LE NOUVELLISTE : « DONNER A COMPRENDRE, QUE CELA PLAISE OU NON »

"Donner à comprendre, que cela plaise ou non". 

 

Sandra Jean, directrice des publications du Nouvelliste, a le sens du discours. La RTS lui a offert ce samedi 7 minutes 30 pour qu'elle puisse défendre la qualité du travail du rédacteur en chef Vincent Fragnière, confronté à de rudes attaques sur les réseaux sociaux en raison de sa partialité supposée à l'égard de l'UDC lors des dernières élections. Il y aurait même, a-t-on appris, une campagne de désabonnement qui pourrait être organisée contre le NF par le parti de l'extrême droite.

 

Considérons d'abord mes points de convergence avec Sandra Jean. Il faut être redoutablement de crasse mauvaise foi pour soutenir que Vincent Fragnière n'a pas bien fait son travail de journaliste lors de cette campagne, et de manière équitable et proportionnée. Darbellay a été autant bousculé que Freysinger, l'UDC autant pointé du doigt que les Verts, l'AdG autant questionnée que le PLR. Tous les aspects de la vie politique valaisanne ont été abordés, sous plusieurs formes et sous divers tons. Donc bravo.

Mais ...

Mais ... venir faire croire - implicitement - que le NF a voulu lors de la période correspondant à la dernière législature "donner à comprendre, que cela plaise ou non", est fort de tabac. Quelques rappels sont les bienvenus, qui démontrent que le journal a eu le souci de plaire aux dominants :

 

  • après avoir été à la source du Verbiergate, le journal s'est aligné couvert sous la position des dominants de Verbier. Si tel n'avait pas été le cas, par exemple, le lecteur du quotidien aurait déjà pu lire le fameux rapport Veuthey-Bender, exigé par le quotidien favori des Valaisans et jamais transmis à la rédaction, qui avait pourtant saisi le préposé cantonal à la protection des données et la transparence..
  • le NF, dans l'affaire de l'Hôpital du Valais, a choisi non pas de comprendre ce qui motivait le Collectif RSV, mais de protéger l'establishment, celui-là même qui a fait la peau, par exemple, de deux anesthésistes méritants. En haut lieu, on n'a pas voulu trop creuser. On les comprend !
  • Dans l'affaire Giroud, avez-vous lu une ligne dans le NF sur la question de l'application d'un taux de pondération réduit appliqué à l'amende fiscale du fraudeur le plus massif de l'histoire contemporaine du Valais ?
  • Le NF sort l'affaire du Home de Grimisuat et se tait par la suite, de crainte de donner à comprendre à ses lecteurs, "que cela plaise ou non". Sa réaction fut tardive et bien orientée.
  • L'affaire du mercure a-t-elle incité vraiment le NF à bousculer Jacques Melly, que cela plaise ou non ? Poser la question, c'est y répondre. Aujourd'hui encore, Melly s'interroge : comment donc ai-je fait pour gagner dans le Haut-Valais, alors que j'avais en charge le pilotage du mercure et de l'A9, deux gouffres politiques ?
  • la prescription pénale dont a bénéficié Cri Cri d'Octodure a-t-elle été analysée dans le NF ? On a préféré laisser persévérer la rubrique sportive dans son travail de propagande destiné à faire vendre de la choucroute.
  • Le NF a-t-il bousculé Momo ou l'a-t-il protégé ?! Stéphanie Germanier a su oublier les questions qui fâchent.
  • L'activité du ministère public a-t-elle été critiquée ou a-t-on choisi de limiter le rôle de Gilles Berreau à quelques chroniques judiciaires ?
  • Etc., etc.

 

"Donner à comprendre, que cela plaise ou non" est un beau slogan. Mais vouloir l'accoler au Nouvelliste n'est pas simplement audacieux, c'est surtout la démonstration de la capacité de Sandra Jean à créer elle-même du fait alternatif, que cela plaise ou non.

 

Mais, ne sait-on jamais, le mode de couverture de la campagne peut être le signe d'une autre approche rédactionnelle à venir. C'est tout le mal que je souhaite à Vincent Fragnière.

 

Ne dit-on pas que l'espoir fait vivre ?

 

Bonjour à toutes les créatrices de faits alternatifs !

Commentaires : 3

  1. Cher Stephane,
    Je peux entendre beaucoup de choses mais certainement pas que nous n’avons pas fait tout notre possible pour obtenir ces parties du rapport dans l’affaire de Verbier. Parties qui, je le rappelle, ont été anonymisées et retirées du rapport d’entente avec le préposé qui a cosigné cette version rendue publique. Malgré nos demandes (que nous sommes les seuls à avoir émises officiellement soit dit en passant), jamais cette version ne nous a été transmise. Ce qui ne veut pas dire que nous sommes résignés.

    • Cher Julien,

      Si ce que je lis est exact, alors je ferai mon mea culpa et je fesserai publiquement qui de droit.

      Cela dit, j’entends aussi de ce discours que le NF n’est pas résigné ! Alors nous allons ensemble vers l’objectif identique : quel est le contenu réel de ce rapport ?

      Je soutiens que la question n’est pas sans importance.

      A bientôt !

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