LA VRAIE FINALE

(PAR VINGTRAS)

 

Ce dernier carré de prétendants à la victoire - dans la marge d'erreur des sondages - fait bien l'affaire des commentateurs de commentaires puisqu'il y a incertitude et suspense, comme si un super-bowl politicien était projeté à l'opinion publique. Pourtant, il ne s'agit pas d''une compétition sportive mais d'un chèque en blanc donné pour cinq ans à un monarque républicain.

D'après les derniers tuyaux, deux finalistes semblent se détacher un peu dans le sprint qui marque les derniers jours de la campagne, deux candidats qui auront pédalé en tête du peloton depuis des mois...

Et pourtant, ces deux personnalités me semblent être en dehors du jeu des grands courants du roman national français, l'une (Marine Le Pen) incarnant comme le général Boulanger à la fin du XIXe siècle, un avatar médiocre du nationalisme, l'autre (Emmanuel Macron) étant le prolongement sirupeux du hollandisme c'est à dire d'un réformisme technocatique petit-bourgeois.

Car le véritable affrontement devrait être le face à face entre François Fillon, qui est le parfait représentant de la droite versaillaise, conservatrice et revencharde, et Jean-Luc Mélenchon, le héros de "la France insoumise", un porte-parole talentueux des exploités, des exclus, des humiliés et de tous ceux que la société n'a pas voulu laisser accéder au "luxe communal".*

Ainsi entre les deux tours, il y aurait un formidable débat entre ces deux hommes, une véritable confrontation droite-gauche au cours de laquelle on sentirait poindre tous les éléments de cette "lutte des classes" qu'on s'efforce de nier mais qui est bien réelle, que ce soit dans le monde du travail ou dans les quartiers déshérités des grandes villes. Ces "portefaix de la société" comme aurait dit Victor Hugo.

Un choc des idées et des sentiments excluant tout faux semblant et tout calcul stratégique : on peut faire confiance aux qualités rhétoriques de Jean-Luc Mélenchon pour ne pas se laisser enfumer...

Sinon, ce sera un mauvais remake de 2002 avec une victoire par KO technique d'un jeune homme séduisant, lisse et bien élevé.

Un voltigeur chic de la bourgeoisie.

* l'accès pour tous aux "communs"

Commentaires : 14

  1. Diplômé de l’ENA en 2004, il devient inspecteur des finances avant de commencer en 2008 une carrière de banquier d’affaires chez Rothschild & Cie. Membre du Parti socialiste entre 2006 et 2009, il est nommé secrétaire général adjoint au cabinet du président de la République française auprès de François Hollande en 2012 puis ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique en 2014 dans le gouvernement Manuel Valls II. extrait wikipedia.

    ce sera donc Macron il présente mieux dans la configuration actuelle, il est au service de la finance et comme tous les gauchistes d’aujourd’hui un agent agitateur au service de la mondialisation et du nivellement par le bas
    et soutenu par Soros lui aussi ?

  2. Ouais, globalement ici comme chez nous au Conseil d’Etat (ou n’importe où globalement aujourd’hui encore partout dans le monde / là où la démocratie est morte, assassinée par les riches et puissants / et où il ne reste plus qu’écorce vide de démocratie), on se demande(rait) (s’il on était français) s’il faut participer à cette mascarade de démocratie… ou pas… sachant que si on gagne (disons, avec n’importe qui sauf Macron et Fillon) on avance, et si on perd c’est la fin du monde (…pour les pauvres).

    Et si on vote pas, c’est aussi la porte ouverte à la dictature. (La mauvaise, la sale, celle de l’argent… des riches… (forcément, les pauvres n’en ont pas… et même de moins en moins, lol)).

  3. Par défaut, Macron est le seul candidat qui comprend l’avenir et ses incertitudes. Les autres , ils sont quand même limites. Les instituts de sondage, depuis le Brexit et Trump , se sont joyeusement trompé.

    • L’avenir de Macron… vous n’en faites pas partie.
      Et vos enfants et petits-enfants encore moins.
      Macron, ou ceux qui en tirent les ficelles, n’ont en effet pas prévu de place pour vous… « vous » le citoyen lambda, qui n’est pas (au moins) millionnaire. C’est le numerus clausus selon Macron and other international finance’s friends.

      Et les instituts de sondage ne se sont pas « trompés », ils nous MENTENT !!!!!! (nous manipulent, nous entubent, nous assassinent… (ça fait partie du plan d’avenir de Macron d’ailleurs… (celui sans vous)).
      Mais à part ça, votez Macron. Pourquoi pas, ça pourrait être une forme de suicide assisté (on en parle partout en ce moment) alors pourquoi en effet ne pas voter Macron, ça ferait le même effet pour pas un rond

  4. Mélanchon est le seul espoir de la France, selon une centaine d’économistes de 17 pays :

    http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/une-centaine-d-economistes-de-17-pays-affichent-leur-soutien-a-melenchon-1146693.html

    Intéressant.

    Mélanchon président, ce serai un excellent pas en avant vers la seule chose qui peut remettre le monde sur le bon chemin, à savoir la régulation (voir la réforme) du système financier international.

    Et aussi l’occasion de vérifier si un autre model économique est possible.

    • C’est vrai que le sortie de l’UE et le recours au protectionnisme sont des mesures qui font rêver. Tout comme font rêver Fidel Castro et Hugo Chavez, les grands hommes de Mélenchon. Certes, Mélenchon est fort : il sait parler et argumenter avec aisance, son discours est habile et brillant. Il a remis en place avec intelligence cet abruti de Bourdin. Mais au-delà des jolis mots, de l’attitude de celui qui sait tout, son programme est une arnaque, impossible à mettre en œuvre (il le sait très bien). On le voit déjà adoucir son discours et son programme à mesure que les sondages le portent plus haut. Enfin, qui croit sérieusement que Mélenchon pourrait à lui seul réformer la finance internationale ? C’est pathétique et enfantin. Il compte peut-être sur Tsipras et Varoufakis ? On voit la tendance. Ne pas oublier que Mélenchon est un pur produit du Parti socialiste, qui s’est propulsé révolutionnaire la cinquantaine passée, alors qu’il siégeait au Sénat. Se souvenir de ce mot de Hollande : « Mélenchon, je l’ai vu ramper pour entrer dans le gouvernement Jospin en 2002 ». Tout est dit. Macron fera le job.

      • Personnellement, j’aurais plus tendance à faire confiance à 100 profs d’économie qu’à un Sugus 😉

        Blague à part, si j’étais français, j’aurais beaucoup de difficultés à faire un choix.

        Macron? C’est la prolongation de la politique de Hollande, une véritable catastrophe pour le peuple. Et dans l’état actuel de la France, une jeune inexpérimenté serait un des pires choix.
        Le Pen? C’est la pire de tous, replis identitaire, racisme, et mauvaise foi, en plus d’être corrompue. Non !
        Fillon? Qui vous dit : « restez pauvres, c’est pour le bien des riches (dont moi qui en profite bien) »!? Pas crédible, menteur et corrompu.
        Les « autres »? C’est un peu gaspiller son vote, tant ils n’ont aucune chance.

        Alors bon, Mélanchon paraît être le choix le moins pire : intelligent, expérimenté, non corrompu (jusqu’à nouvel avis), avec un programme économique visiblement crédible selon des profs d’économie.
        Quant au fait d’avoir « rampé », c’est un détail gratuit et sans importance qui, de plus, provient du pire président que la France a dû subir. Alors question crédibilité…

        • 25 prix Nobel d’économie de toutes nationalités dénoncent les candidats anti-européens. Il y a aussi Cédric Villani et d’autres prix Nobel français qui ont pris position contre le programme économique de Mélenchon. Il faut lire la presse française, les tribunes signées par des gens compétents, c’est fort instructif !

          Certes, à La Havane, Caracas, Issy-les-Moulineaux ou Bastia-Sud, on peut trouver d’éminents économistes favorables à Mélenchon

          • Informez-vous la prochaine fois avant de dire des âneries.

            Les économistes qui soutiennent Mélanchon enseignent dans les universités du Massachussetts, de Cambridge, de la Sorbonne, de Bordeaux, etc.

  5. A propos de la réforme nécessaire du système financier, il est évident que Mélanchon ne pourra pas le réformer seul.

    Mais il représenterait un sérieux grain de sable, et peut-être une source d’inspiration pour d’autres qui aspirent à un système plus équitable.

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