SATANISME OU ISLAMISME RADICAL, LES ECARTS VERTIGINEUX DE LA SUSPICION

(PAR PIERRE AVRIL)

 

Qu’une jeunesse déraille ou bourdonne, le jugement universel s’emballe. Comment, alors que l’avenir radieux se profile, ces égarés peuvent-ils s’engager dans la destruction, vers la mort ?

On oublie vite que la chair à canon fut récemment très jeune, que la vitalité des forces fit le label du bon soldat. Pour ceux qui ont visité des cimetières militaires, les plaques sont édifiantes de vie stoppées très tôt.

Mais, il était considéré comme légitime que le détenteur de la force officielle mobilise le potentiel ou le plus insouciant ou le plus enragé vers les tranchées les plus profondes, vers les tirs de mitrailleuses les plus drus.

Le jeune en arme, hors violence légitime, appelle aujourd’hui plusieurs clivages extrêmement tranchés :

  • Celui de sa responsabilité ou de son irresponsabilité.
  • Celui de l’ennemi ou de l’allié.

Dans notre monde sans doute autant violent que les mondes qui l’ont précédé, mais allergique à ses manifestations, la fusillade concentre heureusement l’insupportable. Tirer dans le tas sans qu’on y comprenne grand-chose sidère, affole. Le mauvais endroit au mauvais moment. Nos pulsions de survie s’y projettent avec empressement et on dira que quelque part, c’est assez sain.

Plus malsaine est la construction de l’inconscient collectif qui départage le normal du pathologique, l’ennemi de l’allié. Religion microscopique, le satanisme se voit décerné sans peine la fonction de symptôme, le naufrage vertigineux d’une jeunesse qui pousse jusqu’à la folie l’intégration des violences en secret de famille et ses duplicités insupportables. Accorder au mal, l’importance décisive, voilà le slogan. Et ça nous parle un peu, beaucoup, à la folie passionnément, pas du tout. Ambiguïté de nos transmissions, la petite résonnance de la culpabilité fait écho. Mal élevé.

L’islamisme radical n’a pas ce statut. Peu importe l’âge, le parcours du combattant, il est immédiatement apparenté à un groupe menaçant, il ne fait plus individu, il fait adversaire avec son corollaire de responsable, du c’est ou lui ou moi. Dressé contre nous.

Et on aboutit à ce remarquable paradoxe symbolique que Satan est une idée envisageable.

Bien évidemment, ce modeste  billet ne recherche pas l’établissement d’une égalité dans l’horreur. Il vise juste à rétablir dans les cas ou justice il faut rendre, d’approcher le juste  par la visite minutieuse du champ des causalités, le pesage minutieux des responsabilités ou de l’irresponsabilité. C’est à ce prix où les victimes peuvent ressentir un  besoin éperdu de vengeance que le travail de deuil peut s’opérer et que les enfants perdus pourront peut-être se retrouver.

Commentaires : 2

  1. Bible, Thora, Evangiles, Coran, même combat. Le décervelage universel ! Et ça marche! « Deux choses sont infinies, dit Albert Einstein, l’Univers et… la bêtise humaine ».

  2. mais le Mal n’existe pas enfin……………….seul existe ce que nous laissons croître par irresponsabilité collective et individuelle, par inertie par passivité par lâcheté……….. et probablement parce que nous sommes pour la plupart devenus des hommes- robots incapables de discernement et d’actions en découlant…..nous ne récoltons donc que les fruits que nous avons laissé grandir, la vigilance ou l’activisme ou la présence d’esprit n’ayant plus cours de nos jours.

Commentaires fermés