Transpirations journalistiques et hospitalières

VigousseJean-Yves Gabbud et Jean-François Fournier transpirent. Le premier, auteur de l’article, le second, par sa passivité complice, ont été rabroués il y a peu par Charles Kleiber, l’honorable président du Conseil d’administration de l’Hôpital du Valais. La raison de ce courroux kleibérien avait sa source dans Le Nouvelliste qui avait repris, avec trop peu de nuances, les révélations de Vigousse en lien avec quelques morts supplémentaires sur la table d’opération. C’est inacceptable, avait susurré sieur Kleiber au téléphone, qu’un quotidien aussi remarquable que le NF ait osé prendre appui un samedi matin sur les énoncés de Joël Cerutti, le satanique. Et c’est ainsi qu’aurait débuté le lynchage médiatique dont aurait tant souffert le valeureux Vincent Bettschart. Or, « plus ça change, moins ça change », puisque ce vendredi Vigousse et Joël Cerutti récidivent. Alors, transpirants, Jean-Yves Gabbud et Jean-François Fournier s’interrogent : allons-nous oser reprendre les informations du Vigousse du jour ? Oserons-nous nommer les gens ? Nous avancerons-nous dans une défense acharnée de l’Hôpital du Valais ou serons-nous d’une prudence de Sioux ? Mieux ne devrions-nous pas faire silence ? Que le lecteur se rassure : la réponse, d’une manière ou d’une autre, silencieuse, vraie, fausse, éructante ou désobligeante, polie ou réservée, d’approbation ou de contestation, sera demain dans Le Nouvelliste. Patientons.

Mais de quoi donc parlons-nous ? L’Hôpital du Valais, dit en substance la page 4 de Vigousse, est un lieu de harcèlement psychologique, de népotisme, de favoritisme et de déni de la réalité. Un espace de travail où règnent la mauvaise foi, les humiliations, les remarques déplacées sur le physique des travailleurs, du burn-out à la chaîne, le refus de consultation du personnel et un jeu effrayant de chaises musicales. On évite les guillemets tout en affirmant que les mots qui précèdent sont ceux de Joël Cerutti. Et les noms des responsables sont étalés de crainte que l’on ne puisse prétendre ne pas comprendre les enjeux de la chose : Valérie Revaz, cheffe de la division Gestion médico-économique, Muriel Del Bianco de l’Unité de gestion des flux, Sarah Fournier, responsable de la physio, et Vincent Castagna, directeur du Centre hospitalier du Valais romand. Badaboum, les grenades sont dégoupillées, lâchées et envoyées.

Le Valais et le harcèlement, c’est déjà toute une histoire. Personnellement, je souhaite, avec tout mon cœur, bon courage aux vaillantes et vaillants anonymes qui ont décidé de briser la glace en portant leur confiance. par la grâce de la protection des sources, dans le journaliste de Vigousse. Mais leur tâche s’avère déjà fort difficile : les personnes en première ligne dans cette confrontation sont Charles Kleiber, le président, Eric Bonvin, le directeur, et Hildbrand de Riedmatten, le juriste. Alors voyez-vous, convaincre ces braves de l’existence de harcèlement psychologique grave sur le lieu de travail nécessitera pas mal de ronds-de-jambes, de sauts périlleux et de becs dans le cou. Ces pauvres anonymes ne savent pas à quel point le Valais institutionnel a la frousse d’apparaître juste. Et d’ailleurs lequel de ces hommes a une connaissance intime du harcèlement ? Oui, l’un d’entre eux, le dernier, mais point dans le rôle du harcelé (on dira – charitablement – dans celui du soutien du harceleur) !

Au printemps 2009, le directeur du centre hospitalier du centre du Valais, le directeur des soins infirmiers et le directeur des ressources humaines se sont déplacés en mon Etude pour le cas grave de Monsieur M. A cette époque, je terminai l’une de mes écritures par ces mots : « La situation, ainsi que vous le savez, perdure depuis de longs mois. Elle fut à l’origine d’un nombre important de départs, de changements de fonctions, d’abandons de poste, de jours/maladie, etc. Je ne crois pas que les patients, les malades, leurs familles, leurs proches, les médecins, le personnel de l’établissement en général puissent accepter l’idée d’éviter toute décision efficace, ferme et franche, prise dans la sérénité par la direction que vous représentez ». C’était le 12 mai 2009.

J’ai aussi constaté l’implacable couardise à l’époque des syndicats et des autorités de surveillance. La conclusion fut hélas en défaveur du harcelé : à l’exemple de maints autres cas signalés dans la littérature en matière de harcèlement, le travailleur dut changer de fonction. En conservant la même classe salariale. L’hôpital n’osa pas le renvoyer, le scandale eût été trop grave.

Et puis l’institution judiciaire elle-même a montré récemment comment elle voulait traiter les cas les plus graves de harcèlement : http://1dex.ch/2013/06/12/harcelement-a-lescs-de-sierre-acquittement-extraordinaire-et-recours-ordinaire/ (le cas est pendant auprès du Tribunal fédéral !).

Alors, je l’affirme haut et fort : cet article de Vigousse, combattant cette farce d’inertie, est nécessaire et respectueux des droits de toutes les personnes harcelées sur leur lieu de travail.

Que Kleiber, Bonvin et de Riedmatten sortent de leur inextinguible silence vertueux et acceptent les responsabilités qui sont les leurs aujourd’hui (on peut rêver, non ?).

Et que le NF ose demain ce titre en pleine page de la UNE : « HARCELEMENTS EN SERIE À L’HÔPITAL DU VALAIS ».

Kleiber transpire. Jusqu’à demain.

 

Post Scriptum : un informateur – connu de la Rédaction de L’1dex – adresse ce message après lecture de Vigousse : « Merci d’en avoir remis une couche ! Et cela tombe bien … Le NF a une info qu’il pourrait utiliser pour compléter l’article de Vigousse ».

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

10 pensées sur “Transpirations journalistiques et hospitalières

  • 18 octobre 2013 à 20 h 38 min
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    Me Riand, on se réjouit que Monsieur M. vous délie dès aujourd’hui du secret professionnel pour que des faits concrets viennent étayer votre propos.

    Dans le cas contraire, tout votre article n’est qu’un mauvais copier/coller de Vigousse et de Cerutti qui semble être devenu votre muse…Belle référence

    Si c’est ça la référence de l’1Dex, critique et libertaire, alors Perruchoud a peut-être raison sur le fond…

  • 18 octobre 2013 à 20 h 53 min
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    Monsieur M. attend que Fanne Defoot dépose chez Me Perruchoud une garantie bancaire irrévocable le protégeant en cas de résiliation de son contrat par son employeur actuel, l’hôpital du Valais.

    J’aurais bien aimé que, sur le fond, Edmond Perruchoud ait raison. Hélas la réalité est à l’extrême opposé de cette hypothèse.

    Ma muse n’est pas masculine.

    • 18 octobre 2013 à 21 h 11 min
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      Des faits et on discute.
      Pas des dégagements en corner.
      Des faits, comme dans l’affaire Cottagnoud.
      Des faits, avec des preuves.
      Balancer des noms d’employés sans preuve, ce n’est pas critique, c’est petit.

  • 18 octobre 2013 à 21 h 18 min
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    Je suis d’accord avec Fanne Defoot : l’affaire « Balmer versus Cottagnoud » est plein de faits ». On attend la suite.

    Je ne suis pas d’accord avec Fane Defoot : l’écriture de Me Riand, partie en italiques, sa lettre de mai 2009, est un fait et est inquiétante mise en lien avec l’article de « sa muse ».

    • 18 octobre 2013 à 21 h 29 min
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      L’allégation d’un avocat n’est pas un fait, surtout si cette phrase en italique est transmise en dehors de son contexte et sans la totalité du mémoire.

      • 18 octobre 2013 à 21 h 47 min
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        Le corner a été tiré.
        Mais on attend toujours que Me Riand nous expose les faits.

        • 19 octobre 2013 à 15 h 32 min
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          Pour avoir oeuvré dans le même département que Mr. M, bien que tenu par le secret de fonction, je peux quand même affirmer que les allégations de Maître Riand son exactes, et rajouter que Mr. M n’était pas un cas isolé. La supérieure hiérarchique de Mr. M après avoir reçu la confiance de la direction à plusieurs reprises, s’est vu « encouragée » à démissionner.
          En matière de casting, le RSV n’est de loin pas à sa première erreur !

  • 19 octobre 2013 à 6 h 21 min
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    Aux critiques adressées à Maître Riand concernant le journaliste indépendant Joël Cerutti je me plais à relever qu’après plus de 20 ans de silence il a pris la relève de l’ancien correspondant au Courrier de Genève Charly Pralong. C’était du temps où pour avoir des nouvelles correctes du Valais on devait consulter les journaux d’outre Saint Maurice.

    Que cela continue et merci à l’1dex de mettre le doigt sur la plaie.

    Une fois débarrassé du triumvirat squattant les fauteuils du RSV je sortirai du bisse mes réserves d’humagne blanc, d’ermitage et de malvoisie mes cépages préférés.

    • 19 octobre 2013 à 7 h 50 min
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      Je ne sais pas si la presse du chablais valaisan vous lit (vous savez, cette contrée sauvage et oubliée après Saint-Maurice) mais je pense que vous lui rendez un bel hommage 😉

  • 19 octobre 2013 à 15 h 41 min
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    Fanne Defoot : JFreeman a-t-il scoré avec une bicyclette dans la lucarne après votre corner ?

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