Le rapport sur les forces hydrauliques : un rapport pour rien ?

Le rapport final « Stratégie Forces hydrauliques Canton du Valais » du 7 juillet 11 vient de paraître. Sans vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain, ce rapport est décevant sur plus d’un point.

Tout d’abord on aurait voulu voir plus d’esprits critiques et innovateurs dans la composition du groupe de travail. Et une question : pourquoi Hans Wyer, spécialiste du domaine hydroélectrique, n’est pas dans ce groupe de travail. Cet ancien chef du département de l’énergie est vanté comme un expert avisé du marché de l’électricité et son ouvrage impressionnant de 600 pages « Les prélèvements publics sur les forces hydrauliques de l’arc alpin » a reçu le prix suisse de l’énergie 2011 par l’Office fédéral de l’énergie.

Ensuite techniquement. Surprenant que dans un rapport de 104 pages on n’y trouve pas une ligne sur le potentiel du Rhône et le projet Hydro-Rhône pouvant générer l’énergie en ruban faisant défaut, actuellement et dans les futurs projets de pompage-turbinage.

Puis stratégiquement et pistes potentielles, les reproches à peine masqués envers la passivité des Forces Motrices Valaisannes (et pourtant un membre de ce groupe de travail, Jean Pralong, en fut le président du Conseil d’administration durant de longues années…) et les invitations à plus de politique proactive et d’expansion ne sont pas assez précis pour leur permettre de s’améliorer.

Finalement sur l’orientation politique et marchande. On s’étrangle quand on y lit que le canton doit s’engager pour une ouverture complète du marché de l’électricité, qui serait selon eux « dans l’intérêt des cantons alpins ». Dans l’intérêt des caisses des cantons alpins, peut-être, mais certainement pas dans l’intérêt des consommateurs (entreprises et particuliers) valaisans. La stupeur croît encore quand ces « experts » déconseille la possibilité (page 34) de vendre le courant indigène aux consommateurs valaisans en dessous des prix du marché, ce qui se fait par exemple pour les Zurichois, qui paient leur électricité 4,4 ct/KWh contre 12 ct en moyenne facturés aux Valaisans ! Les raisons qui motivent ce groupe de travail dans ce sens poussent à la rigolade :

1)    baisse des bénéfices (rente de ressources) des entreprises

2)    un courant vendu à un prix préférentiel n’incite pas à améliorer l’efficacité énergétique

3)    les demandes de courant bon marché reposent souvent sur les intérêts particuliers de certains acteurs ( ???)

Non, le but réel est bien de remplir les caisses des sociétés électriques ; et tous les acteurs (y.c communes et cantons) se servent au passage, sur le compte des consommateurs qui passent à la caisse.

Le fait que le groupe de travail mette, quelques pages plus loin (p.62) comme objectif « la communauté valaisanne doit pouvoir disposer, à des conditions favorables, de l’énergie et un approvisionnement, si cela est souhaité, bon marché. » et ainsi se contredit, décrédibilise l’entier de son rapport.

Alors quelles sont les pistes que je propose de suivre ? Tout d’abord une petite secousse (électrique bien entendu !) au management des FMV, afin que celles-ci aient la politique proactive que leur permet déjà la législation actuelle. Ensuite développer le projet Hydro-Rhône et le mettre en synergie avec la correction du Rhône R3.

A mes yeux il serait injuste de changer les règles du jeu actuelles au sujet du régime des concessions et de « spolier » les communes concernées de leurs droits. Par contre une modification des critères de péréquations financières entre les communes, en prenant plus en compte les recettes hydrauliques mettraient tout le monde d’accord.

Olivier COTTAGNOUD

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

5 pensées sur “Le rapport sur les forces hydrauliques : un rapport pour rien ?

  • 21 août 2011 à 7 h 42 min
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    Un peu de polémique, non ?

    Le « schreckliche » Hans Wyer avait toujours fait ce qu’il voulait lorsqu’il s’agissait des intérêts des FMV et fut en grande bagarre avec Pascal Couchepin et Peter Bodenmann que je sache.

    C’est l’exemple plus que parfait du comitard et « Sesselkleber » du PDC du Haut.

    Alors pourquoi vouloir faire revenir sur le devant de la scène cet homme ?

  • 21 août 2011 à 9 h 34 min
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    Un mot sur l’auteur, Olivier Cottagnoud?

  • 21 août 2011 à 20 h 26 min
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    @ Rives du bisse : il faut lire son livre primé du prix de l’énergie pour comprendre que c’est vraiment un spécialiste. Il avait certainement les défauts que vous lui attribuez, mais maintenant il est libre et nous avons besoin d’esprits critiques. Et ce n’est pas pour le faire revenir sur le devant de la scène, mais de le faire assoir à côté de ces « experts » qui n’ont pas prouvé grand chose pour la plupart.

    @ Frédéric Sidler : ce n’est pas à moi de me présenter. C’est gênant. Consultez google ou simplement mon site http://www.oliviercottagnoud.ch
    Juste rajouter que je m’intéresse de près à ce domaine de puis quelques années.

  • 21 août 2011 à 20 h 47 min
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    Qui sont ces experts et d’où viennent leurs compétences alléguées ? Qui les a nommés ? Selon quelle procédure et quelles modalités ? Ont-ils une couleur politique avouée ? Quel était le budget qui leur avait été attribué ? Quel était leur mandat précis ?

  • 22 août 2011 à 16 h 38 min
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    La mention du nom de Hans Wyer dans le cadre des forces hydrauliques pose une question bien plus vaste, celle de la compétence dans la gestion de la cité. Mais qui veut vraiment que cette question reçoive de vraies réponses ?

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