VIOL AVEC CONSCIENCE ET VOLONTE

(PAR GREGOIRE REY [AVOCAT])

 

Cet homme qui a subrepticement retiré son préservatif sans en avertir sa partenaire aura décidément fait couler beaucoup… d’encre.

 

Sa condamnation pour viol fait écho aux revendications d’un certain féminisme manifestement très présent dans la population. Dans le même temps, elle choque la quasi-totalité des hommes, et surtout des hommes de loi : les juges semblent avoir oublié que l’art.190 du code pénal considère le viol non seulement comme un des crimes les plus graves, mais surtout comme une « infraction intentionnelle » : c’est dire que le « violeur » (!) doit avoir eu la conscience et la volonté d’avoir imposé un acte sexuel sous la contrainte.

 

Qu’on ne s’y trompe pas : on vient de briser la vie d’un homme – à tout jamais – en lui imposant des années de prison ferme (rappelons-nous du scandale récent de ces condamnations pour viol avec sursis) pour une histoire pareille.

 

Car on ne voit guère comment cet homme pouvait identifier, le cas échéant entre le troisième et le quatrième orgasme de sa partenaire, un rejet si violent de tout acte sans préservatif qu’elle ne pourrait que se sentir le lendemain immanquablement victime de viol. Avec effet rétroactif. L’avoir su (conscience) et souhaité (volonté), même seulement en l’envisageant.

 

Ça ressemble à une erreur judiciaire de première instance. Mais c’est avant tout une erreur pour les victimes de viol elles-mêmes : il suffit d’imaginer la séance de thérapie de groupe où, après le récit de femmes violées à la façon des films "Les Accusés", "Orange mécanique" ou "Irréversible", arrive le tour de cette demoiselle en talons aiguilles qui explique se considérer "victime de viol comme toutes les autres" parce qu'un préservatif a été enlevé à son insu.

 

C’est galvauder le viol et la condition de victime. Et c’est une perspective de justice qui augure des jours sombres :

 

Journal des tribunaux, janvier 2018, Lausannerie :

« Une femme outrée est parvenue à faire condamner pour viol un jeune homme qui l’avait séduite grâce à sa « belle crinière de lion » : elle s’est rendu compte au petit déjeuner qu’il portait une moumoute ! »

 

Journal des tribunaux, janvier 2028, Vaudoisie :

« Un homme est condamné pour "viol par négligence" pour avoir acheté sa capote en solde chez Aldi : elle a évidemment sauté pendant le rapport. Il aurait dû et pu s’en douter ! »

 

Journal des tribunaux, janvier 2038, code pénal suisse nouvelle mouture :

« L’homme qui aura commis l’acte sexuel sur une femme sans l’épouser et sans lui garantir un bonheur immaculé jusqu’à la fin de ses jours (à elle) sera passible de castration par hache et billot. Est considérée comme violation de l’obligation de bonheur immaculé toute liberté prise par un homme à l’égard d’instructions donnée par son épouse sur le déroulement de chaque acte sexuel. Des instructions orales, et même non exprimées, suffisent. »

 

Journal des tribunaux, janvier 2038, publicité de pleine page :

« Femmes vaudoises paisibles et non procédurières cherchent désespérément hommes en vue d’un acte sexuel, même furtif. Un engagement écrit sera pris avant rapport de ne pas déposer plainte. Abus extrêmes à éviter. Si possible… »

 

Note du dernier greffier survivant en marge de cette parution :

« Annonce urgente ! Tribunaux fermés par absence de relève. »

Commentaires : 11

  1. Votre article est indécent, indigne d’un homme de loi.
    On y flaire le « macho », le misogyne insatisfait à chaque ligne.

    • C’est vrai qu’à me relire, je suis dur avec ce genre de femmes.
      Si celle-ci représente ce que toutes les femmes pensent, alors oui: je suis devenu misogyne.
      Celles que je fréquente et que j’admire sont bien loin du portrait de cette « victime » là.

  2. Si c’est de l’humour, même au quatrième degré, je ne vous prédis pas une grande carrière d’humoriste.

    • C’est pas écrit: billet d’humour, mais d’humeur.
      Et je n’étais pas vraiment d’humeur à plaisanter, sur ce coup.
      Heureusement que je ne suis plus le seul à trouver cette condamnation grave. Elle procède d’une radicalisation généralisée de la société vis-à-vis de la délinquance, et de la délinquance étrangère en particulier.
      Quand on lit des commentaires regrettant qu’on n’arrache pas les parties génitales de ce genre de gars, ça me fait froid dans le dos en pensant à l’infinité de crimes plus graves et de châtiments qui seraient alors difficile à inventer pour rester proportionnés.
      Non, ça ne me donne en tout cas pas l’envie de plaisanter, même au 4eme degré.

  3. Je me demande ce que fait ce genre d’article sur l’1dex ? Totalement misogyne ! La vie de cette homme est brisée (ah bon ? ben j’ai de la peine à le plaindre) ? Et celle de la plaignante si elle avait contacté le sida ?

    • Pourquoi ? L’1dex devrait être réservé à la bien-pensance conventionnelle et politiquement correcte ?
      Vous l’avez déjà lu ou vous découvrez ?

  4. Monsieur Rey, si vous invitez quelqu’un chez vous et lui demandez de retirer ses chaussures et qu’il ne le fait pas (et vous force ainsi à accepter chez vous ce que vous ne voulez pas, et pénètre quand même chez vous), cela va-t’il modifier votre rapport avec cet invité? Je pense que oui. Peut-être ne l’auriez-vous pas invité alors, s’il ne daigne pas respecter une simple règle de politesse que vous étiez en droit d’imposer à l’intérieur de votre propriété, et si vous aviez su que votre invité se comporterait ainsi. Imaginez cela, puissance mille puisqu’il s’agit non d’une propriété immobilière mais ici d’un corps. Que peut-être juridiquement ce retrait « subreptice » de préservatif ne puisse être considéré comme un viol, c’est possible, mais à tout le moins cela semble pouvoir être considéré comme une « mise en danger de la vie humaine », il suffit de penser aux MST dont le sida. Et n’est donc pas un acte qui doit être pris à la légère, même si « subreptice » et même si peut-être ne pouvant être juridiquement qualifié de viol, comme semble le dire votre article. Ceci dit sans connaître tous les détails du cas d’espèce, mais en réaction à l’espèce de sentiment de légèreté que vous donnez au fait de retirer un préservatif sans en informer sa partenaire.

    • Pour reprendre votre exemple, vous vous apercevez qu’il n’a pas ses chaussures… vous penseriez courir au poste de police pour vous plaindre de violation de domicile ?

      Il y a une différence entre être grossier et commettre un crime. Vous venez de trouver un exemple parlant.

  5. Eh bien moi j’aime beaucoup. Comme certainement beaucoup, mais personne n’osera venir le dire ici.
    On a le droit de rire un peu gras. Ce genre de brûlot a peut-être sa place dans les fins de soirée des mess d’arrière-garde, mais c’est très drôle.

    • Mess d’arrière garde… C’est tout moi ça.
      Merci pour votre bienveillance ou, à tout le moins, votre ouverture d’esprit.

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