OSKAR FREYSINGER. UNE VIE DE LOUP

Dans "La fontaine des fables", parue dans "COMMUNICATION IMPOSSIBLE", en 1984, Oskar Freysinger, jeune et fringant, lit dans l'avenir.

Poursuivons l'aventure.

Le Valais de 2017 ne pourra pas dire qu'il ne savait pas.

L'intérêt, mineur diront certains, majeur soutiendront d'autres, est de constater que sieur Freysinger, dans cette tranche de vie d'un loup, liait déjà la crise des logements avec le surpeuplement !

 

TRANCHE D'UNE VIE DE LOUP

OU "HOMO HOMINI LUPUS"

 

Une meute de loups

trouva un grand gâteau

et le plus fou,

c'est qu'un couteau

pour le couper

se trouvait à côté.

On entreprit donc le partage

d'après la confession, la race et l'âge.

 

Or, les plus gros

avec leurs crocs

bien aiguisés

ne voulaient pas se contenter

d'un seul morceau,

mais monopoliser

tout le gâteau.

 

On se coupa donc les oreilles

avec le grand couteau

et malgré les conseils de quelques sages

opposés au carnage,

on piétina méchamment le gâteau

pour que le voisin, lui aussi,

n'ait rien de la pâtisserie.

 

Pour terminer, on tint conseil autour des miettes

qui restaient dans la grande assiette.

Tout le monde était bien content

d'être aussi mal loti qu'avant

et l'on trouva que cette guerre

avait été la bonne affaire

pour lutter efficacement

contre les affres du surpeuplement

(et la crise des logements).

De plus, on jubilait

d'avoir su gagner la bataille

sur le marché

très difficile du travail.

 

Alleluja disaient les uns,

"shalom" et "par Allah" les autres

et on loua les grands desseins

de la politique et de ses apôtres.

 

 

Question sans réponse en guise de morale :

comment traire une vache

transformée en goulasch ?