« Paris, bivouac des révolutions » et… de la France insoumise

(PAR VINGTRAS)

 

Ce n'est sans doute pas par hasard que FI a choisi la date du 18 mars pour organiser sa grande manif de régénération de la République car il y a 146 ans un ruisseau rouge naissait sur la Butte Montmartre et, dévalant vers la Seine, il allait creuser le lit d'un gouvernement du peuple par lui-même qui ne devait malheureusement durer que 72 journées ; je les nomme "les Immortelles".

En réalité il faut rechercher les sources de la Commune bien avant cette date, sans doute plusieurs années auparavant, de la fondation de l'Internationale à l'automne 1864 à toutes les réunions ouvrières, manifestations, grèves et agitation des Clubs rouges où la parole populaire s'est progressivement libérée et politisée...

Mais ce 18 mars 1871, le petit peuple de blouseux, cheulards et discutailleurs d'une capitale décapitalisée, après avoir subi coup sur coup la guerre, la débâcle, l'invasion, la chute de l'Empire et son remplacement formel par une république de cols blancs, l'invasion, le Siège et ses corollaires, la faim et le froid, la trahison d'un gouvernement dit de "défense nationale" qui s'empresse de capituler, l'élection d'une assemblée monarchique, etc...voit soudain arriver au petit matin, des lambeaux d'une armée déshonorée à qui on a donné ordre d'aller saisir les canons de la Garde nationale qui appartiennent au peuple puisqu'il les a payés !

Sur la Butte Montmartre, à proximité du "Champ polonais" où sont garés les canons, le Garde national Turpin essaiera bien de s'interposer mais il sera criblé de balles : il est le premier mort de la Commune.

Le soleil est à peine levé mais les montmartrois sont tirés du lit par les cris des blanchisseuses et par les bruits de la troupe.

Une femme, Louise Michel, une institutrice, va coordonner la riposte civile à cette agression militaire. Elle va d'abord s'occuper de Turpin mourant qu'elle va faire évacuer en fiacre sur un hôpital, puis elle va haranguer les soldats de ligne pour les inciter à cesser leur action.

Le général Lecomte qui commandait les troupes, leur donne par trois fois l'ordre de tirer sur la foule. Mais le sergent Verdaguer du 88e de ligne, crie à ses hommes de mettre "armes à terre" : il est le premier héros de la Commune.

La foule parisienne, mobilisée par les femmes, encourage les soldats à lever la crosse et à se détourner des canons : c'est la fraternisation.

Dans la journée du 18 mars, le mouvement va se propager d'arrondissement en arrondissement tant et si bien qu'Adolphe Thiers, chef du gouvernement, saisi d'une trouille irrépressible, va foutre le camp après avoir donné l'ordre d'abandonner Paris aux "sauvages"...

Et le soir de cette journée mémorable où flotte déjà une atmosphère de fête, les délégués élus du Comité central de la Garde nationale, se retrouvent à l'Hôtel de Ville, pilotes de cette révolution communaliste. Des élections démocratiques désigneront le 26 mars un Conseil de la Commune, qui sera officiellement proclamée le 28.

Le petit ruisseau rouge issu de la Butte, allait vite devenir une rivière, puis un fleuve.

Ces eaux atteindront-elles un jour la mer de la "République universelle" ?

NB/ En 1868, le géographe Elisée Reclus avait publié un petit livre superbe, "Histoire d'un ruisseau", qui est une allégorie prémonitoire de la Commune, de la source jusqu'à son destin maritime et international...avec la projection de son Imaginaire.

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