Cinq ans au Québec – épisode 7

Une journée d'hiver

Le Vieux-Québec vu du Ciel

Oh non! Comment vais-je sortir ? Ces opérations de déneigement commencent à m’énerver… Allez, je force le passage. Je recule et ma voiture traverse facilement le banc de neige d’à peine un mètre de hauteur. Je me retrouve au milieu de la rue. Oups, j’aurai pu vérifier que c’était de la neige molle. J’ai eu de la chance : pas de bloc de glace.

Il est presque une heure du matin, ma journée de la Saint-Valentin s’achève. Je quitte Saint-Romuald et sa halle de curling pour rentrer dormir. Encore une belle journée d’hiver. Tout avait mal commencé ce matin. Un appel de Suisse m’a plongé dans une grande tristesse au lever du lit. Ma tante Mariette s’est endormie pour toujours. J’ai une pensée pour Didier, Philippe, Stéphane et Sandra ses enfants. J’ai envie de les serrer dans mes bras. Je le fais à distance. C’est aussi ça l’éloignement…

Puis j’ai pris le bus pour Québec. Une grosse heure pour se faufiler entre les voitures, traverser le majestueux et centenaire pont de Québec et débarquer sur la Couronne à quelques pas des locaux du journal le Soleil. Quand je vois l’état des rues, je pense à mon collègue Bernard qui guidait avec moi les jeunes de Saint-Polycarpe.

Avant de dormir à l’hôtel, il s’inquiétait de savoir si les lumières clignotaient dans sa rue. Si elles clignotent le soir, c’est qu’il y a opération de déneigement. Il est alors interdit de stationner dans la rue la nuit. Il a dû prendre un taxi pour aller en ville mettre sa voiture dans un stationnement payant et couvert avant de revenir dormir. Les joies de l’hiver dans les grandes villes québécoises.

J’ai décrit il y a cinq ans le ballet des camions et des déneigeuses. Voilà ce que j'écrivais il y a cinq ans: Une interdiction de parquer sur un côté de la rue, une petite fraiseuse qui dégage le trottoir, une grosse souffleuse qui avance sur la rue et expédie toute cette neige dans un immense camion, dès qu’il est rempli le suivant s’avance: le ballet est bien réglé. Quelques instants plus tard, un dernier employé retourne les panneaux de parcage, les places sont ouvertes. L’hiver n’a qu’à bien se tenir.

Je reviens à ma journée de Saint-Valentin. Après un café à la brûlerie Saint-Joseph, j’ai renouvelé mon permis de guide touristique dans les bureaux à côté. Quelques téléphones pour planifier des entrevues pour le prochain cahier santé et la séance de présentation des nouveaux produits des cahiers spéciaux du Soleil peut commencer.

Internet, les tablettes et les téléphones portables ne remplacent pas encore le papier, mais ils influencent notre écriture qui doit s’adapter. Nous allons écrire par bloc de mots bien défini. J’aime ce qui est cadré et structuré, je vais aimer ce nouvel univers. Vivement que les contrats se multiplient.

Québec est une ville en pente. Je ne suis pas encore prêt pour le défi des escaliers. Ceux du faubourg Saint-Jean me le rappellent. Ce n’est pas le cadeau de Saint-Valentin qui pèse trop lourd. Le sac de l’inventaire est tout en légèreté. Malgré mon essoufflement, j’atteins la Haute-Ville et le Ciel m’attend.

Comme je travaille ce soir des amoureux, ma blonde m’a invité au restaurant tournant qui permet d’admirer la ville du haut d’une trentaine d’étages. Québec est belle avec son manteau blanc. Ah oui, j'oubliais, les Canadiens de Montréal ont aussi limoger leur coach pour la Saint-Valentin, mais je vous en parlerai la semaine prochaine... 

Mon pays, ce n’est pas un pays… Mon pays c’est l’hiver ! 

 

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