« Le seul média indépendant du Valais »

JournalisteIndependantAu moment même où Robert Moix loue à L’1dex dans un commentaire les compétences de Esther Waeber-Kalbermatten dans la gestion du conflit au sein de l’Hôpital du Valais, Jean-Claude Pont mobilise ses amis pour qu’ils soutiennent « le seul média indépendant du Valais ».

Les esprits chagrins ou jaloux diront que l’accueil fait à L’1dex des thèses de ce mathématicien anniviard est à l’origine de cette opinion extraordinairement favorable sur le parcours de notre journal. Ce faisant, ils n’auront alors rien compris à ce qui peut mouvoir un groupe aussi improbable que l’est cette association des rédactrices et rédacteurs de L’1dex. Pour un Valais critique et libertaire, L’1dex veut transmettre à l’opinion éclairée une autre approche de la liberté d’expression, du respect des différences, de la tolérance à l’égard d’autrui, du combat des idées et de la vérité de l’argumentation  hors des clans et de l’étroitesse des familles politiques.

Que le discours de Jean-Claude Pont n’ait trouvé qu’un écho limité, lacunaire et souvent mensonger à l’intérieur des autres médias dit à quel point le Valais des chapelles a l’esprit étroit et le cerveau embrumé. Car Jean-Claude Pont, certes anniviard diront les plus obtus, n’est pas un trotzkiste révolutionnaire, ni un fasciste de la pensée sutoritaire, il a toujours eu le souci de l’esprit des lumières et de la raison qu’il a transmis à un grand nombre d’étudiants d’ici et d’ailleurs. Il a montré son engagement à sa terre, à celle d’Anniviers et du Valais, et aux discours de cohérence et de logique, hors des paroles figées de la droite, du centre ou de la gauche. Sans être anarchiste, il a su penser et dire vrai.

Comment dans ces conditions expliquer que cet homme, sans attaches avec L’1dex, sans liens d’amitié ni de relations particulières avec cette association ait choisi, après délibération intime avec lui-même et ses proches, de diffuser son argumentation, ses éclairages et ses conclusions à travers L’1dex et non pas à travers Le Nouvelliste. Le fait même que cette question soit ici posée dit à quel point de dégradation, de déliquescence et d’incohérence a chuté dans l’esprit de beaucoup de lecteurs la « Pravda » cantonale. La frilosité, l’inquiétude, la paresse, la crainte l’ont emporté depuis longtemps sur le risque, l’argument, l’ironie éclairante ou le courage salutaire. Et voilà ce qui pousse un homme de science à adhérer à sa manière à cette aventure.

Les chantres du conservatisme le plus niais s’inscrivent dans cette communication du passé. Et eux-mêmes, qui prônent la défense des gens d’ici, le respect des traditions et des familles politiques, qui soutiennent ce quotidien qui leur a depuis longtemps échappé, ne voient pas même qu’une grande partie de leur argent s’en va dans la poche de financiers avec qui, au fond d’eux-mêmes, ils savent ne plus partager grand-chose. Même pas ce coin de terre.

Le monde des médias, même chez nous, est sur la voie de l’invention et de la découverte. L’1dex, avec ses moyens financiers si limités, a trouvé un chemin qui n’est pas celui de ses voisins de la Rue de l’Industrie qui s’entêtent à ne pas vouloir à l’intérieur de leur sanctuaire privilégier la liberté, l’indépendance, la critique, le pamphlet, l’ironie, un moment de shopping désaltérant ou un éclair courageux de vraie lucidité. En un mot, qui nient dans leur pratique le droit de savoir et de s’exprimer dans la liberté.

Le Valais de demain a le choix de persévérer dans ce tunnel d’obscurité, mâtiné de secrètes recettes mortuaires ou de filières commerciales productives de grasses piécettes, ou de vouloir un « autrement », une « autre chose », « une autre route », une autre lumière.

En moins de trois ans, L’1dex a muri, a convaincu pas mal de monde (plus de 13’500 lecteurs mensuels uniques le mois passé, à près de 5 minutes de lecture quotidienne, des articles espacés qui « cartonnent » et des plumes qui convainquent). L’1dex attend sagement que le Valais s’invente avec lui dans la différence, l’étonnement et l’invention.

Plagiant la conclusion de la « Lettre ouverte aux journalistes suisses (et à tous les autres) »au fait, pourquoi hésiterai-je à dire que cet article est remarquable ? -, j’ose conclure : «  Il y a des gens qui n’aiment pas que l’on parle, écrive ou pense à L’1dex. Ce sont les mêmes qui n’aiment pas qu’on parle, qu’on écrive ou qu’on pense ».

Sait-on jamais L’1dex sera peut-être écouté et entendu.

 

 

Post Scriptum : Jérôme Meizoz surgit inopinément à L’1dex avec Erri de Luca. Il nous adresse, en plus de son bravo, un vrai merci en publiant à L’1dex ce jour son article, dont les mots de l’écrivain italien sont à lire par chacun.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

3 pensées sur “« Le seul média indépendant du Valais »

  • 6 décembre 2013 à 18 h 37 min
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    …et comment!!!
    Ma laïcité m’a même autorisé la pensée suivante: si tous les curés étaient comme Erri de Luca, je me convertirais juste pour le privilège de les écouter tous les dimanches!

  • 6 décembre 2013 à 22 h 41 min
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    Jean-Claude Pont fut un de mes prof de maths au collège de Sion à la fin des années 60.. C’est le seul qui m’a fait comprendre les maths. Car ils les expliquait avec le cœur. À Noël, il nous lisait des poèmes de maths. Vêridique. Assis sur un pupitre, il nous communiquait sa passion.

    Par ailleurs, il nous organisait des sorties dans son Val d’Anniviers.

    Je ne vous dis rien sur Sierre-Zinal.

    Par contre, je ne sais pas si beaucoup savent qu’il a étê contacté par la NASA.

    Il a refusê cette offre et est parti dans la philosophie des maths, sauf erreur.

    Comme quoi, on peut avoir un cerveau dans les 4000 et les pieds sur les sentiers valaisans.

    Merci Tchatcha. C’était le surnom que nous lui donnions.

  • 7 décembre 2013 à 23 h 16 min
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    L information manipulatrice , le debat en vaut la question , en fait de libertes d expression , le journaliste devrait , ce borner a l idee pure de transmettre les faits , au faits des faits .
    Au soin de l idee de ceci , ce me semble une pure chimeres des temps actuels , hontes aux journalistes des temps actuels . Il est certain de l idee , propre a transmettre , au fait du fait . Elle serait que trop redite , des inspirations manipulatrices , des corrupitons actuelles , d ou un socle de monsonges , venerant l argents , du remarquable .

    une information ???

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