Lendemain d’élection

Le nouveau conseil d'Etat Valaisan avec Frederic Favre (PLR), Roberto Schmidt (PDC), Jacques Melly (PDC) Esther Waeber-Kalbermatten (PS) et Christophe Darbellay (PDC) apres le resultat du second tour des elections au Conseil d'Etat valaisan ce dimanche 19 mars 2017 a Sion. (KEYSTONE/Olivier Maire)

Quelle surprise ! Je ne l’avais vraiment pas vu venir. Chaque semaine, j’ai écrit sur ces élections, mais jamais je n’ai vraiment cru à cette finale. Le Valais possède un nouveau gouvernement. Les espoirs sont grands, souhaitons que les lendemains chanteront toujours dans quatre ans.

La première leçon que je tire de cette période excitante, c’est que de loin on ne peut ressentir les finesses d’une campagne. On ne peut pas non plus ressentir ce qui se passe vraiment. Il y a presque une année, lors d’un voyage en Suisse j’ai rencontré mon ami Philippe Nantermod. Je lui ai dit mon scepticisme face au retour d’un PLR au Conseil d’État. Il m’a surpris par son enthousiasme.

Il y a à peine une semaine, Mathias Reynard, de passage à Québec, m’a fait le plaisir de m’appeler. Nous avons passé une soirée ensemble où nous avons bien évidemment évoqué la campagne qui arrivait à son dénouement. J’espérais avec lui la sortie d’Oskar. Je plaidais pour la constance du vote des Valaisans entre les deux tours. Il doutait de la volonté des électeurs de mettre deux socialistes au gouvernement.

Finalement, les deux jeunes conseillers nationaux avaient raison. C’est rassurant. C’est surtout rassurant de voir que les électeurs ont du bon sens. S’il y a quatre ans, ils ont été séduits par le beau parleur, s’ils ont eu envie de croire en une manière différente de faire de la politique. Ils ont été déçus et l’ont fait savoir.

Aujourd’hui, ils ont rééquilibré le gouvernement et l’espoir est tout aussi grand. La commande est importante pour les cinq magistrats. Je ne peux que souhaiter avec eux que le Valais avance dans la bonne direction. Le chemin vers un canton plus ouvert, sorti de ses tares ancestrales est encore long.

Le gouvernement ne reflète qu’imparfaitement les réalités valaisannes. Il manque de femmes et toutes les forces politiques importantes du parlement ne sont pas là. Des ajustements sont encore à venir. Ces quatre prochaines années nous diront si une constituante est la solution, si la proportionnelle est souhaitée, s’il faut monter à 7 conseillers d’État ?

J’ai toujours eu un faible pour la proportionnelle, mais pas pour plus de conseillers d’État. Mon éloignement, le système politique de ma nouvelle région et mon expérience nuancent un peu mon analyse. On aura l’occasion d’en reparler. Il faut maintenant que la nouvelle équipe se mette en place.

En écoutant Canal 9 sur Internet. J’ai senti la volonté de prise de pouvoir de Christophe Darbellay. Il a dit s’intéresser à l’éducation et à l’économie, puis tout de suite vouloir réunir ses deux sujets dans un même département. J’espère que ce n’était que des paroles rapides, car l’enseignant qui reste en moi n’est pas rassuré par ce mariage. J’espère que le meilleur score de ce deuxième tour saura tempérer ces ardeurs et veiller aux bons équilibres.

Vue de loin, cette campagne a surtout été une lutte contre. Je n’ai pas beaucoup entendu parler de projets, de visions, d’avenir. Peut-être que la distance étouffe les bruits secondaires. Il est temps maintenant que le travail commence…

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