QUAND UN CITOYEN MILITANT REFUSE UNE MEDAILLE

(PAR BERNARD GENSANE)

 

C'est une décision assez rare qu'a prise Jean Ortiz de refuser la médaille de la ville de Pau. Universitaire, membre du Parti communiste et du Front de Gauche, Ortiz est le fils d'un combattant républicain de la Guerre civile espagnole, puis membre de la Résistance française. Il a beaucoup écrit sur Cuba et les Républicains espagnols.

 

Personne n'étant parfait, Ortiz est un fervent défenseur de la tauromachie. Il a dirigé un ouvrage collectif sur le sujet, Tauromachies en Amérique latine, Paris, Atlantica 2004.

C'est tout naturellement que le collectif de culturAmerica avait songé à le faire récompenser lors de son festival qui se tiendra fin mars. Ils proposé à François Bayrou de remettre à Ortiz la médaille d'or de la ville. Ortiz a décliné cette récompense et vient d'en aviser le maire de la ville.

« Cette médaille d’or, ou de chocolat, de la Ville... Encore faudrait-il qu’elle m’aille... Et en ces temps d’austérité, gaspiller l’or à Pau serait mal vu par M. Macron, grand ordonnateur jadis des ors rothschildiens ».

 

Je remercie mes amis et la Mairie, mais je ne puis accepter aucune médaille. D’abord, je n’aime pas le chocolat. Et plus sérieusement, je ne puis concevoir de recevoir une médaille pour un engagement altruiste de militant. Nous, les militants, nous sommes plus rompus à recevoir des coups que des louanges. D’ailleurs, mon vieux père guerrillero me disait : « Attention, lorsqu’on te loue, il y a un loup. Tu n’es pas sur le bon chemin.

En revanche, en guise de médaille, j’aimerais, je vous le redis, que vous donniez le nom de « rue des Républicains espagnols » ou « rue de la IIe République espagnole » à une rue de Pau, et si possible la rue du Hédas [une rue du vieux Pau], compte tenu de l’histoire locale. Je suis prêt, à cette occasion, à vous remettre un drapeau républicain espagnol. »

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