Les hautes écoles, les écoles supérieures et l’imbécilisation des métiers

Au début des années 2000, les éducatrices petite enfance ont été évincées de la nouvelle filière HES. Jusqu’alors, elles étaient formées au niveau ESTS, comme les éducateurs spécialisés, les assistants sociaux et les animateurs socio-culturels. Quelques technocrates incultes, mais spécialisés dans la formalisation de ces référenciels métiers, ont alors décrété que ces métiers de la petite enfance étaient simples et routiniers. Les autorités, qui penchent à droite, ont suivi ces recommandations avec empressement et décidé qu’une formation d’un niveau moindre était amplement suffisante pour faire ce que toutes les femmes savent faire, à savoir élever des enfants (ce serait inscrit dans leurs gènes). Puis, dans le mouvement d’amenuisement des savoirs, on a introduit aussi une nouvelle formation d’assistant socio-éducatif au niveau CFC. En arguant qu’en Suisse Allemande, les CFC existaient déjà et que cela fonctionnait très bien. Le couplet sur les papesses de la couche culotte a suivi de peu, complété par une description malhonnête de celles qui défendaient des formations de haut niveau, accusées de défendre des privilèges de caste et des avantages de nanties.