« Le Principe de Hervé Falciani », le siffleur suisse

Hervé Falciani est manifestement le Edward Snowden de la place financière helvétique. Snowden est un « whistleblower » – un lanceur d’alerte; Falciani est un siffleur bancaire qui a dévoilé les pratiques nauséabondes d’une certaine partie de l’économie de la Suisse.

Procès Raoul Weil. De la fraude au foutage de gueule

Lors de ce procès puant qui a abouti à l’innocence transplanétaire de Raoul Weil, l’avocat du haut cadre bancaire a fait comprendre à l’auditoire que les vrais criminels n’étaient pas à la barre, que certains avaient été marchandés pour obtenir le statut de délateurs sacralisés et que les plus grands fraudeurs couraient toujours au vu et au su du département américain de la justice. On ne va pas lui donner tort.

La Suisse de la productivité fiscale et bancaire tremble

Nous, Suisses, nous sommes – dans le champ de la défiscalisation bancaire – les cousins du Liban, de Panama, du Liberia ou de Brunei. Nous ne répondons tout simplement pas aux normes internationales en matière de transparence et d’échange d’informations fiscales édictées par le Forum mondial sur la fiscalité organisé sous l’égide de l’OCDE. En d’autres mots : nous sommes des brigands dont les établissements financiers ne veulent pas récolter les informations personnelles de leurs clients ni les partager avec le fisc de leur pays ou d’un pays partenaire. A l’exemple du Luxembourg, nous faisons les poches de nos voisins pour accroître la qualité et la quantité de nos ressources financières. Nous sommes les Somaliens du piratage financier lié à la défiscalisation ou à l’optimisation fiscale.

Vérité et réconciliation bancaires made in Switzerland

Condamin-Gerbier a été incarcéré par les autorités suisses après avoir témoigné devant le Parlement et la justice française sur la fraude à grande échelle de banques suisses. Cet ancien banquier n’est assurément pas un modèle de haute vertu; probablement a-t-il été guidé aussi par quelque trait caché de sa personnalité. Un fait pourtant demeure, et l’avocat genevois Dominique Warluzel, revenu de l’enfer après un grave AVC, qui vit à Nassau, dans les Bahamas, l’a dit avant bien d’autres : les banques en Suisse ont réalisé leurs bénéfices par la grâce immaculée de l’évasion fiscale instituée en modèle économique.

Bernard Hinault, blaireau et salarié de la Grande Boucle : « On veut tuer le Tour de France »

Bernard Hinault, le blaireau, est majestueux. Vainqueur de cinq Tour de France, en ces temps où le cycliste était un modèle de vertu, un sain compétiteur et un franc sportif, salarié du Tour de France qui a fait de lui cet envié et ce défenseur des causes perdues, le champion du passé se fait avocat de la Grande Boucle : « On veut tuer le Tour de France ». Et moi, Bernard Hinault, qui connais la chose, qui dis la vérité, qui veux être le sauveur de ce nouveau monde rebaptisé à l’eau plate et au petit lait, je vous lance : « Arrêtez de se foutre de notre gueule ! ». Le Sénat de la France, les journalistes, les autres sportifs, les dénonciateurs, ne sont que des tueurs du cyclisme. Ils veulent la mort de ce sport et oublient de balayer chez les autres. Oui, le cyclisme n’a pas fait tout juste, mais aujourd’hui il n’est pas pire que les autres sports. Allez le demander à Richard Gasquet, qui embrasse une jolie fille et qui fait croire au monde entier que la coke n’était pas à des fins de meilleur rendement sportif. Et que l’on arrête cette chasse aux sorcières, que cette voracité et cette férocité cessent.  Que l’on laisse simplement les cyclistes pédaler, les supporters applaudir et les journalistes s’ébahir. Moi, Bernard Hinault, j’ai dit. Alors taisez-vous.

L’obscurité intransparente de la régularisation opaque (8)

Madame Evelyne Widmer-Schlumpf a le sourire : les conseillers aux Etats, tels de bons petits soldats patriotes et vertueux, vont approuver, la lippe pendante et pleins de savoureuse gouaille, le projet américain de régularisation fiscale des banques. Oh tout cela hier s’annonçait bien mal au petit matin. Des motions en voici, en voilà, qui devaient mettre chaos notre ministre des finances. Et puis une porte qui se ferme, et notre brave financière de promettre qu’elle viendrait lundi en cachette du public et des citoyens remettre aux sénateurs les grandes lignes secrètes et victorieuses du programme américain de régularisation fiscale des banques. Youpie lui chantèrent ces chantres sénatoriaux de la Haute Chambre. Nous, on saura. Les citoyens nous font confiance et nous pourrons du haut de notre majestueuse grandeur les réconforter.

L’Amérique gelée, légèrement gelée, si légèrement (7)

Les Conseillers nationaux, de justesse, n’ont pas accepté l’inacceptable urgence décrétée par Washington. Mais 90 parlementaires ont tout de même suivi le tempo des USA. Sans sourciller. Ça fait beaucoup de monde tout de même : 90 hommes et femmes parlementaires qui se sont opposés à ces 100 valeureux qui ont imposé ce refus aux injonctions carrées de Washington. Pensez-vous sérieusement que les seize banques dans le collimateur de la justice soient aujourd’hui moins tranquilles que hier !

Des informations à la désinformation (6)

Les parlementaires fédéraux sont convoqués cette semaine en assemblée plénière ou au sein de commissions. On peut penser qu’ils ont lu le Message relatif à la loi fédérale sur des mesures visant à faciliter le règlement du différend fiscal entre les banques suisses et les Etats-Unis d’Amérique (on n’est pas tout à fait certain de la chose dans la mesure où l’accès au site est loin d’être efficace, alors même qu’il s’agit d’une question vitale pour l’avenir du pays, nous dit-on : http://www.efd.admin.ch/dokumentation/gesetzgebung/00570/02724/index.html?lang=fr). Les parlementaires qui n’ont pas eu accès à ce document que l’on dit capital auront peut-être lu la note de synthèse. Et puis, peut-être, ne sait-on jamais, quelques conseillers nationaux et quelques conseillers aux Etats n’auront pas eu le temps de lire cette charmante littérature. Il faut ici les rassurer : connaître cette documentation ne sert strictement à rien. Plus gentiment dit : à pas grand-chose face aux enjeux colossaux de la chose.

Un merveilleux oxymoron, la responsabilité bancaire (2)

Le Dictionnaire historique de la langue française nous indique que l’oxymoron est un terme de rhétorique qui désigne une alliance de deux mots incompatibles à des fins stylistiques. Le paradoxe est inclus lui-même dans l’étymologie du mot qui comprend « oxu », « aigu, fin, spirituel », et « moros », « mou,, inerte, sot, bêta, stupide, fou ». L’oxymore est donc fin et stupide à la fois. La lumière obscure, le soleil noir, la vérité mensongère, l’opacité transparente, sont des oxymorons.

Die Schweiz veut sauver ses banksters (1)

Un bankster est un gangster de la finance. Il sévit (qui veut croire que ses pratiques appartiennent à la préhistoire ?) dans le monde de l’argent défiscalisé. Il eut ses heures de gloire au Texas, en Californie, en Pennsylvanie, en Floride, dans le New Jersey et probablement jusque dans les igloos du Groenland. Mais même dans les mafias les plus sudistes, des Siciliennes jusqu’aux Napolitaines, il y a des traîtres. Le bankster a eu le sien, grassement payé par cet Etat dont il voulait, avec ses frères de sang, piller les ressources fiscales. Quand Judas se mit à parler, l’Helvétie cupide se mit à trembler. Tout ce beau monde endimanché, se dorlotant parmi, sensuellemrnt épris de leur propre cupidité, ne savait que trop comment ils étaient devenus riches, fortunés et souvent dévergondés. En petites chapelles, ils se réunirent, convaincus que leur vile intelligence leur assurerait compassion et réciproque amitié dans l’éternité de leur monstruosité argentée.