AIMEZ-VOUS BRAHMS

(PAR L'EPISTOLERO)

 

Les lignes de Sagan fonctionnent à l'héroïne (chez Sagan, c’est normal, de même que les voitures et le whisky). Dans ce roman, elle se nomme Paule et elle s'ennuie de son mari, Roger, puis de son amant, Simon. Elle n'en peut plus d'un Roger massif (auquel elle finira néanmoins par revenir, son côté Paule en pince).

Dans le cœur de Paule, après Roger vient, un jour, Simon.

C’est dans un pneumatique que l'amant, Simon, écrit à sa maîtresse, Paule, non pas « En voiture, Simone » (c’est pas le même type de pneu), mais « Aimez-vous Brahms ? »
(Sagan confiera à Pierre Dumayet qu’ « Aimez-vous Mendelssohn ? » était trop long.)

Ce titre de 1959  est devenu célèbre. C'est une formule pratique, un peu Brahms-partout. 50 ans que ça dure. L’adaptation cinématographique qu’en tira Anatole Litvak (1960)n’y est certainement pas pour rien. C’est aussi à mettre au crédit d’Yves Montand, Ingrid Bergman et Anthony Perkins, célèbres acteurs au générique.

Quel problème pose donc ce titre « Aimez-vous Brahms » ?

Bien sûr, on pourrait, avec Gérard Genette, faire remarquer que « La question pertinente n’est pas « Aimez-vous Brahms ? », mais « Aimez-vous, de Brahms (ou d’un autre), telle œuvre singulière ? », mais il ne s’agit pas de cela.

Au risque d’agacer les amateurs de Sagan (Don’t Step on my blue suede château), « Aimez-vous Brahms », comment ça se ponctue ?

Ce film n’est pas qu’une question d’amours impossibles, mais de ponctuation impossible. Pas moins de quatre graphies existent (en attendant, un jour, #AimezvousBrahms) :

Aimez-vous Brahms

Aimez-vous Brahms..

Aimez-vous Brahms…

Aimez-vous Brahms ?