CONSEIL D’ETAT 2017. LES SEPT VAINQUEURS

Le grand vainqueur de ces cantonales, avant même de connaître les résultats des élections au gouvernement cantonal, est connu : il s'agit de Frédéric Favre.

 

Voilà un homme parfaitement inconnu qui atomise au premier tour son camarade Claude Pottier et qui se voit propulser à moins de quarante ans maître de cérémonie dans les rangs du PLR. On devine déjà qu'il va être le colistier préféré de Philippe Nantermod lors des prochaines élections au Conseil national pour tenter de ramener le deuxième siège à son parti et de succéder ainsi à Jean-René Germanier. La Migros a remplacé son lobbyist le plus célèbre par un jeune prometteur, qui expérimentera, s'il n'est pas élu, les difficultés insurmontables d'un simple député d'obtenir dans la transparence les plus simples informations de la part de l'exécutif cantonal. Bon vent à lui !

Christophe Darbellay veut être une locomotive pour le Valais. Un canton qui entend qu'il intervienne non seulement dsns le cadre de son département, mais dans ceux des autres. Dans 100 jours, peut-être saura-t-on s'il est lui-même en accord avec ses pensées sur les dossiers brûlants ou s'il voudra renvoyer les patates chaudes à ses compagnons de chambrée avec ce souci de la collégialité carbonisée qui a caractérisé l'ensemble de la législature. La liste des dossiers chauds bouillants n'est pas mince :

 

  • la pollution en Valais
  • La gestion de l'A9
  • La transparence du préposé à la protection des données
  • Le taux de pondération des amendes fiscales en Valais
  • Les patients hauts-valaisans opérés hors canton en lien avec les budgets de la santé
  • L'avenir d'Infomed et le coût réel de la débâcle
  • Le fonctionnement et l'organisation du Conseil d'État
  • Les vraies conséquences à court, moyen et long terme du système de péréquation financière fédérale
  • Le Verbiergate et les conséquences d'une zone de non-droit
  • Les carences légendaires du ministère public
  • L'aéroport de Sion et les infrastructures cantonales
  • La Constituante
  • La redistribution cantonale indécente vers le Valais du Haut
  • Les méthodes de renflouage des sociétés de remontées téléphériques
  • Les investissements stratégiques
  • La LAT et le respect du droit fédéral, avec ses conséquences financières
  • Le Chablais
  • Les J.O., l'argent et le copinage
  • etc.

 

Roberto Schmidt a survolé dans le Haut. Son rôle ne sera pas le même si la majorité à l'exécutif sera ou non haut-valaisanne. En cas d'élection d'Oskar Freysinger, il deviendra la zone sensible du Valais romand. Dans le cas contraire, il sera l'élément qui tentera de préserver contre tout bon sens les privilèges du Haut.

 

Jacques Melly n'aura de cesse de ne pas emporter le paquebot valaisan vers les récifs que pourraient lui réserver l'A9 et le mercure. On comprend que le Haut-Valais l'ait plébiscité. Mais sera-ce suffisant ? Et on dit qu'il voudra restructurer encore le Service de la chasse ...

 

EWK sait qu'Esther Waeber Kalbermatten est devenu le signifiant majeur de la protection des intérêts du Haut-Valais. Elle est convaincue qu'il s'agit d'un succès, alors qu'elle n'est que la clef de conservation du pouvoir du PDC dans le Haut, hors de tout débat idéologique. On appelle ça à Viège, la volonté du peuple. Dans le Valais romand, les éclairés traduisent l'expression par "manipulation des masses". On comprend pourquoi le féminisme est en danger en Valais, utilisé à des fins de dominance haut-valaisanne ancestrale mâle sur les choses cantonales. La constitution pourrait ne pas changer à seule fin de protection des intérêts de l'Oberwallis. On appelle cela le Valais progressiste !

 

Stéphane Rossini, élu ou non élu, pourra se regarder dans le miroir avec la satisfaction du travail bien fait. Si le Valais choisit aujourd'hui d'ignorer ses compétences, il saura qu'il n'y est pour rien, si ce n'est d'être né dans un coon de terre où le mot socialiste pue parce que les gens n'aiment pas le rose, une couleur trop féminine à leurs goûts. Pourquoi vouloir faire boire un âne qui n'a pas soif ? La campagne de Rossini aura été digne  ... d'un conseiller d'État. Si le Valais n'en veut pas, pauvre Valais !

 

Le dernier grand vainqueur du second tour sera, en cas d'échec, Oskar Freysinger : il serait au bénéfice d'une jolie rente d'ancien conseiller d'État et bénéficiera, s'il choisit cette voie, de beaucoup de temps pour écrire. Peut-être aura-t-il à nouveau Le nez dans le soleil, moins qu'il ne choisisse le chemin rude de l'autobiographie critique spectaculaire, ce qui lui permettrait de répondre en toute liberté à cette question : que vois-je dans mon miroir ? Ce serait une sorte de réflexion subjective sur le fossé qui peut exister entre l'image dégagée et l'intime de la personne. Ses vrais amis devraient lui souhaiter d'échouer : à défaut, il pourrait croire que le peuple valaisan a(urait) approuvé l'affiche de Maria, San Giorgio, Cleusix, ses discours de fin de diplôme et ses voyages "fascistes".

 

Bonjour aux deux "heureux" qui ne seront pas élus cet après-midi !

Commentaires : 1

  1. Bonne analyse Monsieur Riand
    Mais vous avez omis que Monsieur Rossini , malgré tous les excuses, n’a pas tenu parole….Derrière Esther je me retirerai au 2ème tour
    Donc Rossini, comme les autres ,adapte son discours comme cela arrange et il est et restera opportuniste…comme les autres
    Quand a ce qu’il risque d’apporter au Valais l’avenir nous le dira……..OF en parlait aussi…..

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