QUELLE EST L’INTERPRETATION A DONNER AU SILENCE DE OSKAR FREYSINGER SUR LA MANIFESTATION DU 18 FEVRIER ?

Le Nouvelliste a cherché à obtenir la réaction de Oskar Freysinger à la manifestation du 18 février. Le chef du département de la sécurité et de la formation, qui tenait plus tôt dans la matinée une rencontre avec la population au camping Robinson à Granges, a indiqué à la rédaction du NF "ne faire aucun commentaire sur cette manifestation".

"Le silence est l’absence de parole, l’absence de mots. 

Dans la vie de tous les jours, le silence a un sens. Il peut refléter les humeurs des personnes ; par exemple, l’embarras traduit par le silence lorsqu’une personne n’a pas compris quelque chose et se demande ce que  cela veut dire, ou encore la peur lorsqu’il est question de parler devant un groupe de gens que l’on ne connaît pas.

La « minute de silence », minute par laquelle on rend hommage aux morts, en demeurant debout, immobile et silencieux. Ce silence permet le respect dans l’hommage rendu. Il permet de se remémorer, de se souvenir de la personne dans un silence méditatif et habillé de sens.

Le silence permet de garder un secret, de respecter la parole de l’autre et de promettre de ne pas la trahir, c’est-à-dire de ne pas divulguer ses confidences secrètes. 

Le silence permet d’écouter les autres, de leur prouver que l’on montre de l’attention à leur discours, et du respect à leur personne, en elle-même, par le silence et l’écoute.

Plus étrangement, le silence prend sens dans l’omerta qui est une loi en vigueur dans la mafia et qui a pour but d’interdire de faire des révélations, même à ses complices.

A lycée, le silence est demandé en classe et permet ainsi le travail des élèves dans le calme, dans la concentration et le respect envers les autres camarades et professeur."

Quelle est la signification du silence de Oskar Freysinger ?

L'interprétation la plus empathique à l'égard du candidat UDC serait de soutenir que le poète politicien voudrait ainsi prolonger la force de la minute de silence du 18 février 2017. Mais, hélas, cette position généreuse ne peut être envisagée dans le cas d'espèce dans la mesure où l'allié de Nicolas Voide n'a jamais dit sa désapprobation face à cette affiche, ni la condamnation, morale ou éthique, des communicants de l'UDC ayant imaginé ce concept publicitaire fondé sur la haine de l'autre.

On devine qu'il ne s'agit pas du tout, dans le cas particulier, d'un silence mafieux, qui aurait pour fonction de protéger des complices. A tout le moins, rien ne permet d'aller dans cette direction de pensée. Il ne s'agit pas plus d'un silence visant à ne pas trahir un tiers. Si tel avait été le cas, Oskar Freysinger eût pu invectiver publiquement les réalisateurs de l'affiche sans les nommer. Telle n'a pas été sa décision.

On pourrait imaginer que le silence du partenaire politique de Sigrid serait en lien avec l'attention que porterait au discours de l'autre Monsieur Freysinger. Cette interprétation n'est pas du tout en phase avec la ligne de conduite de l'UDC depuis des années. L'UDC, dit-elle, comprend le peuple, sait ce que le peuple veut, et le peuple ne veut plus d'étrangers sur son territoire. Donc, dit ce parti de l'intolérance, être en phase avec le peuple, c'est ne pas écouter ces autres qui ne comprennent ce que veulent la majorité des citoyens. Cette absence de communication n'est donc pas à classer dans le registre des actes respectueux.

Oskar Freysinger n'étant plus professeur, étant devenu depuis longtemps un homme politique, son silence n'est pas non plus celui d'un enseignant qui voudrait augmenter la force de concentration de l'élève-citoyen.

La seule explication à ce silence, à ce silence d'un bavard, à ce silence d'un bavard très bavard, est l'embarras dans lequel se trouve, dans le champ de la communication, et non pas dans celui des valeurs (on connaît les valeurs de l'UDC par rapport aux droits des étrangers !). Oskar Freysinger n'a pas la faculté de comprendre ce qu'ont voulu lui dire les personnes qui approuvent la manifestation du 18 février. Freysinger comprend ce que veulent ses partisans, ceux des réseaux sociaux auxquels s'est confronté Recrosio dans son spectacle, mais il ne saisit pas ce que veulent les autres. Et il pressent que l'expression du désir de ces autres n'est pas du tout en convergence avec le sien. Il sait donc que chaque parole qu'il pourrait prononcer à ce sujet avant le 5 mars fera fuir certains électeurs qui, s'il garde le silence, continueront à voter pour lui.

La balle est donc dès aujourd'hui chez les citoyens, chez tous ceux qui fréquenteront les salles dans lesquelles se rendra Freysinger, chez les journalistes qui le côtoieront, chez les électeurs qui le rencontreront dans la rue inopinément, de lui demander, droit dans les yeux, ce qu'il pense de l'affiche, ce qu'il pense de la manifestation du 18 février, ce qu'il pense de tous ces gens qui considèrent l'affiche de Maria comme répugnante et ignoble.

Conservera-t-il jusqu'au 5 mars ce silence d'embarras et d'incompréhension ?

Bonjour à tous ceux qui l'interrogeront à ce sujet avant le 5 mars et qui communiqueront au public les réponses non silencieuses de Monsieur Oskar Freysinger !

 

 

Commentaires : 11

    • QUI ? Ecône encore ? Non moi je pense que s’il est bien UN parti (qui n’est même pas un parti d’ailleurs) qui n’est pas influencé par… l’oligarchie disons, c’est bien Ensemble à droite et l’UDC. Cela dit, ils en bouffent aussi un peu mais pas tant que d’autres m’est avis. Isn’t it ?

  1. Dans les coins de bars , de Genève l on ce demande comment le Valais pense ce râle d extrème de droite . L idée de
    cette hantise peut elle régner dans un collège gouvernemental . La Genève à dompté cette donne . Enfin comment être
    politique sans songer au marketing et la réputation , alors qu il y aurait confusion des genres , avec un simple ego .

    Le tourisme . Qui donne envie de vos vallées …

  2. Moi, les raisons du silence je sais pas mais pour le RESULTAT par contre, là je sais; c’est: UNE MONUMENTALE HUMILIATION faite aux 2’777 personnes présentes. mdr

    Et cela sans même seulement lever le petit doigt. re mdr

    Cela dit, (pour ne pas non plus jeter trop d’huile sur le feu (tenté (en vain) d’) allumé(er) par ces énergumènes), cela, SANS MEME D’INTENTION DE LE FAIRE

    En fait ici, en kk sorte, un magnifique auto goal dont on tentera ensuite de faire porter la responsabilité à l’adversaire.

    Quand on ne sait pas jouer (ou qu’on veut tricher), il vaut mieux ne pas jouer.

  3. Le silence est la forme la plus haineuse ou la plus modeste de la critique.
    Citation de Pierre Reverdy

  4. OF se souvient que la manifestation des étudiants contre E2000 a été le tournant de la campagne.

    Il sait que toute parole de sa part – quelle qu’elle soit – lui coûtera des voix.

    Donc il se tait. Et c’est une très bonne nouvelle.

    Déjà pour ça, merci Yannick !

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