« La cour de Babel », quand l’école fait des miracles

La Cour de Babel signe le retour au documentaire de la cinéaste française Julie Bertuccelli. Le film suit l’insertion d’élèves venant du monde entier dans une classe d’accueil au sein d’un collège parisien. Avant qu’ils ne soient parachutés dans une classe « normale », ces élèves immigrés suivent une année avec un programme adapté pour faciliter leur apprentissage de la langue.

« The Grand Budapest Hotel » : Wes Anderson au sommet de son art

Wes Anderson est de retour avec son projet le plus ambitieux jusqu’à ce jour. The Grand Budapest Hotel raconte les aventures périlleuses de Gustave H, gérant d’un hôtel de luxe, ainsi que celles de Zéro Moustafa, son allié et groom du même l’hôtel. Le récit se situe dans un pays européen imaginaire et majoritairement pendant l’entre-deux-guerres. La datation est importante car cette période historique caractérisée par la montée du fascisme impacte directement le comportement et les aspirations des différents personnages.

« L’escale » : Immersion bouleversante avec des immigrés iraniens

Kaveh Bakhtiari, cinéaste suisse d’origine iranienne, réalise avec L’escale un documentaire poignant sur des migrants iraniens bloqués à Athènes et en attente d’un futur exil pour d’autres pays occidentaux tels que le Royaume-Uni, la France ou encore la Norvège. Le réalisateur a vécu un an en immersion avec ces clandestins, s’installant avec eux chez Amir, autre immigré disposant d’un modeste pied-à-terre et permettant ainsi de les accueillir le temps de leur passage. Caméra à l’épaule, Bakhtiari capte leur quotidien, leur intimité tout en étant un protagoniste à part entière.

« Jacky au royaume des filles », comédie de genre au sein d’une dictature

L’auteur de bande dessinée Riad Sattouf fait une nouvelle incursion dans le cinéma après son succès critique et public que fut Les beaux gosses en 2009. Dans ce nouveau projet, Jacky au royaume des filles, Sattouf imagine la république de Bubunne, une dictature où les femmes dirigent la société d’une main de fer tandis que les hommes portent le voile et s’occupent du foyer. Jacky, la vingtaine, rêve d’épouser la colonelle qui n’est autre que la fille de la dictatrice et son futur successeur. Il espère que son voeu se réalisera lors du bal organisé par la Générale, prévu pour trouver un mari à sa fille. Pour arriver à ses fins, Jacky connaîtra bien des péripéties, plus ou moins hilarantes.

« Les Garçons et Guillaume, à table ! » : Autoportrait drôlissime de Guillaume Gallienne

Les Garçons et Guillaume, à table ! est le premier long-métrage du comédien Guillaume Gallienne, sociétaire de la Comédie-Française. Le film, adapté de sa pièce de théâtre du même nom, est purement autobiographique puisque Guillaume Gallienne raconte son adolescence et plus particulièrement la relation ambiguë entretenue avec sa mère, qui le poussa à se comporter de manière improbable. Comme dans la pièce, Gallienne explique pourquoi il s’est comporté comme une femme, pourquoi il idolâtrait sa mère et les conséquences que cela a eu sur son rapport à la séxualité. Le comédien interprète tantôt son rôle que celui de la mère.

«Inside Llewyn Davis», éloge d’un loser magnifique par les frères Coen

Après l’exercice de style quelque peu manqué qu’était True Grit, les frères Coen sont de retour avec Inside Llewyn Davis, Grand prix au dernier Festival de Cannes. Le film conte quelques jours de la vie du chanteur folk Llewyn Davis au début des années 60, à qui il arrive diverses mésaventures et dont l’immense talent n’est reconnu par personne. Rappelons que ce personnage est librement inspiré de la vie du guitariste et chanteur, assez méconnu du grand public, Dave Van Ronk.

« Prisoners », thriller au goût amer

Après le très remarqué Incendies, le cinéaste québécois Denis Villeneuve revient sur nos écrans avec Prisoners. Ce film est une commande qui avait été dans un premier temps proposé à David Fincher. Disposant d’un budget important et d’un casting de choix (Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal), ce long-métrage est à ce jour le projet le plus ambitieux de Villeneuve. Prisoners raconte l’enquête autour d’un enlèvement de deux jeunes filles (de deux familles différentes). L’un des pères de famille décide de mener seul l’investigation car ne faisant pas confiance au détective. Le film joue sur l’enquête que mènent parallèlement les deux protagonistes.

« Blue Jasmine », Woody Allen à nouveau au sommet

Après une escapade européenne contrastée, Woody Allen revient en grâce avec son dernier opus Blue Jasmine. De retour sur sa terre natale, le cinéaste new-yorkais retrouve une certaine fraîcheur qu’il avait perdue depuis quelques films. Blue Jasmine raconte la déchéance sociale de Jasmine, qui se voit contrainte de quitter New-York après l’échec de son mariage avec Hal, un richissime homme d’affaires peu scrupuleux, pour s’installer dans la modeste demeure de sa soeur Ginger à San Francisco.

« Frances Ha » : retour sur l’un des plus beaux films de l’été

Frances Ha, réalisé par le jeune cinéaste américain Noah Baumach, est sans aucun doute l’un des plus beaux films apparu sur nos écrans durant l’été. Porté par la fantastique Greta Gerwig, le film raconte les déboires de Frances, jeune new-yorkaise qui aspire à une carrière de chorégraphe. Le film, en noir et blanc, s’inspire de Woody Allen, Léos Carax ou encore la Nouvelle Vague.

« Thorberg », une plongée sans concession dans un centre de détention suisse

Présent au Festival du Film de Locarno, j’ai assisté à la projection du documentaire Thorberg, réalisé par le bernois Dieter Fahrer. Après La forteresse et Vol spécial, c’est un nouveau un film qui s’intéresse aux prisons suisses. Sorti au mois de mars en Suisse romande et déjà disponible en DVD, Thorberg a fait moins de bruit que les deux films de Fernand Melgar. Ce documentaire situe son action dans le centre de détention de Thorberg situé non loin de Berne. Dans ce centre, se trouvent environ 140 détenus de plus de 40 nationalités. Tous ont été condamnés pour de graves délits et ont donc de longues peines à purger. Le film se concentre sur le témoignage de sept détenus, racontant aussi bien leur parcours de vie que leur conditions d’existence au sein de la prison.

« Before Midnight », beau film sur l’usure du couple

Avec Before Midnight, le cinéaste américain Richard Linklater ajoute un nouvel épisode à son histoire débutée en 1995 (Before Sunrise) puis poursuivie dix ans plus tard (Before Sunset). Désormais, Jesse et Céline, toujours interprétés par Ethan Hawke et Julie Delpy, se sont mariés et ont eu des enfants. On retrouve notre couple en vacances avec des amis dans le sud du Péloponnèse.

« The Bling Ring », petit film malgré un beau sujet

 Présenté en ouverture de la section « un certain regard » au dernier Festival de Cannes, The Bling Ring est le nouveau long-métrage de Sofia Coppola. Inspiré d’un fait divers relaté dans un article du magazine américain Vanity Fair, le film raconte l’obsession d’une bande de jeunes pour la célébrité. Rebecca, Marc, Nicki, Sam et Chloe utilisent internet pour observer les déplacements de leurs stars préférées et ainsi dévaliser leurs maisons quand celles-ci sont absentes.

« Amours et turbulences », comédie romantique mais savoureuse seulement par instants

Alexandre Castagnetti, plus connu comme un des deux chanteurs du duo La Chanson du Dimanche, est également cinéaste. Il a notamment co-réalisé la comédie l’Incruste, fallait pas le laisser entrer ! et la série Les Invincibles. Avec Amours et Turbulences, il réalise son premier long-métrage en solitaire. Le film met en scène Ludivine Sagnier (Julie) et l’humoriste Nicolas Bedos (Antoine). Lors d’un vol New-York-Paris, ils se retrouvent côte à côte. Bien que séparés depuis trois ans, Antoine profite du vol pour essayer de reconquérir Julie.

« La cage dorée », légère comédie sociale à propos d’une famille d’immigrés portugais à Paris

Installés en France depuis 30 ans, Maria et José Ribeiro, immigrés portugais, vivent avec leurs enfants dans la loge d’un bel immeuble parisien. Lui est chef de chantier, elle est concierge. Tous deux sont indispensables à leur entourage, si bien que lorsqu’ils ont la chance de pouvoir rentrer dans leur pays, on essaie de le leur en empêcher. L’intrigue plutôt originale de ce premier long-métrage est l’oeuvre du franco-portugais Ruben Alves.

« Cesar doit mourir », la parole rendue aux prisonniers

Cesar doit mourir marque le retour des frères Paolo et Vittorio Taviani au cinéma après six ans d’absence. Le film, récompensé par un ours d’or à la Berlinale 2012, se situe dans la prison de Rebibbia à Rome où des détenus d’un quartier de haute sécurité interprètent la pièce Jules César de William Shakespeare. La genèse de cet audacieux projet est plutôt cocasse. Les frères Taviani sont invités par une de leur amie à assister à une représentation dans cette prison. Ils ne souhaitent pas s’y rendre car se sentant obligés d’apprécier un travail d’amateurs uniquement car ils sont prisonniers. Cependant, pendant le spectacle, tous deux sont bouleversés, s’observent en train de pleurer et à la sortie, décident conjointement de réaliser un film avec ces détenus. Très vite, ils décident que la pièce de Shakespeare, qui raconte les conspirations à l’encontre de Jules César et son assassinat, sera leur matériau de base pour mener à bien leur projet.

« La maison de la radio », éloge d’un média de l’ombre

 Nicolas Philibert, cinéaste captivant mais quelque peu méconnu continue de tracer sa route dans le paysage du documentaire français. Mis à part être et avoir qui connut un fort succès commercial, les films de Nicolas Philibert sont restés plus ou moins en marge du système. La maison de la radio nous donne l’occasion de mettre à l’honneur ce documentariste atypique. Dans son nouveau film, Nicolas Philibert explore la maison de Radio France (France Inter, France Culture, France Bleu, etc…), haut lieu de la culture française.

« No », quand la télévision renverse Pinochet

Après Fuga, Tony Manero et Santiago 73, post mortem, Pablo Larrain nous présente son quatrième long-métrage, No, dans lequel il continue de creuser le passé du Chili sous l’horreur du régime Pinochet. No est un documentaire-fiction faisant référence à la défaite du général Pinochet lors du vote organisé le 5 octobre 1988. Cette année-là , Pinochet organise un référendum pour légitimer son pouvoir et autorise ainsi l’opposition à faire campagne. Celle-ci se déroule pour la première fois à la télévision où les deux camps disposent de quinze minutes chaque jour durant le mois précédant les jours de la votation. Le film raconte l’histoire de cette campagne à travers le personnage de René Saavedra (Gael Garcia Bernal), un jeune publicitaire, qui se verra diriger la campagne du «non».

“Blancanieves”, le cinéma muet à l’honneur

Le cinéma muet en noir et blanc est à l’honneur avec le film Blancanieves du cinéaste espagnol Pablo Berger. Le film revisite le conte de Blanche-Neige dans l’Espagne des années 20. Contrairement à The Artist, qui relevait du pastiche, Blancanieves parvient à plaire par son originalité. Le film raconte l’histoire de Carmen, jeune fille cloisonnée et maltraitée par sa marâtre, qui cherche à retrouver sa liberté. Au terme d’une étrange rencontre, Carmen débute une nouvelle aventure qui la confronte à son passé et l’amène vers sa destinée.

“Zero Dark Thirty”, une vision quelque peu simpliste de la traque de Ben Laden

Après le succès critique et public de « Démineurs », Katryn Bigelow nous propose un nouveau film, « Zero Dark Thirty ». Ce film, dont le sujet est tout autant polémique que le précédent, raconte la traque de Ben Laden. La cinéaste et son scénariste Mark Boal se sont documentés durant de longues années sur le sujet. Initialement, ils avaient pour but de réaliser un film sur la poursuite non achevée de Ben Laden. À la suite de l’assassinat de celui-ci par l’armée américaine, ils ont modifié leur projet.

« Django Unchained », quand le génial Tarantino nous donne une leçon d’Histoire et de cinéma

Le fantasque Quentin Tarantino est de retour sur nos écrans! Après les films de gangsters ( Reservoir Dogs, Pulp Fiction, Jacky Brown ), les films d’art martiaux ( Kill Bill 1 & 2 ), la série B ( Boulevard de la mort ) et les films de guerre ( Inglorious Bastards ), Tarantino s’attaque au Western Spaghetti. En grand cinéphile, ce genre lui tient à coeur et, depuis toujours, il rêvait de réaliser “son western”. Comme à son habitude, lorsqu’il revisite un genre, Tarantino y ajoute son grain de folie, sa désinvolture pour créer une fresque unique. Le film est indéniablement très ambitieux car ce western repense aussi la grande histoire de l’Amérique: celle de l’esclavage.