OSKAR ET LE PACTE DES CYNIQUES CONTEMPORAINS

Le regard d'Éric Felley

 

Eric Felley a le regard toujours aussi acéré : "C'est marrant, il y a dix jours un conseiller d'Etat de Savièse disait dans Le Matin Dimanche qu'il voyait dans l'élection de Trump président des Etats-Unis une "lueur d'espoir" pour le monde.

Aujourd'hui Christoph Blocher déclare qu'il craint que "Trump ne mène son pays à la ruine". Qui croire ? C'est peut-être l'espoir d'un cynique."

La nature du cynisme

 

Le cynisme est une attitude face à la vie provenant d'une école philosophique de la Grèce antique, fondée par Antisthène[1], et connue principalement pour les propos et les actions spectaculaires de son disciple le plus célèbre, Diogène de Sinope. Cette école a tenté un renversement des valeurs dominantes du moment, enseignant la désinvolture et l'humilitéaux grands et aux puissants de la Grèce antique. Radicalement matérialistes et anticonformistes, les cyniques, et à leur tête Diogène, proposaient une autre pratique de la philosophie et de la vie en général, subversive et jubilatoire. L'école cynique prône la vertu et la sagesse, qualités qu'on ne peut atteindre que par la liberté. Cette liberté, étape nécessaire à un état vertueux et non finalité en soi, se veut radicale face aux conventions communément admises, dans un souci constant de se rapprocher de la nature.

 

Le cynisme valaisan

 

L'hypothèse avancée par Eric Felley est corroborée par plusieurs points :

 

  1. Le slogan du "parti" "Ensemble à droite" est axé en 2017sur cette liberté qu'il convient de faire sienne.
  2. Freysinger est entré au Conseil d'État par la grâce de cet anticonformisme qu'on lui supposait et qui s'est transformé dès l'éclatement de l'Affaire Giroud et de l'Affaire Cleusix, traitées au cours de la même conférence de presse, appuyée collégialement par la silencieuse Esther Waeber Kalbermatten, en un pacte d'alliance "à la vie, à la mort" avec le plus conformiste des ultra conformistes, Maurice Tornay.
  3. Oskar Freysinger a écrit "Le nez dans le soleil", une ode à la nature, ce qui le rapproche plus nettement encore des Cyniques.

 

Le cynisme contemporain

 

Le terme dérive originellement d'une école philosophique de la Grèce antique, dite cynique, qui rejetait toutes les conventions (qu'elles concernent la religion, la politesse, la décence ou les « bonnes manières »). Le cynique (contemporain) type ne fait pas confiance à l'éthique publiquement professée, ni aux valeurs morales consensuelles, tout spécialement lorsqu'il porte en lui de hautes attentes concernant la société, les institutions et les autorités, qui restent déçues.

Cet état d'esprit se manifeste comme le résultat de la frustration, de la désillusion, et d'une confiance faible ou inexistante envers les organisations, autorités et d'autres aspects de la société.

Le pacte des cyniques de chez nous

 

En Valais, ces élections au Conseil d'État marquent donc l'alliance contre nature entre le cynisme le plus absolu (Maria est là pour en témoigner) et le prétendu respect tout autant absolu des institutions vénéré extérieurement par le "fidèle traître".

L'audacieux Jacques Melly

 

Tout compte fait, Jacques Melly a probablement raison : il s'agit pour le Valais d'éviter d'être roulé dans la farine.

 

Bonjour à toi, Éric, le sagace perspicace !

 

Commentaires : 10

  1. Un vieil adage nous rappelle opportunément qu’il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent jamais. Par la grâce d’  » Ensemble à droite » , Stéphane Riand tend la main à Eric Felley, par delà les frontières politiques et géographiques cantonales. Enfin! Il n’est que temps de révéler cette imposture de la  »révolution conservatrice » qui va bien au-delà des clivages politiques traditionnels gauche – droite et des stériles querelles personnelles. Il s’agit bien là de manipulation de masse pour museler la liberté de presse ( tous des gauchistes…) et piétiner les droit des individus à disposer d’eux -mêmes. Il s’agit d’une évolution sociétale lourde qui se sert sans vergogne des outils de la plus basse propagande pour stigmatiser les étrangers, leurs différences culturelles, religieuses, raciales et justifier le repli sur soi du  » Valais d’abord » Et il n’y a pas que le Valais qu’on tente de rouler dans la farine en ressuscitant opportunément la peur et la haine de l’autre.

  2. Bravo! Très fin!
    Je pense qu’on aura du mal à faire lire et faire comprendre ça à ceux qui l’ont élu…
    Marc

    • Je ne me fais plus guère d’illusion là dessus! Il faudrait au préalable qu’ils apprennent à lire…
      Pour ce faire je leur suggèrerais toutefois  » Les origines du totalitarisme  » De Hannah Arendt ou le  »1984 » de Georges Orwell.
      Ca va sûrement pas leur plaire!

      • @post tenebras lux……………..il me semble que Hannah Arendt situait le mal absolu dans une forme d’absence de pensée chez les individus et/ou le collectif, si mes souvenirs sont bons, or aujourd’hui cette absence de pensée individuelle et collective existe bel et bien, mais son origine demeure toujours un peu occultée alors que nous pouvons savoir si nous le voulons d’où celle-ci provient

        relisez peut-être Henri Laborit afin de connaître l’origine de la pensée chaotique actuelle

        elle se situe peut-être entre le microcosme et le macrocosme ? avec aujourd’hui un niveau descendant global constaté

      • Essayez donc aussi Soucy, Robert, « Fascisme français ? » 1933-1939, mouvements antidémocratiques, Paris, Autrement 2004, p.22-25.
        L’historien Robert Soucy note une hétérogénéité d’interprétations de comment se constitue le « fascisme » européen de l’époque. Renzo De Felice, Ernst Nolte ou encore Zeev Sternhell, tous spécialistes du fascisme et du totalitarisme, remarquent les origines politico-révolutionnaires du mouvement, son utilisation des masses et un certain démarquage de la droite traditionnelle, conservatrice. Cependant, s’appuyant sur les travaux de William Irvine, Charles Maier, William Sheridan Allen et Otto Bauer, Soucy souligne une collusion élevée entre conservateurs et fascistes avec « un assaut de forces conjuguées des fascistes et des libéraux sur les partis de masse de gauche et de centre-gauche dont la force s’était affirmée après 1918 » . Allen repère « avant tout, une tentative de la bourgeoisie visant à supprimer les aspirations politiques de la classe ouvrière » et Bauer, « une volonté des capitalistes et grands propriétaires terriens de baisser les salaires, détruire les avantages sociaux…éliminer les syndicats et les positions de forces conquises par la classe ouvrière. » . De Felice, Sternhell et John Weiss reconnaissent que « les modifications qui eurent lieu avantagèrent les anciennes élites… » .
        Clairement, les travaux des spécialistes cités sont à comprendre de manière complémentaire plutôt qu’opposée. Ainsi, la définition du « fascisme » qu’il convient de retenir est celle synthétisée par Robert Soucy : « variante du conservatisme autoritaire et du nationalisme de droite qui s’efforça de vaincre la menace marxiste et le libéralisme politique…».
        « Ensemble à droite » illustre assez bien le courant en question…

  3. un jugement sans étique sans morale……..Faut-il dire que souvent les juges fond semblant d’etre divisés ? , faut-il dire que les specialistes en droit pensent la meme chose que les hommes de la justice? faut-il dire que le citoyen instrui ou moyennement instrui ou pas du tout instrui ne comprend pas son jugement?? Ce quîl faut vraiement dire et sans complexe mais avec beaucoup de sérieux quel’1dex se bat courageusement a nous montrer la face cachée du systeme,le déraillement de nos institutions qui font pousser les électeurs a agir tout en respectant les uns et les autres. Lescommentateurs affluent de tout bord,les politiques ne réagissent pas par manque de moyens et de connaissance en la matiere.Pour finir nous tous nous nous comprenons pas qui?qui gouverne qui?

    • A mon avis, nous nous comprenons pas non plus …qui… qui ! Et qui gouverne qui ? Mais qui …qui, qui d’autre ?
      P.S.S Comme je trouvais cet article le moins bon de tous ce que j’ai lu de M. Riand depuis 1 mois, je pense que mon commentaire to…nique ci-dessus, répond aussi bien au commentaire qu’à cet article « …straordinaire » de mon cher Maître !
      Quel cynisme !

  4. ouais ouais puis cynisme cynisme de la Grèce Antique………..

    soyons donc AWARE et nommons les choses avec les mots d’aujourd’hui et je dirais que la planète souffre d’une prolifération programmée de la culture du narcisse tout simplement, même Femme actuelle y a consacré des articles, et le problème de la Weltanschauung du Narcisse, et bien il est connu aussi, puisqu’il s’arrête au regard que lui projette son image au fond du puits, il se croit grand fort et invincible n’a jamais rien à donner et ne se rend jamais compte que son développement s’est arrêté au stade du poisson rouge environ ………. de plus il peut être soit contagieux par sa capacité de prédation vorace ou toxique par son effet donc laissons les grecs ou ils sont et occupons nous de la problématique actuelle et de la manière d’en éviter et les conséquences épigénétiques et l’aggravation.

Commentaires fermés