Elections 2011 : le printemps du Valais

Par Alain COTTAGNOUD (avocat, Sion)

Pour les analystes politiques, les élections de 2011 ont apporté de grands bouleversements.

Si l’on se penche de plus près sur les résultats de ces élections, on se rend compte que le Valais est en train de vivre son « printemps arabe » et que la date du 23 octobre 2011 restera marquée comme un tournant de l’histoire valaisanne.

En effet, la chute du PDC – descendu au-dessous des 40 % du corps électoral – ne justifie plus sa mainmise sur les Institutions étatiques.

Avec seulement un peu plus du 1/3 des électeurs du Canton, le PDC représente :

–       60 % des représentants du Conseil d’Etat,

–       65 % des juges cantonaux,

–       80% des procureurs généraux,

–       80% des chefs de service,

–       80 % des préfets,

–       100% des représentants au Conseil des Etats à Berne.

Au vu des résultats de ces dernières votations, le PDC ne pourra dorénavant plus se permettre :

–       de nommer des chefs de services issus du PDC (à l’instar de la nomination de Maurice Chevrier), sorte de parachute doré pour des élus de ce parti, soit une spécificité propre au PDC ;

–       le coup de force des élus démocrates chrétiens du Grand Conseil lors de la nomination des procureurs généraux, démontrant un manque de respect pour la démocratie et les minorités ;

–       d’avoir une Justice valaisanne politisée qui n’a pas l’impartialité nécessaire, alors qu’elle devrait être le garant de l’Etat de droit.

Le scandale des Routes Nationales en est le meilleur exemple. On se souvient que les protagonistes, dont 6 employés de l’Etat du Valais membres du PDC et 1 ingénieur député PDC, ont été acquittés non pas au motif que la Justice avait estimé qu’ils n’avaient pas commis d’infraction, mais bien pour une question de forme (l’acte d’accusation n’avait soi-disant pas la clarté nécessaire pour comprendre les faits reprochés). Or, le Tribunal fédéral a cassé cette décision en demandant de les juger sur le fond de l’affaire.

On note au passage que l’État du Valais a dû ristourner les dizaines de millions de Francs payés en trop et plus de CHF 300’000.– d’intérêts à la Confédération.

A cela s’ajoute le fait que les représentants du PDC au Gouvernement cantonal se sont fait désavouer par le peuple lors de votations importantes, comme celles concernant la Loi sur le tourisme et la LEIS.

Ces éléments démontrent que les dirigeants de ce Parti se sont déconnectés des aspirations des citoyens valaisans.

La majorité que le PDC conserve pour l’instant au Grand Conseil n’est pas le reflet de la volonté populaire, mais plutôt le résultat du découpage électoral qui empêche les petites formations d’avoir un député.

Or, selon les décisions récentes du Tribunal fédéral, ce système devra être modifié puisqu’il est inconstitutionnel.

Lors des élections de 2010 au Grand Conseil, le PDC avait conservé sa majorité pour moins de 300 listes sur 106’000 votants. Ce premier avertissement n’est pas resté sans suite ce dernier dimanche.

Le 23 octobre 2001 demeurera marqué comme une date importante dans l’histoire politique du Canton du Valais qui a bel et bien vécu son « printemps du Valais ».

Sion, le 24 octobre 2011

 

9 pensées sur “Elections 2011 : le printemps du Valais

  • 26 octobre 2011 à 7 h 39 min
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    Je partage entièrement l’avis de Me Cottagnoud et j’espère que ce système digne d’un pays communiste change et qu’une réelle démocratie s’instaure

  • 26 octobre 2011 à 7 h 49 min
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    Rendu attentif aux conséquences évoquées dans son article par Me Alain Cottagnoud, un juge cantonal vient de me transmettre sa réplique : encore faut-il qu’il y ait des personnes acceptant de remplir les fonctions en mains des partis majoritaires !

  • 26 octobre 2011 à 12 h 12 min
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    Je ne saisis pas en quoi l’annonce du premier iPod par Steve Jobs le 23 octobre 2001 constitue « une date importante dans l’histoire politique du Canton du Valais » …

    A moins que ce ne soit juste une coquille …

  • 26 octobre 2011 à 12 h 54 min
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    « Encore faut-il qu’il y ait des personnes acceptant de remplir les fonctions en mains des partis majoritaires ! »
    -Parce que seul les DC ont les capacités intellectuelles de devenir préfet et d’accomplir les lourdes tâches qui en incombent.

    -Parce que seul Maurice Chevrier est capable d’assumer la fonction qu’il occupe (on l’a d’ailleurs créée pour lui et après lui, elle disparaitra car personne en Valais n’aura jamais sa carrure et sa force de travail)

    -Parce que seuls les DC acceptent de devenir chefs de service; les personnes issues des minorités politiques se rendant bien compte de leurs lacunes, de leur inculture et de leur incapacité à gérer une équipe.

    -Parce que la barrière a été mise trop haut par Jo Pitteloud et qu’aucun juriste hors PDC ne sent en lui les compétences de reprendre le flambeau et d’être à la hauteur.

    -Parce que la justice valaisanne, en mains essentiellement DC, est ce qui se fait de mieux dans le monde. (et probablement dans la galaxie).

  • 26 octobre 2011 à 13 h 01 min
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    Je vais partir du principe que celui qui osera répondre à Fernand aura eu l’amabilité de lire préalablement « Au coeur de la justice », qui répond probablement par avance au prétendu critère d’incompétence suggéré par le quatrième trait énoncé dans le commentaire précédent !

    Voilà les références, accessibles par un simple clic de la souris, avec le bouton de la droite : http://www.1dex.ch/?p=2291#more-2291

  • 27 octobre 2011 à 8 h 18 min
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    En informatique, dans les forums de discussion les internautes mettent dans leur signature le matériel et les logiciels dont ils disposent.
    Exemple:
    iMac 27″, Os X 10.6
    Dell XPS 8300, Win7
    Cela perment de mieux comprendre leur point de vue quand ils publient un commentaire.
    Je propose donc que les commentateurs politiques de l’1dex en fassent de même afin de comprendre leur motivation à dénoncer un système politique qui a ses règles et que j’ai découvert avec ces élections 2011. Oui, la politique avant aujourd’hui ne m’intéresssait pas du tout.
    La politique,, comme le sport à des règles, comme dans un jeu de société. Ce n’est pas forcémement le meilleur qui gagne. Parfois c’est celui qui connaît le mieux les règles et qui sait en jouer qui remporte la partie.

    Frédéric
    Démocrate, MacBook 13″, 10.5.8

  • 27 octobre 2011 à 14 h 26 min
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    J’ai dû oublier de lire certains articles.

    Monsieur Sidler, où donc les règles du système politique (suisse ou valaisan ?) ont-elles été dénoncées à L’1dex ?

    Ne manquez de lire ce dimanche, à L’1dex, mon histoire d’une prochaine corrida, avec toreros et muletas.

    Car, la corrida, elle a aussi ses règles.

    Et, parfois, c’est le cheval qui meurt dans l’arène !

  • 1 novembre 2011 à 19 h 12 min
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    Puisqu’on fait ici un lien presque hypertexte avec l’informatique, je me permets une courte remarque adressée à Stéphane Riand en référence au commentaire #5 : c’est avec le bouton gauche de la souris qu’on se fait aiguiller dans la bonne direction.

    Bravo et merci au passage à Alain Cottagnoud pour ses irréfutables arguments chiffrés.

  • 6 novembre 2011 à 7 h 55 min
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    Laisser infuser les pylônes, les avions et les stations. Noter sur le flacon « Antidote PDC ». Déguster.

Commentaires fermés.