notre avis, l’âge ne doit pas être un obstacle à l’accès à une formation musicale de qualité. Cette dernière a en effet une influence bénéfique non seulement  pour les enfants et adolescents, mais également pour les personnes plus âgées (influence sur le plan cognitif et social ainsi que sur celui du maintien des facultés psychomotrices). Une formation musicale de qualité accessible aussi aux adultes est également bénéfique aux sociétés locales valaisannes (comme les chœurs et les fanfares).

Nous sommes donc favorables à un soutien massif et systématique pour les jeunes jusqu’à 25 ans et à un soutien proportionnel à la capacité contributive des élèves dès 26 ans.

 

Pour améliorer la qualité de la formation musicale, les professeurs ont besoin d’une reconnaissance de leur statut ainsi que des conditions de travail décentes. En effet, la précarité - souvent méconnue - qui touche les professeurs de ces écoles ne concerne pas seulement les salaires (qui sont particulièrement bas au regard de leur niveau de formation) mais aussi l’instabilité de l’emploi. Il n’existe par exemple aucune garantie du nombre d’heures de travail d’une année à l’autre.

En outre, selon une enquête qui vient d’être réalisée en collaboration entre le Syndicat des services publics et les associations de professeurs, 52% des enseignants disent avoir peur pour leur futur ou vivre des moments d’inquiétude

 

Les écoles de musique reconnues jouent un rôle prépondérant dans le riche terreau musical valaisan et cela pour tous les genres musicaux. Pour la qualité de la formation et dans l’intérêt des élèves, il est temps de garantir un financement suffisant pour les écoles de musique et des conditions de travail décentes pour les enseignants !

 

Commentaires : 1

  1. Au siècle des avancées technologiques (qui ne nous font pas toujours avancer d’ailleurs….), du virtuel à profusion (bonjour l’indigestion), du zapping et du « tout » tout de suite, l’enseignement de la musique, du théâtre et de la danse pourrait être le dernier refuge pour cultiver quelques valeurs avant qu’elles ne finissent aux oubliettes:
    la patience, la méthode, l’effort sur la durée, la concentration et j’en passe.
    Sec et bien peu sexy semble-t-il. Effectivement, l’apprentissage d’un art n’est pas un joyeux défoulement au quotidien ! Mais bien un plaisir immense quand on touche au but ! Chaque élève pourra vous dire son exaltation d’avoir vaincu les fausses notes, le rythme hésitant, le trou de mémoire ! L’immense satisfaction d’avoir surmonté tous les obstacles et d’avoir grandi au contact d’une œuvre choisie et aimée de lui !
    Et si l’argent n’était pas le seul nerf de la guerre ?
    Et si la vision de nos chères têtes blondes développant leur imagination, leur créativité, leur discipline ainsi que leur ténacité pesait plus que quelques dollars dans la balance ?
    On pourrait alors presque croire au bon sens d’un parlement !
    Un parlement qui accorderait une place à l’humain et à son développement !
    L’humain au centre, presque une révolution………..
    En tous les cas, une belle idée !

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