Forte abstention à gauche le 7 mai 2017 ?

(PAR PATRICKE CAHEZ)

 

Le défaut d’accord entre Mélenchon et Hamon favorise la perspective d’une élimination de la gauche au premier tour et soulève dès à présent la question de la démobilisation de son électorat au 2° tour - qui refuse l’idée d’un vote utile - et ses conséquences.

La victoire de Manuel Valls permettrait de comprendre l’impossibilité d’un accord avec la France insoumise, mais la victoire de Benoît Hamon aux primaires a exprimé l’attente d’un PS résolument à gauche.

Cette primaire a exprimé le rejet d’un quinquennat qui a privé l’électorat de 2012 d’une véritable alternance, l'augmentation des inégalités et de la pauvreté et la régression sociale, qui sont les causes principales de la montée du FN. Reprocher à Benoît Hamon un manque d'enthousiasme à l'assumer vient à mépriser les électeurs de la primaire. D'autant que ceux qui critiquent Hamon ne se représentent pas ou désertent le PS pour rejoindre un mouvement de droite et du centre, comme le confirme le soutien de François Bayrou.

Le défaut d’accord entre Jean- Luc Mélenchon et Benoît Hamon fait que la gauche sera éliminée au premier tour.

Emmanuel Macron n’est pas socialiste et la proximité entre le FN et les LR font que les candidats potentiels du 2° tour seront de droite ou assimilés.

Cette probabilité pose donc déjà très clairement la question de l’abstention d’un électorat de gauche privé de candidat au second tour. Ce sera " blanc bonnet ou bonnet blanc " comme Duclos le disait à propos de Pompidou et Poher au second tour de l’élection présidentielle de 1969.

Les candidats de droite ne proposent rien de bien différent à la politique d’austérité menée depuis des années. Le front national amène à une « économie de guerre » selon Sébastien Jean sur France info.

Un second tour Emmanuel Macron - Marine Le Pen peut éventuellement mobiliser une marge de l’électorat PS pour le premier candidat, si cette frange ne s’est pas déjà exprimée au premier tour, et faire la différence à l’avantage du leader d’en marche !

Mais en revanche, un second tour François Fillon - Marine Le Pen, du fait de la plus grande proximité du discours des deux candidats, risque de dissuader l’électorat de gauche à participer. L'appel au front républicain peut ne plus rencontrer le même succès qu'en 2002.

Le défaut d’union entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon à l'élection présidentielle peut amplifier le mouvement d’abstention aux législatives. L'attente évidente négligée de l’électorat est de nature à dissuader les plus nombreux et les plus motivés d’aller voter. Il y a en plus un pont de trois jours du 8 mai.

Commentaires : 1

  1. La faute à qui? A Benoît Hamon. Lors de son colloque avec Mélanchon, ce dernier lui a présenté son projet de gouvernement. Hamon a répondu: « D’accord, mais le Président, ce sera moi! ». (Cf. Le Canard enchaîné)
    Et tout fut dit.

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