Les universités suisses sont les plus internationales

(PAR JACQUES GUYAZ [DOMAINE PUBLIC])

 

On le sait, les universités suisses figurent toujours en très bonne place dans les classements internationaux sérieux. A vrai dire, elles ne peuvent pas faire mieux, puisque dans la liste des hautes écoles les «plus internationales» établie par le Times Higher Education, dont la méthodologie est transparente et publique, l’ETH de Zurich et l’EPF de Lausanne occupent les deux premières places devant les universités de Hong Kong et de Singapour.

Les données prises en compte comportent la proportion d’étudiants étrangers, la part de chercheurs et d’enseignants venant d’autres pays, la proportion de signatures d’autres nationalités dans les publications et, de manière plus subjective, la «réputation internationale» de l’institution établie par un questionnaire envoyé à toutes les hautes écoles prises en compte.

Ce résultat n’a pas de quoi réellement surprendre. Les petits pays sont inévitablement plus ouverts que les grands. Ils sont obligés de chercher à l’extérieur les compétences qu’ils ne peuvent trouver sur place; on voit d’ailleurs dans ce classement un certain nombre d’universités danoises, belges ou néerlandaises. Ajoutons que la Suisse a une vieille tradition d’excellence pédagogique et dispose de ressources que nous jugeons de l’intérieur toujours insuffisantes, mais que bien des nations ne peuvent qu’envier.

Les places suivantes sont occupées par une kyrielle d’institutions universitaires de pays anglo-saxons, Canada, Australie, Royaume-Uni, quelques-unes d’Amérique aussi. Mais l’effet de la taille des Etats-Unis fait apparaître leurs universités les plus prestigieuses comme Harvard ou Stanford relativement moins internationales. L’Université (cantonale) de Zurich figure au 15e rang.

Mais l’intérêt de cette étude ne réside pas tant dans le classement lui-même que dans les commentaires qui l’accompagnent. Les auteurs de cette liste soulignent que la première université non anglophone est l’Ecole polytechnique de Paris, au 16e rang… Les trois institutions helvétiques qui précèdent sont assimilées à la sphère anglo-saxonne, même si l’étude souligne que tout ne s’y fait pas forcément dans la langue de Newton. Ce constat confirme simplement un fait évident: l’anglais est la lingua franca du monde scientifique sans doute pour longtemps, et les universités qui comptent sont celles qui s’y adaptent au mieux.

Le Brexit et l’élection de Donald Trump suscitent des craintes pour l’attractivité et l’ouverture des universités prestigieuses de Grande-Bretagne et des Etats-Unis. Les opinions des experts interrogés dans le cadre de ce classement sont très partagées à ce sujet. Pour l’instant, attendre et voir.

Mais deux autres pays de la sphère anglo-saxonne, le Canada et l’Australie, disposent de hautes écoles qui progressent nettement dans l’attractivité internationale et la qualité des enseignements et de la recherche grâce à des politiques publiques dynamiques. Même si le montant des taxes d’inscription n’apparaît pas dans l’étude du Times Higher Education, il ne fait aucun doute que l’important soutien financier public dont bénéficient les universités suisses leur permet aussi d’être attractives, avec des frais modérés pour les étudiants, et c’est aussi une des raisons de leur dynamisme.