VALAIS INSTITUTIONS. LA BOUCHERIE JUDICIAIRE

L'ambiance de travail, les méthodes d'activité et l'organisation administrative au ministère public sont telles qu'une procureure, d'origine valaisanne, a décidé de prendre la poudre d'escampette et de postuler (notamment ?) dans le canton de Genève.

 

On dira dans les hauts lieux de la magistrature que les choix individuels sont à respecter et qu'il faut simplement en prendre acte. Pas de risque que quiconque veuille déterminer les vraies raisons du choix. Tout le monde s'en moque. Et puis on dénichera très vite un remplaçant que l'on accueillera avec chaleur avant de le conduire peut-être plus tard à une démission supplémentaire.

 

Qui se soucie réellement du fonctionnement, de l'organisation, des méthodes de travail et de la gestion des ressources humaines à la Rue des Vergers ? Que voilà une question subversive !

En Valais, ailleurs certainement aussi, lorsqu'une question dérangeante est posée à l'institution, on s'empresse d'oublier l'interrogation, au mieux on se démène pour la classer dans l'armoire aux dénis.

 

Et la vie continuera, comme si de rien n'était, on s'escrimera même parfois à perdre la clef du cadenas de l'objet mobilier abritant les classeurs reportant les questions névralgiques.

 

Les plus inertes de la capsule haute du corps penseront qu'il faut savoir rigidifier les processus et renvoyer à leurs études les rares naïfs qui songeraient à des améliorations.

 

L'appareil survit par le saucissonnage des cas et des situations. Comment ? En fait, la révélation d'un dysfonctionnement majeur, comme celui de l'affaire Giroud ou de l'affaire des caisses de retraite, ou encore de tous ces litiges dans lesquels est survenue la prescription, ne sont vus par les citoyens que comme des situations malheureuses exceptionnelles ne reflétant pas la qualité de la justice. Lorsque un juge tarde pendant des années à se prononcer sur la demande d'un justiciable, tous les autres regrettent un peu cette misérable lenteur, mais se disent que ce n'est pas bien grave et que cela ne se reproduira pas. La raison, lorsqu'elle s'inscrit dans le champ judiciaire, fait fi de la répétition des anomalies, oublie allègrement la récurrence de l'arbitraire et considère avec une tendre bienveillance cette institution.

 

En gros, le citoyen honnête se dit : "cela ne m'arrivera pas, je ne serai pas lésé par les actes de la magistrature, je n'aurai pas à payer pour des erreurs judiciaires, je peux donc dormir tranquille sur mes deux oreilles".

 

C'est très exactement ce discours qui disculpe par avance tous les magistrats de toutes les fautes possibles et imaginables. La responsabilité du juge n'est qu'une fiction, comme l'est souvent la présomption d'innocence. La règle, c'est l'irresponsabilité du juge, donc l'impossibilité de mettre en doute ses actes; la règle, c'est la suspicion pénale érigée en dogme dès l'instant où un prévenu pénètre dans le prétoire.

 

Mais tout ça n'est pas bien grave, puisqu'il ne s'agit que d'un petit bout du saucisson.

 

Mais qui donc a goûté le reste de l'aliment ?

 

Peut-on imaginer une choucroute servie dont la pourriture n'affecterait qu'un tout petit bout du saucisson ou du lard servis ou n'y aurait-il pas un risque certain de contamination de l'ensemble du plat ?

 

Bonjour à tous les amateurs de boucherie judiciaire !

 

 

Post Scriptum I : j'espère que CC aura pensé à inviter le procureur général à sa prochaine choucroute et quelques autres magistrats qui ont contribué un peu à ce qu'il devienne si grand ?

 

Post Scriptum II : pour un approfondissement valaisan de la chose, n'hésitez pas à acheter "Fistules et mérules", livre numérique par à L'1Dex

Commentaires : 3

  1. Est-ce vraiment l’ambiance de travail? Il y a l’article du 30.11.16 (L’avocat penaliste genevois et le procureur fantôme) qui me fait douter. Sans compter un dossier en cours.
    Si c’est bien la même je serai plutôt tenté de dire que quand on fait à moitié son travail et que la moitié qu’on a fait est vraiment mauvais, on a beau aller n’importe où, le résultat sera toujours négatif.

  2. Aie plus de 5 à 7? La testostérone va baisser au MP. Pour peu que le médecin légiste s’en aille, les mâles vont déprimer:))

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