LONZAGATE. DU MERCURE A VERBIER, DE ZORRO À FANTI (2)


Sébastien Fanti nous dit des choses qui ne sont pas rien.

 

Il nous dit que "l'affaire du mercure est pire que l'affaire BCV-Dorsaz".  Oui, oui, il l'a dit.

 

Il dit que le gouvernement veut absolument le faire taire et le censurer, lui l'homme qui incarne la transparence, en Suisse et partout dans le monde.

 

Il nous dit enfin, et ce n'est pas rien, "je suis prêt à mettre ma tête sur le billot".

C'est pas rien un mec qui n'a pas peur de s'avancer sur l'agora et qui dit : "tuez-moi, si vous vous en sentez capable, mais moi je ne me tairai pas, parce que c'est trop grave, ce qui arrive".

 

Plusieurs personnes m'ont dit, il faut que L'1Dex s'intéresse au mercure. S'il y a plusieurs articles qui ont été écrits sur le mercure, il est vrai que jusqu'à aujourd'hui, L'1Dex n'en a pas fait un feuilleton. Pourquoi ? Parce que j'ai préféré Cri Cri d'amour, Momo et Eloi, après le caillou de Varone et avant Gégé. Et parce que cette affaire de mercure paraissait si loin de mes compétences (je n'ai pas trouvé une belle âme pour m'épauler, mais je lance ici un nouvel appel du pied) ! Ne sait-on jamais, il y a peut-être quelqu'un au bout du monde qui me lit et qui se dit, "je vais aider L'1Dex". Il est le bienvenu.

 

Pas de feuilleton donc encore sur le mercure, mais ...

 

Mais Zorro est arrivé et, nous explique James B. 007, the Goldfinger du piano informatique, aucun citoyen du Haut, du Centre et du Bas n'a le droit de se désintéresser de ce qui peut tuer nos enfants. Pas moins ! L'avenir de ceux que nous aimons est en jeu. S'il ne s'agissait que de la santé de nos ennemis, ça passerait encore ! Mais voilà que l'on me dit que mes filles et mes garçons pourraient être touchés par une grippe mercurienne cancérigène, et que l'on nous cache un secret biologique et méga dangereux. Mon sang ne fait qu'un tour et voilà que je commence à numéroter mon article, signe de la possible éclosion d'un feuilleton.

 

Ne croyez pas que, malgré le ton, je fais dans l'ironie. Que nenni ! Pierre-André Thiébaud m'a invité à l'avant-première de son film sur la bouffée d'air que fut le festival de Sapinhaut. Ah les années Sapinhaut ! Et le metteur de nous rappeler ce que furent les années fluor pour les abricots du Valais. Alors oui, la chimie et l'industrie pouvant faire mal au Valais et à nos meilleurs produits, ça a existé et, selon une vraisemblance que l'on ne peut négligé, ce n'est pas fini.

 

Avant de me plonger dans une lecture technico-jutidico-administrative du rapport du préposé à la transparence, j'ose pourtant cette question toute banale à Mister Maître Transparent : comment se fait-il que le conseil général de Bagnes et le NF n'aient pas encore rendu public le rapport complet des experts Léonard Bender et Pierre-André Veuthey sur les constructions de Verbier ? Oui, oui, je dérange, mais dans le champ du mercure, ça peut déranger plus encore, non ?

 

Aller à fond dans les dossiers implique aussi d'être doté d'une bonne mémoire, celle par exemple que nous reconnaissons sans trop le savoir aux sols et aux terres du Haut-Valais si bien "régénérés" par le mercure de la Lonza.

 

Bonjour à tous les courageux qui ont déjà lu le rapport d'activité 2016 du préposé cantonal à la protection des données et la transparence !

 

 

Post Scriptum I : qui veut participer à ce nouveau feuilleton ?

Post Scriptum II : bravo à Casal !

 

  1. Mon petit conseil non pollué à Jacques Melly
  2. Du mercure à Verbier, de Zorro à Fanti
  3. L'Etat du Valais veut-il lutter contre la transparence environnementale ?

 

Commentaires : 4

  1. L’interdiction de divugler infligée au Préposé par le Conseil d’Etat est une manifestement une pratique usuelle au Gouvernement du Valais. Le depuis si longtemps démissionné par l’1dex, Maurice Tornay, avait aussi tenté, il y a quelques années, de m’interdire de divulguer, même aux Commissions de surveillance du Grand Conseil, les résultats d’une enquête dirigée contre des responsables de feu le RSV me concernant. Voulu, mais pas pu !

    Aujourd’hui, ce même Conseil interdit au Préposé de divulguer de qui doit absolument l’être dans cette tragique affaire du mercure dans le Haut-Valais qui concerne la santé de nombre de Valaisannes et Valaisans, mais touche aussi tout simplement la crédibilité d’un Conseil d’Etat qu’on va renouveller ce dimanche.

    Cette-fois ci, très certainement aussi : voulu, mais pas pu ! Car ce que le Gouvernement fait avec Sébastien Fanti est tout simplement d’une gravité gravissisme… Et le Préposé obtiendra gain de cause, au TC, au TF où ailleurs, car ce n’est pas un homme à se laisser intimider par une femme et quatre hommes, tout gouvernementaux qu’ils soient ! Son rapport est solide, accablant et irréfutable.

    Si vous n’avez pas pu lire in extenso son dernier rapport au Parlement, une courte citation suffit pour comprendre l’enjeu des démarches du Préposé, chiffre 7), page 79 :

    « 7) Violation de l’indépendance du Préposé cantonal à la protection des données et à la transparence
    Le Conseil d’Etat a décidé d’interdire la divulgation de la décision ici querellée. Cette décision ne se fonde sur aucune base légale et elle constitue en sus une violation grave de l’indépendance du Préposé cantonal à la protection des données et à la transparence. Interdire la divulgation démontre une nouvelle fois qu’il n’entre pas dans les intentions ni du SPE, ni du Conseil d’Etat de respecer la loi. Un tel abus d’autorité doit être santionné par une décision claire qui comporte la constation du caractès illicite de l’interdiction de divulgation. »

    Bonne chance à ceux qui veulent continuer à interdire de divulguer…

  2. Ne vous précipitez pas: Fanti a t il lu ledit rapport? Dans la négative, il conclue que si on cherche à cacher la vérité, il y a forcément une « bombe ». Dans l affirmative, il est à la limite de trahir une information confidentielle….

    • vous devriez lire la loi @ubac! le rapport lui a été remis car c’est là-dessus qu’il fonde son recours…
      quand à la trahison d’une information confidentielle, vous plaisantez j’espère: ce dont il se plaint c’est qu’il lui soit fait interdiction d’évoquer le contenu de la décision du conseil d’état

      je vous invite à lire son rapport et l’avis de droit qui y est joint… très instructif!

    • Il ne faut pas se méprendre: je ne parle pas du contenu du rapport « mercure », mais du fait que le Conseil d’État empêche le Préposé de faire divulguer ce document et, comble du comble, lui interdise même d’en parler !

      L’époque du fait du Prince ne doit plus perdurer, même en Valais. Aujourd’hui les
      gens ont le droit d’être informés sur les activités déployées par les autorités qu’ils ont élues, même si cela peut déplaire à certains, et aussi sur des dossiers délicats ou potentiellement dérangeants.

      Ce n’est que si cette transparence, démocratiquement indispensable, est appliquée et respectée que la confiance de la population envers l’autorité peut se développer, permettant ainsi des rapports sains et constructifs entre les uns et les autres.

      L »infornation par beau temps et mer calme uniquement, ne doit plus être de mise aujourd’hui….

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