LES PROFESSIONNELS

(PAR ROBERT CHAUDENSON)

 

Il faut toujours faire confiance aux professionnels, en politique comme ailleurs, et nous en avons chaque jour une preuve nouvelle dans un domaine différent.

 

Hie encore, un "tireur d’élite" de la police, un grand professionnel chargé de veiller sur notre Président de la République, a tiré par une rreur bien normale sur la foule ! Non seulement il n’a pas manqué son coup mais, d’un coup et d’un seul, il a même blessé deux spectateurs.

Voyez notre François Fillon ! Empêché ce matin de se rendre au Salon de l'agriculture où on l'attendait en compagnie d'une vingtaine de notables ripouxblicains , il ne s'est pas défilé, comme tout un chacun; en prétextant  un vulgaire rhume de cerveau ou un banal mal de ventre de Pénélope dont il ne peut plus lâcher la main ! Même s'il ne l'a pas dit à 8h30 quand il s'est décommandé, il savait sans doute déjà qu'il était mis en examen le 15 mars ;  il a eu la force d'âme de cacher ce menu détail pour pouvoir faire héroïquement une décjaration martiale voire vengeresse sur tous les médias à midi trente. C'est un METIER !

 

Ce détail aurait pu le conduire à renoncer à se présenter à l'élection présidentielle, comme il avait dit qu'il le ferait en pareil cas, il y a quelques semaines. Il faut bien laisser à la populace le temps d'oublier cette parole un peu imprudente, prononcée au moment même où il regrettait en public aussi la lenteur, insupportable  pour un innocent, d'une procédure dont il dénonce maintenant la précipitation.

 

Voilà, là aussi, s'il en est besoin, une preuve supplémentaire de ses compétences exceptionnelles ! Où ailleurs qu'en France ou peut-être en Ussie ou au Zimbabwé, peut-on imaginer le favori à l'élection du Président de la République mis en examen quelques semaines avant le scrutin ? Les Américains n'en sont pas capables, quels que soient les motifs d'une procédure d'inculpation qui ne doivent pourtant pas manquer avec un gaillard comme leur inénnarable Donald !

 

Les Français ont fort heureusement la mémoire courte comme disait le général De Gaulle sur le cas duquel François Fillon aimait encore récemment à s'interroger, ... mais plutôt à propos des autres (Sarkozy en la circonstance), selon une formule qu'il risque fort d'entendre à nouveau :

« Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen?" .

 

Et pour ceux qui n'auraient pas compris, il précisait encore dans le même genre, à l'adresse de la France et "les yeux dans les yeux", sur le plateau de TF1 : « Il n'y a qu'une chose qui m'empêcherait d'être candidat, c'est si mon honneur était atteint, si j'étais mis en examen."

 

Loin d'être un obstacle, sa mise en examen est un aiguillon ! En confirmant ce mercredi 1er mars 2017 qu'il ne renoncerait pas, bien au contraire, à concourir à l'élection présidentielle malgré sa convocation dans 15 jours en vue précisément d'une mise en examen, François Fillon ne se contente pas, comme un vulgaire loufiat, de renier son engagement, il fait de ce détail un motif de plus pour se présenter  devant le peuple ! Il oublie hélas que, malheureusement pour lui, les archives conservent fidèlement, le son et l'image,de toutes les formules dont il avait usé et qui se retournent désormais contre lui !

 

Il lui faudra donc se laisser infliger le spectacle de ses palinodies et de ses mensonges, mais son entourage et ses amis n'auront sans doute guère l'occasion de lui faire directement ces reproches ; les rats (à commencer par ceux de l’UDI déjà en fuite derrière B. Le Maire) auront sans doute pour la plupart précipitamment quitté le navire « ripouxblicain » qui fait eau de toutes parts et où il reste seul !

 

Après "Les professionnels" un oscar pour "Capitaine courageux "!