Coup de gueule, avec production d’empreinte carbone, désolé !

(PAR JEAN-CLAUDE PONT)

 

L'1Dex : pour nos nouveaux lecteurs, cette petite précision sur la personnalité de Monsieur Jean-Claude Pont :

"Dr en mathématiques (EPFZ), mais aussi guide de haute montagne. Créateur et organisateur de la Course Sierre-Zinal. Créateur (avec Georges Meynet) et animateur des activités astronomiques de St Luc (Chemin des Planètes, Observatoire François Xavier-Bagnoud).

41 ans passés dans l’enseignement. Des mathématiques d’abord (Lycée-Collège de Sion, devenu Lycée-Collège des Creusets). Titulaire ensuite de la chaire « Histoire et philosophie des sciences » à l’Université de Genève"

 

Qui peut croire que d’ici quelques années nos trax, nos ratracs, nos grands avions, toutes nos machines fonctionneront avec l’énergie d’une éolienne portable ou de panneaux solaires en bandoulière, et nos grands bateaux ?

L’histoire est assez cousue de fil blanc. Une fois détruit une partie de nos sources d’énergie, les Verts, qui ont déjà gagné la bataille des idées à la mamelle de nos naïvetés, diront, vous voyez bien, comme nos avions ne peuvent plus voguer il faut rester chez soi, dépenser le restant d’énergie à effacer toute trace de carbone ; et effacer encore les traces que nous avons faites en effaçant les traces, et ainsi de suite ad nauseam.

Qui peut croire que l’on dépense de par le monde des milliards en subventions aux énergies renouvelables et qu’on laisse crever nos barrages, qui fournissent l’énergie la plus propre qui se puisse imaginer ?

 

Qui peut croire que 0.7 degré en 100 ans - la moitié d’un intervalle entre deux traits de la graduation du thermomètre - ait pu faire reculer nos glaciers, alors que la terre s’est chargée, seul, sans nous, à les faire remonter de Marseille jusque chez nous ?

0.7 degré c’est la différence de température moyenne annuelle entre Nice et Marseille. Qui peut croire qu’un glacier aurait fondu à Nice et resplendirait à Marseille ?

Qui peut croire que les glaciers des Alpes, tout seuls comme des grands, ont crû en moyenne d’environ 1’000m entre1600 à 1850, environ ?

 

Lorsque nos enfants marcheront avec des béquilles parce que nous nous sommes donnés le plaisir de couper leurs jambes, lorsque l’immobilité absolue aura enfin été atteinte, les services de Mme Leuthard, rasséréné et satisfaits, contempleront leur tâche et nourriront loups, lynx et ours qui auront colonisé la planète. Nous détruisons gratuitement, en quelques années, le bénéfices de siècles d'effort.

 

C’est une véritable attitude de potlach à laquelle nous assistons de nos jours dans le monde occidental. Dans certaines sociétés archaïques, des tribus rivales gaspillaient volontairement leurs richesses, celui qui avait gaspillé le plus étant considéré vainqueur, attitude que les anthropologues ont baptisé du nom de potlach*.

 

Nous aurons bien du mal à gérer cet appauvrissement, le monde en vert sera peut-être noir.

 

Le Monde occidental est aujourd’hui à l’ouest, ce qui n’est pas un pléonasme !

 

* « Cérémonie, pratiquée notamment par les tribus indigènes d'Amérique du Nord, au cours de laquelle des clans ou des chefs de clans rivalisent de prodigalité, soit en détruisant des objets, soit en faisant des dons au rival qui est contraint à son tour à donner davantage. » (Centre national des ressources textuelles et lexicales)

 

Ce qui ne m’empêche pas de vous transmettre mes cordiaux messages. Soyons optimistes, après tout, ce n’est plus nous qui subirons les inconséquences d’aujourd’hui.

 

 

Post Scriptum de L'1Dex : à toutes fins utiles, pour nos lecteurs les plus matinaux, cette précision : nos articles du jour sont édités au plus tard à minuit trente ! Vous pouvez donc vous endormir peu après minuit en ayant lu L'1Dex de la journée ! Nous travaillons sur une version nouvelle du site qui, nous l'espérons, va vous plaire. A bientôt !

Commentaires : 38

  1. Je suis très content de lire cet article car il rejoint précisément le cas de conscience qui me tarabuste quant à la prochaine votation sur l’utilisation de notre énergie. En effet, moi qui ai 59 ans, je vais devoir voter pour une mise en place drastique d’économie énergétique qui bridera mes enfants et mes petits enfants, qui les obligera à faire toutes sortes de sacrifices, alors que moi qui ai voté pour et qui ai usé de l’énergie à ma guise durant toute mon existence, je ne serai probablement plus là pour mettre en oeuvre ce que j’ai imposé aux autres générations.
    Je trouve cet art de transmettre la patate chaude parfaitement hypocrite et c’est la raison pour laquelle je voterai non à cette loi.
    Vraiment très content que quelqu’un soulève cet aspect et étonné que personne ne l’ait fait avant.

  2. M. Bianchi, à la lecture de vos articles ou commentaires sur l’1dex, je vous voyais plus rationnel que cela… Vous dites : «Je trouve cet art de transmettre la patate chaude parfaitement hypocrite». Les déchets nucléaires ne sont-ils pas justement une patate chaude transmise par les générations précédentes à la nôtre? Les multiples et diverses pollutions dues à la production d’énergie également!

    Pourquoi, à chaque fois que M. Pont s’exprime, faut-il indiquer son CV complet ? Pour crédibiliser ses propos ?

    Par exemple: «0.7 degré c’est la différence de température moyenne annuelle entre Nice et Marseille. Qui peut croire qu’un glacier aurait fondu à Nice et resplendirait à Marseille ?» La dynamique glaciaire est bien plus complexe qu’une simple différence de température, ce raccourci est scientifiquement malhonnête! 0.7 degrés, c’est aussi la différence de température entre chez moi et quelques dizaines de mètres plus haut. Et alors?

    «lorsque l’immobilité absolue aura enfin été atteinte, les services de Mme Leuthard, rasséréné et satisfaits, contempleront leur tâche et nourriront loups, lynx et ours qui auront colonisé la planète»
    Quel beau mélange! Énergie, mobilité, loup! J’aurais ajouté encore stations de ski pour faire un lien avec les ratracs du début de l’article. La peur, toujours la peur, c’est ça qui mène à l’immobilité et l’immobilisme, pas le manque d’énergie.

    «Qui peut croire que 0.7 degré en 100 ans […] ait pu faire reculer nos glaciers»
    Qu’est-ce qui fait reculer nos glaciers, alors? Pour faire davantage fondre qu’accumuler, il faut bien que la température s’élève. Les glaciers sont très sensibles au climat, bien qu’ils ne réagissent pas tous de la même façon en fonction de l’altitude, de la topographie, de leur masse, etc. C’est pour cela qu’ils sont utilisés comme indicateurs d’un changement climatique.

    «Nous détruisons gratuitement, en quelques années, le bénéfices de siècles d’effort.»
    De quel bénéfice parlez-vous? Des efforts pour quoi? Des siècles, vraiment? Les énergies qui sont aujourd’hui critiquées sont principalement le pétrole, le charbon et le nucléaire. Elles ne proviennent pas de siècles d’efforts, des décennies tout au plus! M. le docteur en mathématiques ne saurait-il plus compter?

    Bref, être climato-sceptique c’est bien, mais avec des arguments ce serait plus convainquant.

    • J’aime bien voir monsieur Bender faire un laius sur la peur alors que la peur est justement le fond de commerce des réchauffistes catastrophistes…. Vous voulez des arguments? OK: comment expliquez vous la présence d’une ère glaciaire au moyen âge? la consommation des avions peut-être? Plus globalement, comment arriver à la conclusion que le soleil a moins d’impact que l’activité humaine dans cette histoire? Ne serait-ce pas un peu présomptueux? Pourquoi ne traite-t-on pas sérieusement les arguments de ceux qui soulèvent cet aspect? La manière de procéder est toujours la même: on substitue l’argumentation à une démonisation du type « c’est un négationniste du climat » et hop le tour est joué. Aucun débat sérieux n’est mené. L’intégrisme écologiste n’accepte aucune remise en question de ses dogmes. Une religion qui voue une haine féroce à tous ceux qui ne suivent pas.
      Qu’on s’entende bien: je n’ai pas la prétention de savoir qui a raison ou tort dans ce débat. A vrai dire je m’en contrefous. Le politique est un domaine sans intérêt pour quiconque a compris que tant qu’on n’a pas détruit les réseaux en place (au niveau mondial, européen, national voir cantonal) rien ne peut évoluer dans le bon sens. Les réseaux sont le cancer de la démocratie qu’ils soient libéraux, écolos, socialos ou je ne sais quoi. Ils le sont aussi dans le domaine scientifique. Le cooptage des pairs qui pensent pareil que ce soit dans les instances de pouvoir ou de recherches doit être réduit à néant. Le tirage au sort est un mode de sélection beaucoup plus évolué et juste que le recrutement de type mafieux ou autres illusions de type électives.
      En revanche, ce que je sais, c’est que les grenouilles de bénitier écologistes qui utilisent des smartphones et autres tablettes au rythme d’un chaque année (voir 2 ans), qui passent leur temps dans des avions à visiter les 4 coins de la planète pour leurs vacances multiculturelles sont des gros malhonnêtes.

      • Quelle surprise, Tonton Julius est de retour. En pleine forme. Il avait disparu en 2014 pour réapparaitre maintenant en 2017, juste après les élections au gouvernement valaisan. Aurait-il maintenant du temps disponible suite à une réorganisation de son temps de travail ?

        • Gnomon,

          Je me sens obligé de mettre mon grain de sel dans deux directions tout à fait opposées :

          1. Pour laisser entendre que Tonton Julius correspond à un ancien conseiller, il faut … DES PREUVES.
          2. Je suis en plein accord avec Tonton Julius sur un point, à mon avis, crucial : certains copinages sont fort préjudiciables pour la république. Lisez L’1Dex ces prochains jours. Surtout si vous êtes socialiste (enfin, je me demande si ce qualificatif a quelque signification aujourd’hui : être socialiste, c’est peut-être simplement être favorable à Nicolas Dubuis. Alors là, je ne suis plus du tout socialiste. Julien Délèze est le destinataire premier de ma remarque : démonstration prochainement.

          La question de l’anonymat va rebondir très haut à L’1Dex au début du mois de juin. Nous saurons, ou disons plutôt, je saurai, – ou non -, au plus tard le 2 septembre le nom de Tonton Julius. On va voir si Gnomon est capable d’aller plus vite que moi sur ce coup ! Le défi est lancé !

          • Merci Maître Riand pour la présentation de la future stratégie du l’1dex concernant le blogging sous pseudonymat. Je m’en réjouis, car certains pseudos m’intringuent, capables de professer avec peu d’éléments d’information objective comme certains politiciens émérites.

            Tonton Junius tient une place particulière. Dans ses interventions on retrouve les idées d’un politicien qui a disparu subitement de l’horizon médiatique.

            Le public a attendu trois ans pour découvrir qu’Oskar Freysinger avait rédigé Canines, le deuxième livre signé sous le pseudonyme Janus. Dans une interview à l’1dex, son éditeur Slobodan Despot l’a rapidement corrigé en révélant publiquement que le texte final de Canines était en fait une oeuvre collective. Le pseudonyme Janus est le nom du dieu romain du mois de janvier. Un dieu à deux faces, symbole de l’auteur et son éditeur?

            Le mystère reste encore entier pour le premier ouvrage signé Janus également: « l’Evasion de C.B. » (pour Cristoph Blocher, évidemment). Alors quand Tonton Junius (mois de juin en latin) blogue politiquement avec passion, que certains comme moi retrouvent les idées, voire le style, d’un Janus (mois de janvier), faudra-t-il faire tout le calendrier romain pour savoir qui se cache derrière ces pseudos qui ont fait trembler le monde politique?

            Et bien, si le pseudo de Tonton Junius tombe, comme celui de premier Janus, le mien tombera sans regret. je n’ai rien à cacher.

          • Que répondre ?

            Je vais souhaiter que Ronchon, Jean Lampion, Tonton Julius, Fausstat, Aliocha, Lafouine, d’autres encore, vont subsister en juin et, surtout, les mois suivants.

            A vous relire à ce moment-là !

          • Les amateurs de l’1dex auront corrigé mon enthousiasme sur mes questions concernant le choix du pseudo de Tonton Julius. Je l’ai fait transformé en Tonton Junius alors que son pseudo Tonton Julius fait référence à J.C. – tssst, pas Jésus Christ mais Jules César – qui devint dictateur à vie puis déifié après son assassinat – Imperator Iulius Caesar Divus – célébré par les romains un mois de juillet.

            Le pseudo de Tonton Julius fait référence au grand dictateur Jules et non pas au misérable Junius dont l’étymologie pourrait être soit Lucius Junius Brutus, le fondateur légendaire de la République romaine, voir pire encore faire référence la déesse romaine Junon.

            Dictateur à vie : le rêve politique de Tonton Julius ?

            « O tempora, o mores » que j’ai découvert en lisant Asterix.

    • Monsieur Bender,
      sujet infiniment complexe vous avez bien raison. Il y a dix ans que j’étudie ces questions, avec un doctorat en mathématiques et une trentaine d’années d’enseignement et de recherches en histoire et philosophie des sciences, c’est-à-dire la plupart des outils et des techniques nécessaires. Je peux reprendre à mon compte les paroles d’Ernest Renan, mal aimé chez nous mais qui fut l’un des plus grands intellectuels du XIXe siècle, qui écrivait à propos d’un autre sujet : « Durant quatre ans, une terrible lutte m’occupa tout entier, jusqu’à ce que ce mot, que je repoussai longtemps comme une obsession diabolique : ˝ Cela n’est pas vrai ! ˝ retentît à mon oreille intérieure avec une persistance invincible. » Renan encore notait quelque part : « Peu de gens ont le droit de ne pas croire au Christianisme. » Je dirai pareil : peu de gens ont le droit de ne pas croire au GIEC et à ses thèses ! Je pense être de ceux-là.
      Mais revenons-en à votre question relative aux glaciers. En préambule vous dire ce qui n’est contesté par personne : qu’il y a 20’000 les glaciers recouvraient l’Europe, les preuves sont inéluctables. Et ils ont disparu, nous en sommes la vivante preuve. Il y avait beaucoup moins de CO2 dans l’atmosphère. De 1600 à 1840 environ, les glaciers des Alpes ont augmenté de 1’000 mètres en moyenne sans que la cause ne soit connue. Ils ont commencé une décrue à partir de 1840, soixante-dix ans environ avant la fameux 0.7 en 100 ans, officiellement reconnu par le GIEC. Pour faire comprendre ce qui pourrait (nous autres nous avons l’habitude de parler au conditionnel, quand la preuve scientifique n’a pas été apportée) être responsable de cette décrue – l’une parmi des centaines d’autres au cours de l’histoire – je vous propose de faire l’expérience de pensée suivante. On imagine un bloc cubique de glace énorme, si vous voulez avec un côté de 100 mètre, et on le place à 3’000 mètres d’altitude. Puis le bon Dieu nous accorde de faire baisser la température moyenne de 3 degrés, donc bien plus froid que maintenant et cela sans changement pendant 3 ans. Dernière demande au Seigneur : que pendant cette durée il n’y ait plus de précipitations. Que fera notre bloc, pensez-vous ? Il fond, évidemment. Ce n’est pas la température, puisqu’elle est aussi basse qu’aux temps où nos glaciers ne fondaient pas. Ce qui a fait fondre notre bloc c’est l’absence de précipitations. Si vous croyez que c’est un jeu d’esprit il faut vous détromper. Deux glaciologues de réputation internationale, Kaser et Mote ont démontré et c’est aujourd’hui admis partout que c’est le changement du régime des précipitations qui a fait fondre les glaces du Kilimandjaro et pas un éventuel réchauffement climatique. Si vous doutez de ma parole, voyez la fameuse revue Pour la Science (issue de Scientifique American) elle-même qui l’annonçait dans la page de couverture de son numéro de décembre 2007, à l’occasion de l’article Kaser-Mote : « Neiges du Kilimandjaro : le réchauffement climatique innocenté ». C’était un mauvais coup pour ce périodique défendant par ailleurs à cor et à cri les thèses du GIEC relativement au réchauffement climatique.
      John Tyndall (1820-1893) est un physicien important et un glaciologue de haut niveau (il fut aussi le premier sur le Weisshorn !). Dans un livre qui est le premier classique de l’histoire de la glaciologie paru vers 1860, Tyndal écrivait :
      « Après douze ans d’absence [c’était donc dans la décennie 1840-1850], j’ai visité la mer de Glace au mois de juin dernier. Elle m’a présenté d’une manière frappante cet excès de la consommation sur la production qui, s’il continue, finira par réduire les glaciers de la Suisse à n’être plus que l’ombre de ce qu’ils étaient autrefois. ». Excès de la consommation sur la production écrivait-il et il n’était pas question de température

      Vous voyez, pour se prononcer sur ces difficiles questions il faut se documenter, lire réfléchir.
      Vous faites grief à celui qui a choisi de publier cet article d’avoir placé en préambule mon cv. J’ai prononcé dans ma vie de 2 à 300 conférences et on a chaque fois commencé par me présenter et j’ai fait pareil avec mes invités. Il est indispensable que les auditeurs ou les lecteurs sachent à qui ils ont à faire. Lorsqu’on donne la parole à un écrivain, on dit ce qu’il a écrit, lorsqu’un nouveau joueur arrive dans une équipe on commence par dérouler ses activités passées. Que j’aie été guide me permet de parler des glaciers avec une compétence qui est probablement au-dessus de celle de la moyenne. Le fait d’avoir créé Sierre-Zinal ou le Chemin des planètes ou l’observatoire de St Luc (avec Georges Meynet) montre mon intérêt pour la nature et pour le partage de cette nature. Les mathématiques interviennent massivement dans l’étude sérieuse des problèmes du climat. Quant à l’histoire et la philosophie des sciences que j’ai enseignées durant une vingtaine d’années à l’Université de Genève elles m’ont permis d’acquérir une méthode qui est essentielle notamment quand on traite de fausses sciences ou d’arnaques (les malheurs qu’on a fait à Galilée, la triste affaire Lyssenko en Union soviétique, l’affaire Deyfus, etc.). Les affaires du GIEC et de la malhonnêteté avec laquelle on intoxique les gens sont structurellement parlant du même type. Il était bon, je pense que mes lecteurs soient informés de ça. Quand bien même ce « Coup de gueule » avait été écrit pour un réseau interne d’amis, de connaissances, d’anciens étudiants, M. Riand a bien fait de prendre l’initiative de le publier.
      Si vous aviez commencé par quelques lignes de votre cv, j’aurais peut-être pu cibler mieux ma réponse. Mais je reste volontiers à votre disposition pour discuter de tout ça (jean-claude.pont@unige.ch).

      • M. Pont,

        Si, d’après vous, la fonte des glaciers serait la conséquence d’un manque de précipitation, quelle est la cause de ce manque de précipitations?

      • À la lecture du texte du Prof. Jean-Claude Pont, les bras m’en tombent : le CV de l’auteur, écrit par l’auteur, en tête d’article.

        Ayant participé à l’activité académique pendant des années, ayant travaillé sur un campus étranger de réputation internationale, je n’ai jamais lu une communication scientifique qui commençait par le CV de son auteur rédigé par l’auteur de la communication. Jamais. Il faut donc une première. L’1dex me l’offre.

        En outre par son CV, le Prof. Jean-Claude Pont semble se mettre hors-jeu pour la question qu’il traite par une réflexion qui se targue d’être scientifique. Je m’explique. Le Prof. Jean-Claude Pont a obtenu une thèse en mathématiques à l’EPFL : excellent. Il a enseigné au collège des Creusets, magnifique. Et ses anciens élèves l’en remercient, je les comprends. Il a professé à l’université de Genève sur l’histoire des sciences, un sujet qui me passionne, superbe. Là où je suis étonné, c’est quand il prétend avec aplomb avoir les outils méthodologiques pour répondre aux urgences climatologiques de notre planète.

        Le CV du Prof. Jean-Claude Pont est excellent, mais il semble parfaitement inadapté pour s’attaquer à une question qui demande des compétences multidisciplinaires de sciences physiques expérimentales : planétologie, géologie, climatologie, physique de l’atmosphère, etc. La connaissance des mathématiques du Prof. Jean-Claude Pont est respectables, mais son expérience expérimentale limitée. Où sont les compétences interdisciplinaires de data mining, d’algorithmie, de modélisation, etc…

        Même un lauréat d’une médaille Fields (l’équivalent du prix Nobel en mathématiques) ne maîtrise pas l’information nécessaire pour répondre à la question soulevée. Pour illustrer ma perplexité, quand j’ai un problème médical, je vais voir un médecin, je ne vais pas consulter un Prof. d’histoire de médecine pour résoudre mes problèmes de santé et je pense que le Prof. Jean-Claude Pont en fait tout antant.

        Et si d’aventure le Professeur Jean-Claude Pont est capable d’apporter le trait de génie pour la compréhension des changements que nous observons – cette probabilité existe – qu’il aille présenter pour le bien de l’Humanité ses conclusions en colloque spécialisé comme il l’a fait pour l’histoire des sciences. Qu’il poursuive donc la vie scientifique en se heurtant aux remarques/questions pertinentes de ses collègues, se controntant ainsi aux collègues qui vont ignorer son CV pour juger ses idées et ne considérer que les faits testables pour valider ou invalider sa théorie.

        Et si cette démarche le rebute, qu’il rédige ses communications pour des revues spécialisées, avec sérieux et humilité, car tout lecteur a le droit de reprendre l’information objective, et d’en tirer des conclusions contradictoires. Il est trop facile de rédiger des communications spécialisées pour un public qui ne peut pas challenger les conclusions proposées. D’autant plus si on utilise son CV pour se crédibiliser par rapport à ce public. Dans le cadre de la démarche scientifique, un CV est parfaitement inutile pour défendre une théorie. A long terme, seuls les faits comptent. Par exemple, pour confirmer une prédiction de sa théorie de la relativité, Albert Einstein a dû attendre que l’on mesure quand la planète Mercure est réapparue après s’être cachée derrière le Soleil.

        Un doctorat d’une grande école, le titre de professeur d’une université, ne sont pas des titres nobiliaires. S’ils témoignent d’un travail reconnu par ses pairs, ils ne sont pas gages de futures productions scientifiques pertinentes. Ce ne sont donc pas des équivalents de titres nobiliaires qui assureraient au public une future production intellectuelle pertinente. Et si les titres académiques étaient révérés ainsi, nous nous retrouverions dans un monde scientifique précopernicien où la démarche scientifique testable que nous connaissons n’existait pas.

        Je propose au Prof. Jean-Claude Pont un challenge simple. Gravons ses conclusions au bout de la langue du glacier d’Aletsch. En fonction de l’avancement et du retrait du glacier, les citoyens du futur pourront ainsi méditer sur la pertinence de ses propositions proposées au début du 3ème millénaire.

  3. Merci de ce coup de gueule bienvenu ! l’hypocrisie du moment correspond bien à la nature prétentieuse et dominatrice de l’homme : prétendre tout contrôler, tout diriger, ici la nature, là les esprits, ailleurs faire croire que c’est l’homme qui pense, fait , agi et contrôle. Quelle tromperie ! le réchauffement est là, bien là (c’est un fait scientifique incontesté) il est même tellement là que grosso modo cela fait 12’000 ans que cela dure…. cela a commencé sans l’homme, cela dure un peu avec lui et celui continuera sans lui, n’en déplaise à ceux qui vont nous faire croire que on peut tout contrôler.
    L’attitude du monde politique dans l’abandon de nos énergies indigènes est juste scandaleux. On va tolérer des subventions urbi et orbi sauf chez nous pour permettre d’inonder le marché avec de l’énergie bon marché qui tue les autres énergies propres. C’est sûr que quelques panneaux solaires (et il en faut) et quelques éoliennes (et on peut en mettre ici et là) vont sauver la planète : mais quelle prétention ! La Suisse centre du monde et salvatrice de tout, je crois rêver.
    Plutôt que de prétendre maîtriser le réchauffement, préparons-nous plutôt à envisager comment gérer ses conséquences. Un seul exemple : si nos glaciers devaient fondre et disparaître (hypothèse tout à fait plausible) comment ne pas voir dans nos barrages un moyen d’assurer des sources d’eau si indispensables (demandez-le aux californiens!). Alors qu’on entend ici et là qu’il faudrait les vendre ????
    Nos générations ont pu bénéficier d’un environnement économique (et un développement ) grâce à la vision de nos ancêtres, à un courage certain (appelé parfois prise de risque). Je ne suis pas sûr que le monde contemporain en ferait de même tant il est devenu frileux, prétentieux et incroyablement influençable. Vous en doutez ? Demandez-vous simplement s’il serait possible aujourd’hui de creuser le tunnel du Simplon, de construire la Grande Dixence, de bâtir la cathédrale ou simplement d’oser penser l’avenir sans nécessairement avoir peur.

  4. Quel coup de gueule irresponsable !

    M. Pont vit dans un monde passéiste idéalisé. Il fait partie de la génération qui a profité de l’exception des Trente Glorieuses (1946-1975), et qui ne veut pas admettre ses dérives. Si on parle aujourd’hui de développement durable, c’est justement pour corriger les dérives engendrées par la génération de M. Pont.

    Examinons ce que cette génération nous a légué ?

    Côté positif d’abord. Durant les Trente Glorieuses, les conditions de vie se sont indéniablement améliorées. les valaisans sont passés d’une vie rurale difficile à l’abondance de la modernité.

    Les conditions sanitaires se sont améliorées, prolongeant l’espérance de vie de la population. Les inégalités sociales ont été réduites, les femmes ont obtenu le droit de vote, il y avait du travail pour tous.

    Mais les années ’80 ont sonné le glas de cette prospérité équilibrée, dont M. Pont semble si nostalgique (on le comprend).

    Aujourd’hui, les effets pervers de ce système sont en passe d’annuler tous ses bienfaits. La jeune génération d’aujourd’hui est incroyablement stressée. Et il y de quoi ! Voici l’héritage que nous leur léguons :

    > Un climat déréglé par la surconsommation des énergies fossiles.

    > Des déchets nucléaires extrêmement encombrants et menaçants (ça, c’est la patate chaude par excellence).

    > Un monde du travail basé sur le profit à court terme, ou la compétition (écraser son concurrent) règne en maître, ou l’humain n’est plus qu’un pion remplaçable dès qu’il n’est plus rentable.

    > Une surconsommation matérialiste, dont le principal effet est de plonger l’homme dans un état de manque et d’insatisfaction permanente.

    > Un environnement pollué par des substances chimiques issues principalement de l’agro-alimentaire, soi-disant destinées à éradiquer la fin dans le monde (qui existe malheureusement toujours)

    > Un 8ème continent, composé de déchets plastiques, qui s’étend dans l’Océan Pacifique sur une surface de 3,4 millions de km carrés.

    > Une civilisation hors-sol, déconnectée des réalités physiques mais ultra-connectée aux réalités virtuelles (la réalité virtuelle, quel oxymore !).

    > Un monde surpeuplé où la population urbaine a, grande première dans l’histoire de l’humanité, dépassé en nombre la population rurale.

    > Et plus récemment, un monde globalisé et ultra-monopolisé, où le pouvoir est centralisé dans les mains de 5 géants supranationaux, le GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), que tout le monde courtise, gouvernements y compris, tant ils détiennent les clés du monde actuel (l’information, c’est le pouvoir).

    Dans cet affligeant état des lieux, je n’ai fait qu’effleurer les merveilleux legs que la génération de M. Pont nous a transmis.

    Comme indicateurs du « bien-être » apporté par tous ces « bénéfices de siècles d’efforts », on peut noter une vague de suicide sans précèdent (chez les ados), la forte augmentation de décès suite à un cancer (mais les cocktails de substances cancérigènes que nous ingurgitons et inhalons quotidiennement n’y sont pour rien, pensez-vous !), la grogne croissante (et compréhensible) de la population contre les élites dirigeantes, et j’en passe.

    Le monde noir, c’est le monde qui nous attends si nous refusons d’accepter la réalité, comme M. Pont.

    Le choix responsable, aujourd’hui, est de privilégier la sobriété à la surabondance.

    Faire le choix de la sobriété, c’est refuser de transmettre la « patate chaude » aux générations futures.

    • Votre vision du monde actuel, si précise soit -elle, tend à faire croire qu’avant tout était mieux et qu’il vaudrait mieux ‘revenir’ au bon vieux temps! Alors pensez à la vie que vivait les gens ici il y a 100 ans (et je ne parle même pas de la fin du XIXème avec les émigrations de gens , partis au bout du monde pour ne pas mourir de faim ! Oui le monde contemporain a engendré désordre et problème mais il est à même de les empoigner sans pour autant imaginer que tout est noir, plus noir que noir. Imaginez-vous que la nouvelle loi sauvera les océans ? diminuera la problématique des déchets nucléaires ? (rem. : on peut arrêter toutes les centrales aujourd’hui, les problèmes resteront… ils seront même augmentés). Enfin et je l’ai écrit précédemment, je trouve très prétentieux d’argumenter que notre loi va sauver la planète et empêcher le réchauffement climatique (qui, juste en passant pourrait avoir un sacré coup dans l’aile avec une ou deux éruptions volcaniques majeures!). Enfin et c’est aune question trop peu évoquée pourquoi faire supporter aux seuls ménages le risque d’une facture énergétique visant à corriger les conséquences d’une politique industrielle ravageuse ?

      • Cher Uranus,

        Loin de moi l’idée de dire que c’était mieux avant.

        Mon commentaire veut dire : arrêtons la surconsommation (de ressources naturelles, d’énergie, de nourriture, de tout bien de consommation en général) prônée par la génération précédente et vieillissante. Cette surconsommation est une des causes principales des problèmes environnementaux actuels.

        Soyons modernes, mais plus sobres.

        Quand à impliquer que cette loi va « sauver la planète », il s’agit d’une pure interprétation de votre part. Cette loi n’est qu’un tout petit pas sans la bonne direction.

  5. Qui peut croire ? Moi 60 ans ! Moi j’ai cru ce matin être tombé sur le site  » albert rösti  » ou  » les observateurs  » en ouvrant 1dex.ch …

  6. et pourquoi ne parle-t-on pas des smartmeters qui sont une des plus grande arnaque de cette stratégie énergétique ??????
    et qui ne vise probablement pas que la stratégie énergétique ?

    coût je crois environ 5 milliards d’euros pour ERDF

  7. @matthieu bender : le CV complet c’est pour marquer la différence entre un mouton cultivé et un mouton du peuple simple maçon ou charpentier

    le Cv complet donne plus de poids à la parole, you see

    pour le reste la stratégie énergétique commence ici et maintenant et elle s’appelle DECROISSANCE

  8. J’ajouterai que le fait de donner le c.v. complet de M. Pont lui enlève au contraire toute crédibilité car pour écrire de telles énormités et faire de tel amalgame, il ne faut pas être très intelligent..quant à M. Bianchi, il n’a pas dû souvent demander l’avis aux jeunes pour savoir ce qu’ils veulent mais en tout cas pas de la pollution et des déchets nucléaires. Ce que veut M. Bianchi c’est surtout ne faire aucun effort, aucun changement de comportement et après moi le déluge.

    • Mimot,
      Relisez bien mes propos.Je n’ai jamais dit que j’étais opposé au principe de consommer moins d’énergie et d’abandonner le nucléaire. J’ai simplement écrit que je me sentais hypocrite d’imposer aux GÉNÉRATIONS FUTURES des RESTRICTIONS ET DES OBLIGATIONS FORCÉES que je n’ai pas eues à subir moi-même. C’est une question d’honnêteté.
      Par ailleurs, qu’est-ce qui vous autorise à écrire que je ne veux faire aucun effort ? Si ça se trouve, dans ce domaine, j’en fais tout autant que vous, qui sait ?

      • mais laisser des déchet pour les 10’000 années à venir (avec les coûts associés pour ces mêmes 10’000 années) ne vous pose aucun problème ? paradoxale !

        • les déchets sont là, renoncer au nucléaire (qui est une bonne idée) ne va pas les faire s’évaporer d’un coup. Je dirais même que les vrais problèmes commenceront lorsqu’on arrête un centrale ! Alors au-delà des slogans trouvons ,par la recherche et l’innovation, des solutions à la gestion de ces déchets. Enfin, mais je ne veux pas vous inquiéter, les 10’000 ans que vous évoquez sont de loin pas la durée réelle qu’il faut prendre en compte !

  9. de toutes façons pas la peine de se déplacer au bureau de vote pour cautionner l’une ou l’autre de 2 versions qui de toutes façons ne participent aussi bien l’une que l’autre que de la continuation d’un mode de vie… débile, assassin et même suicidaire. La vraie dignité (ou conscience) (leur part verte et écologique en tous cas) serait de voter pour savoir si on veut DIMINUER la consommation d’énergie; et cela dans des proportions de 2 (3 ou 4) fois moins…

  10. L’augmentation de la température n’est qu’une des nombreuses conséquence de notre boulimie énergétique. En 100 ans, l’homme a utilisé plus de la moitié du pétrole que la nature avait accumulé pendant des millions d’années, et produit des déchets nucléaires qui vont menacer la vie des 50 futures générations futures (si elles se souviennent des lieux de stockage). La boulimie énergétique amène aussi la pollution aux particules fines et aux pluies acides, le mitage du territoire, le bruit, les embouteillages, les changements climatiques.

    Même s’il n’est pas un PONTe des maths et de la philo, l’homme d’aujourd’hui a plein de raisons de voter OUI a une loi qui prescrit des économies d’énergie raisonnables. Et nous savons tous que nos enfants seront libres de changer cette loi si le négatif des effets l’emporte sur le positif.

    Et vive la course en haute montagne: l’adrénaline et le manque d’oxygène sont des drogues légales. Qui probablement inspirent le romancier mieux que l’analyste énergétique.

  11. D’une manière générale, il est plus simple de suivre « moutonnement » les matraquages médiatiques orchestrés par les milliers de journalistes à la solde du GIEC, que de réfléchir par soi-même et de s’informer.
    A ceux qui voudraient aller dans cette dernière voie raisonnable, je conseille l’achat du livre d’Istvan E. Marko  » Climat : 15 vérités qui dérangent  » (2014). Si vous le faites, exigez bien la deuxième édition. Cette lecture vous permettra de parler en connaissance de causes et de conséquences.

    • M. Pont,

      J’ai l’impression que vous jouez sur les mots. Vous contestez le « réchauffement » climatique en arguant qu’un réchauffement de 0.7 degrés n’est pas d’ordre à faire fondre un glacier. En l’occurrence, au niveau local, vous avez raison.

      Sauf que cette hausse de 0.7 degré ne correspond pas une hausse de température au niveau local, mais une hausse moyenne de la température globale (au niveau mondial).

      En tant que mathématicien, je pense que vous saisissez cette différence d’échelle basique, et également que la notion de moyenne ne donne aucune indication sur les évènements climatiques extrêmes?

      Accessoirement, j’aimerais savoir si vous pensez que les activités humaines n’ont aucun impact négatif sur le climat ?

      Et autre question, si on remplaçait le terme « réchauffement » climatique par « dérèglement » climatique, seriez-vous toujours aussi sceptique ?

      • Cher Monsieur El Pistolero

        Les activités humaines ont, par les pollutions de toutes sortes, en particulier de l’eau, un impact négatif sur la Terre, ça c’est sûr et réel. Quel est l’effet de ces polluants sur le climat – et c’est là que nous nous distinguons du Nostradamus du GIEC – nous l’ignorons. Mais ce que nous savons avec certitude, c’est que personne n’est aujourd’hui en mesure de le dire. C’est la différence entre la science et les pseudo-sciences.

        Autre chose avec le carbone. Les thèses officielles du GIEC condamnent le carbone comme responsable d’un réchauffement climatique. Ce que le GIEC tait pudiquement, et pour cause, grâce à l’armada des journalistes à sa solde, c’est le phénomène suivant qui est abondamment prouvé. Lorsqu’on a pu établir la courbe de la variation du carbone dans l’atmosphère et en même temps celle de la variation de la température sur de très longues échelles de temps, on a observé qu’elles oscillent d’une manière « parallèle ». Il semblait dès lors établi que cette corrélation enseignait que l’augmentation du carbone causait une augmentation de température, ce que j’ai moi aussi commencé par croire. Des mesures plus minutieuses ont montré que la courbe d’augmentation de température précédait en fait de quelques centaines d’années celle de l’augmentation du carbone. Ainsi c’était l’augmentation de température qui était la cause de l’augmentation de carbone dans l’atmosphère et non l’inverse. Soigneusement caché mais reconnu par tous les milieux spécialisés, du moins ceux qui n’ont pas peur de la vérité. A la réflexion on aurait pu trouver ça tout seul. Lorsque la température de la terre augmente celle des océans augmente aussi, mais plus lentement de quelques centaines d’années. Cette augmentation de la température de l’eau augmente la diffusion dans l’atmosphère du carbone des carbonates dissout dans l’eau !!

        Vous me demandez aussi « si on remplaçait le terme ˝ réchauffement climatique ˝ par ˝ dérèglement climatique ˝ je resterais toujours sceptique ? Voici ma réponse.

        Emmanuel Le Roy Ladurie, grand historien français, professeur au Collège de France (l’institution la plus réputée de France) a publié en 1967 un ouvrage, qui fait encore aujourd’hui référence Histoire du climat depuis l’an mil. Il y montre notamment l’existence d’un optimum de température entre grosso modo 1000 et 1300, des températures en tout point semblables à celles que nous vivons aujourd’hui. Dans une saga dramatique, prenant toutes sortes de libertés, M. E. Mann a produit une courbe (On l’appelle aussi la courbe en crosse de hockey) qui à la fois gomme l’existence de cet optimum du Moyen Age et produit pour les temps actuels un gros accroissement de température. Cette courbe arrangeait fort le GIEC, qui l’a soutenue pendant longtemps. Devant l’avalanche de critiques qui s’est accumulée sur le travail de Mann, le GIEC a fini par retirer cette courbe de ses rapports. Mais tout cela est soigneusement caché. Le Roy Ladurie nous montre aussi à quel point durant ces mil ans le climat a varié. Cela répond à votre question. Pour être plus précis, la notion de « dérèglement climatique » n’a aucun sens puisque le climat ne fait que varier. Ainsi, dans une période plus proche de nous et beaucoup mieux référencée que celle de l’an mil, de 1600 environ jusque vers 1850, les glaciers vivent une crue mémorable, augmentant en moyenne de 1000 mètres dans les Alpes, jusqu’à envahir des villages. Faut-il parler de la période qui commence à peu près vers l’an 1000 comme d’un dérèglement climatique ? Faut-il voir cette grande crue des glaciers comme un dérèglement climatique ? Et la période actuelle aussi ? Et lorsque les glaciers avaient envahi toute l’Europe, il y a quelque 20’000 ans, dérèglement climatique ?
        Un de mes amis et collègue, Pascal Acot, a publié lui aussi un ouvrage intitulé « Histoire du climat » (2003) dans lequel vous retrouverez toutes ces informations, avec beaucoup de détails. Il faut signaler qu’au moment où il écrivait ce livre, Pascal Acot croyait fermement aux thèses du GIEC. Je crois qu’aujourd’hui il est devenu sceptique, sans toutefois être tout à fait climato-sceptique. Autre livre encore, Michel Magny, Une histoire du climat. Des derniers mammouths (1995)

      • Merci pour votre réponse M. Pont.

        Je comprends qu’on puisse avoir des doutes sur le réchauffement climatique. Comme nous le savons, le doute est fondamental dans les branches scientifiques.

        J’ai moi-même étudié cette discipline durant mon cursus universitaire. A l’époque, elle se dénommait « Global Change ». Elle n’incluait pas uniquement l’étude du climat, mais également les impacts engendrés par les activités humaines sur les principaux cycles naturels (carbone, azote, phosphore, eau). Cette approche holistique incluait non seulement l’étude du climat, mais examinait les causes des grandes problématiques environnementales comme la désertification, l’acidification des océans, les extinctions massives de la biodiversité, etc.

        Le réchauffement climatique est par la suite devenu la branche la plus médiatisée de l’étude du changement global. Et comme souvent, les médias ne transmettent qu’une vulgarisation (incomplète et souvent inexacte) des résultats scientifiques.

        Les activités humaines ont atteint un tel niveau d’influence qu’elles sont devenues une force géologique majeure, capable de marquer la lithosphère, au point que le 35ème congrès géologique international a validé en 2016 une nouvelle époque géologique baptisée « Anthropocène ».

        On peut douter de la prépondérance des activités humaines sur les variations climatiques en cours, mais leur influence globalement néfaste sur la biosphère est indéniable. Il ne s’agit pas de jouer les Cassandres, mais de prendre conscience des limites de notre écosystème et de notre influence sur ce dernier.

        On peut également critiquer le fonctionnement du GIEC, et mettre en doute la fiabilité de leurs conclusions. Mais on ne peut ignorer le consensus qui règne au sein de la communauté scientifique sur l’existence du réchauffement climatique.

        Le climato-scepticisme est sain tant qu’il se cantonne à la sphère scientifique. Il force les chercheurs à se remettre en question et à améliorer leurs méthodes.

        Mais là où il devient malsain, c’est quand il devient un prétexte à l’immobilisme, ou pire, une justification pour intensifier les activités ayant une influence néfaste sur les écosystèmes (cf. décisions récentes de l’administration Trump).

        En ce sens, à moins que vous n’ayez des intérêts financiers personnels, il serait judicieux de faire appel à votre déontologie et à manier la pondération dans vos déclarations publiques. Si vous contestez le « réchauffement » climatique, ayez au moins l’honnête intellectuelle de reconnaître la nécessité d’opérer une transition dans notre mode d’exploitation des ressources naturelles et dans notre mode de vie basé sur la surconsommation.

        Bonne journée à vous.

        • On ne peut pas répondre sur tout parce que c’est un objet d’une grande complexité. Mais sur le point que vous soulevez avec raison, à savoir : « Mais on ne peut ignorer le consensus qui règne au sein de la communauté scientifique sur l’existence du réchauffement climatique », la réponse ne prend pas de temps et ne mobilise aucun concept scientifique. Il y a en moyenne quelque 600 scientifiques qui travaillent pour le GIEC. Et encore, ils ne sont pas des permanents. L’Association des climato-réalistes de siège à Paris, compte environ 850 membres, des scientifiques pour une bonne part, tous climato-sceptiques. Le Sénat des USA a publié une liste (bien avant Trump) d’environ 700 scientifiques qui ne partagent pas les thèses du GIEC. La pétition intitulée « Global Worming Project » comporte la signature d’environ 10’000 titulaires d’un doctorat en sciences qui s’opposent de même à ces thèses.
          Vous doutez, alors voyez :
          – ce que dit le physicien norvégien IVAR GIAEVER (2015), prix Nobel de physique (Global Warming Revisited) des thèses du Giec ;
          – comment Richard Lindzen, physicien américain, professeur de météorologie au Massachusetts Institute of Technology, l’une des plus prestigieuses universités du Monde (3e sur 500 Universités classées dans la Liste de Shanghai, l’EPFZ était 20e, l’Université de Genève 58e et l’EPFL 96e) : Richard Lindzen on Climate Hysteria | Power Line, comment Lindzen parle des affaires du climat.
          – comment le professeur Paul Reiter de l’Institut Pasteur a quitté le GIEC parce que ses textes avaient été manipulés par le GIEC : 6-Le réchauffement de la planète, une escroquerie ((https://www.youtube.com/watch?v=zZifR_XTU-0)

          Alors, consensus des scientifiques ? Lisez le livre de Marko, vous comprendrez bien des choses.
          Bon week end

  12. Tous les avis sont bons à prendre. Des moutons obstinés suggèrent qu’il faut lire le bouquin de m. Marko avec des pincettes et un peu de recul. Wikipédia est dans le coup! mais ça participe à la connaissance de la cause…

    • Marrant cette manie de la comparaison ovine.

      Surtout que certains milieux – aux convictions climato-sceptiques – se classent eux-même parmis les moutons blancs sur des affiches propagandistes 😉

      « Mouton quand ça t’arrange, loup quand ça te plait », telle est leur devise?

  13. ET. AVIS ICI A TOUS LES CLIMATO-SCEPTIQUES :

    ET SI L’ACTIVITE HUMAINE N’AVAIT (effectivement) PAS de responsabilité (DETERMINANTE, EXCLUSIVE donc) sur le dérèglement climatique (IMAGINONS)… MAIS qu’en réduisant cette activité on pourrait contrecarrer les effets (NATURELS DONC) du dérèglement, EST-CE qu’il ne faudrait pas le faire ?

    Non ?

    Au prétexte que c’est la faute du soleil et que c’est donc à lui de se démerder ?

  14. C’est clair que pour tous les partisans de la croissance à tout prix et pour les fanatiques du libéralisme, il vaut mieux être climato-sceptique … Les enjeux économiques sont tels qu’il se trouvera toujours des cohortes de scientifiques (à la solde des multinationales ?) pour dire que l’homme n’est pour rien dans le réchauffement climatique. Bon, je ne suis pas du tout spécialiste, ni scientifique, mais le fait que les températures ont augmenté très rapidement depuis l’avènement de l’ère industrielle et spécialement depuis ces 30 dernières années, porte vraiment à croire que l’homme est le responsable non ? Réchauffement il y a déjà eu bien sûr, mais pas sur une si courte période …

    Par contre, si je suis pas climato-sceptique, je suis Len sceptique…. Parce que le paysage suisse avec 1’000 éoliennes et sans droit de recours, ça ne me tente pas du tout. Et puis, tous ces appareils de mesure qui vont coûter une fortune…

    de si courtes périodes …

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