CHERE ECOLE VALAISANNE

Chère école valaisanne,

Je t'écris ces quelques lignes pour te parler de fatigues accumulées.

De celle d'enfants renonçant à toute activité extrascolaire et parfois même à quelques heures de sommeil car celles-ci sont incompatibles avec leurs devoirs.

De celle d'enfants qui se font irradier la colonne vertébrale tous les 6 mois en raison d'une scoliose naissante avant de remettre sur leur dos un sac pesant plus du tiers de leur poids.

De celle de situations qui pourrissent dans les files d'attente du guichet unique du CDTEA, les rendant petit à petit irrécupérables.

De celle d'inégalités qui se creusent entre les familles qui disposent de temps et de moyens pour accompagner leurs enfants et palier aux défaillances du système et à la disparition progressive de toute aide ou prise en charge à ceux qui en auraient besoin, et des autres, nombreuses.

De celle de parents non entendus qui tentent de collaborer mais à qui on refuse des entretiens.

De celle de ceux qui inlassablement, année après année, reprennent à chaque rentrée le même combat en perdant à chaque fois la moitié de l'année scolaire pour être vaguement entendus. Dans le meilleur des cas.

De celle de constater en 2016 qu'une enseignante de 3H ou 4H peut affirmer sans le moindre malaise ne rien y connaitre en dyslexie, et qu'une autre peut demander en toute bonne fois avec quelle pilule magique on soigne un TDA. Avant de répondre une fois l'information fournie "mais la Ritaline c'est pour les hyperactifs !"

De celle d'enseignants qui ne serait peut-être pas notre problème si elle ne rejaillissait pas sur leurs élèves.

De celle de constater qu'un système hyper sélectif peut désormais barrer l'accès aux études à un élève maladroit en sport, en travaux manuels ou peu inspiré en cours de religion. Ou alors vivant simplement une baisse de régime dans une branche principale, une seule.

De celle d'avoir la sensation de se trouver face à une créature sourde et d'une lenteur proche de l'inertie, la faute au manque d'argent dit-on.

Chère école valaisanne, quand je parle de toi avec des parents d'ailleurs, on me demande si je ne devrais pas quitter ce canton pour te fuir. Il y a peu je défendais encore ta qualité. Mais aujourd'hui je suis lasse de te défendre et perds petit à petit la foi.

Et toi, chère école valaisanne, l'as-tu encore ?

Commentaires : 10

  1. – Scoliose: ne mettre dans le sac QUE ce qui est utile, ou cartable à roulettes.
    – Accompagnement, il faut parfois (et je ne me permettrai pas de dire que c’est votre cas) ne pas confondre accompagnement et couvade : une des tâches de l’école, c’est aussi l’enseignement de l’autonomie.
    – Aide et prise en charge : n’y a-t-il pas ici quiproquo ? Est-ce la famille qui doit palier au manque de prise en charge ou les prises en charge qui doivent palier aux manques familiaux ? Je vous l’accorde, à notre époque, il est parfois difficile de concilier 2 parents qui doivent travailler et tâches ménagères…. mais est-ce à l’école qui doit y pallier ?
    – Refus d’entretien : inadmissible ! je ne pense pas qu’un responsable de centre tolérerait cela de la part d’un de ses enseignants… et si tel est le cas, il y a toujours la Direction… et si cette même direction refuse, n’y a-t-il pas un problème sur la forme de la communication de part et d’autre ? Il me semble que, sur Sion en tout cas, la Direction est peut-être parfois rigide…. mais juste.
    – Note éliminative: de quel niveau parlez-vous ? Le CO ? Pour faire un 1.4 en gym ou en bricolage, il faut vraiment y mettre du sien…
    – Migration vers un autre Canton: êtes-vous certaine que l’herbe est plus verte ailleurs ?

    Bon courage quand même à vous !

    • – Un cartable à roulettes ça pèse dans les escaliers aussi… quant au matériel utile eh bien………………
      – Accompagnements, prises en charge… je ne parle pas du suivi normal des devoirs par exemple, mais de choses comme la prise en compte de troubles de l’apprentissage.
      – Lisez le règlement du CO…
      – Plus verte je ne sais pas mais ce qui fait le plus hurler les gens c’est ce qui concerne la logopédie…

      • Madame Erard,

        Il me semble qu’entre survivalisme, hyper-selectisme et notre système actuel, il convient de faire la part des choses… Une sélection se fait de toute manière, à un niveau ou à un autre.

        Notre système dual permet, me semble-t-il, de palier à une partie des problèmes.
        D’autre part, nos CO offrent justement quantité de possibilité de soutien… dont les ressources ne sont effectivement pas forcément infinies…

        En ce qui concerne le règlement, parlez-vous de l’art. 34 (Notes excluant la promotion) ? Que donnerait, selon vous, l’abrogation de cet article ?

        Ne vaut-il pas mieux détecter au plus tôt des capacités particulières pour diriger un enfant/adolescent vers une voie où il aura plus de succès plutôt que de repousser la « sélection » à « trop tard » ?

        • Notre système est plus que dual puisqu’il exige aujourd’hui des niveaux 1 dans toutes les branches principales pour aller au collège. J’imagine que vous avez vécu comme moi l’époque des cycles A et B, qui permettait par exemple d’être moyen en allemand tout en poursuivant sa route et de se « réveiller » plus tard.

          Quant à la détection des capacités particulières… elle devrait aussi permettre de ne pas commettre d' »erreur de casting ». A ce sujet, je vous invite à lire l’1dex Mag !

          • Le dual, c’est justement la possibilité de rejoindre des formations supérieures sans nécessairement passer par la maturité gymnasiale, justement pour ceux qui se « réveilleraient » plus tard (selon votre verbage).
            Si un jeune ne remplit pas les critères en 11CO, il est quasi certain qu’il ne remplira pas ceux des années collèges… et qu’il va au devant d’échecs douloureux…
            Pourquoi donc lui infliger ce chemin de croix humiliant quant il pourrait se réaliser su d’autres voies et rejoindre plus tard une éventuelle maturité professionnelle, et plus si entente ?

  2. Et si les parents s’occupaient un brin de leurs enfants au lieu de les larguer à l’école et d’attendre une hypothétique substitution ? L’éducation passe en premier par la case maison … Ils y en a qui y arrivent très bien. Les défaillances du système ne sont pas où l’on pense ! Pour ce qui est de la scoliose il faut simplement lui acheter un sac à roulette !

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