Pour une nouvelle « affiche rouge »…

(PAR VINGTRAS)

 

Il y a 146 ans, les murs de Paris étaient recouverts d'une affiche imprimée sur fond rouge qui appelait la population à se révolter contre un pouvoir dit "républicain" qui non seulement était incapable de gérer la pénurie consécutive au siège de la ville par l'armée prussienne, mais encore et surtout contre un pouvoir qui l'avait trahie : cf l'admirable trilogie d'Henri Guillemin sur la Commune.

Dans un article publié par Le Cri du Peuple le 7 janvier 1884, Jules Vallès se souvenait avec émotion de cette nuit où il avait rédigé avec ses camarades Tridon, Vaillant et Leverdays, le texte de cette affiche qui annonçait la prochaine émergence de la Commune, fruit de l'union des classes défavorisées.

En voici un extrait dont l'actualité ne vous échappera sans doute pas, car si nous ne sommes plus aux prises avec l'envahisseur, nous sommes toujours les otages du néolibéralisme et des forces politiques qui lui permettent d'exercer ses ravages...

"Il est des époques où personne ne tient dans sa main la foudre et ne peut à volonté la lancer ou l'éteindre, où les gouvernants ne sauraient à leur gré vendre une cité et trahir un pays. Si le ciel parait être pour eux, il y a, dans les profondeurs de la foule, Caton qui est contre. Ce Caton-là, c'est la conscience d'un peuple qui tout bas se révolte et gronde. Quelques hommes, les premiers venus, se cherchent, se trouvent, se serrent dans un même sentiment de douleur et un même espoir de rébellion.

Pour un qui est connu, il y en a trente qui ne le sont pas. Ce sont ces inconnus, ceux qui n'ont pas de nom et point de passé, qui ne doivent qu'à leur conviction, à leur instinctive éloquence d'être devenus chefs de groupes, chefs sans galons et sans épaulettes - ce sont ceux-là qui apportent toute chaude, et saine comme une miche sortant du four, la pensée publique. L'héroïsme a du pain sur la planche, dès que ces obscurs ont décrété qu'il fallait mourir plutôt que de capituler."

Aujourd'hui où fort heureusement la situation n'est pas aussi dramatique, mais où elle reste néanmoins préoccupante avec les turpitudes d'une république bourgeoise qui ne sait plus à quel saint se vouer, où les forces ultra- réactionnaires vont bientôt reprendre les rènes, "la France insoumise" multiplie les "affiches rouges" afin d'alerter la population pour qu'elle réalise l'union de tous contre le tsunami.

L'affiche rouge de 1871 se terminait ainsi : "Place au peuple ! Place à la Commune !"

NB/ Les diverses interventions au Colloque Henri Guillemin et la Commune du 19 novembre dernier à Censier, sont sur le site :

www.henriguillemin.org