Lire le foot de Kühni ça donne le blues

 

Trafiquants OpiumLire le foot de Khüni ça donne le blues.

C’est sûr les fans de foot le détestent. Pour être franc ils le haïssent. Quoi un mec qui débecte avec tant de vérité sur le foot ! Un scribouillard qui dit vrai et démolit le monde du ballon rond ! Un roitelet de la plume indexée qui vous la plonge juste là où ça fait terriblement mal. Un gars qui confond à cent contre un demi de mêlée du rugby avec un meneur de jeu à la Xavi Hernandez. Un servant de messe qui croit autant à la sainteté du Mundial que Narcisse Praz à la virginité de Marie. Un pourfendeur de l’art footballistique qui ose même citer Adorno dans le texte pour rendre honteux tous les footeux du monde assujettis célébrant leur propre assujettissement. Jacques, tu as osé vaillamment ridiculiser tous les enfants du monde qui, le dimanche, main dans la main, vont au stade avec leur père ou leur oncle et croient à la beauté d’un amorti de la poitrine, d’un grand pont ou d’une ouverture dans la profendeur. Tu dis à tous ceux qui emmènent leurs gamins au stade qu’ils régénèrent ainsi les hommes-marchandises, les traficants d’opium sportif et les corrupteurs de rêves.

Lire le foot de Kühni, ça fout le blues. Mais tout ça est de ma faute. Pourquoi donc lui avoir proposé de se pencher par l’écrit sur la Coupe du Monde. J’aurais dû vérifier et savoir qu’il allait en ce mardi 15 juillet, jour de son article et ultime moment pour éditer le dernier jour sa mitraille et assassiner mon désir d’enfant. Le mec, il ose tout, à sa façon avec des mots d’intelligent, il m’a traité de con. De con pieux pour tout dire. D’un tel coup bas comment peut-on se relever ? On ne peut pas, on reste accroupi dans son jardin. A bien le lire, je crois même qu’il m’a traité de consommateur d’opium, de trafiquant même puisque L’1dex s’est fendu de tant d’articles qu’il ne peut plus plaider non coupable. Trafiquant d’opium et de bondieuseries, tel fut le rôle que j’ai assigné à L’1dex pendant quarante-cinq jours consécutifs. On n’a même plus envie après tant de péchés de rechercher l’absolution.

A ce stade de démonstration de mon incontestable culpabilité, il n’y a que l’aveu pour adoucir la prochaine sanction. Oui, c’est vrai, je l’avoue, je suis un sale récidiviste. Le blog « Sur la route de la Coupe du Monde 2010 » est là pour ôter les derniers doutes. Pire encore : je suis un cocaïnomane invétéré, un toxicomane dépendant, un trafiquant dépravé. Putain, je suis mort et enterré.

Lire le foot de Kühni ça mène à perpète.

Et je ne sais pas même si toutes les cellules sont équipées d’un écran plat haute définition pour la Russie 2018.

Post Scriptum : l’accusé a toujours le dernier mot au tribunal après les plaidoiries de ses avocats. Ainsi ce billet clôt la campagne Brésil 2014 de L’1dex.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, mention gestion d'entreprise, licencié en droit, avocat, notaire, je suis père de sept enfants et je travaille depuis plus de vingt ans à Sion comme avocat, après avoir été greffier cinq ans au sein du Tribunal cantonal. Je suis un ami de la psychanalyse, des livres, des journaux, du sport et de la justice.

Une pensée sur “Lire le foot de Kühni ça donne le blues

  • 16 juillet 2014 à 9 h 14 min
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    Sur une terrasse une dizaine d’enfants jouent au ballon. Garçons et filles, entre trois et quatre ans. Le ballon n’est pas en cuir, mais sont imprimés les logos ce coca-cola et de la fifa, les mafias d’usage. Le ballon rebondit et, pour la deuxième fois passe par dessus la balustrade. L’éducatrice dit: »Stop, maintenant on va fabriquer un autre ballon, allez chercher des feuilles dans la poubelle. » Les enfants évidemment ravis d’aller fouiller la poubelle à papier s’exécutent. L’éduc. entreprend d’entourer une espèce de boule avec du scotch d’emballage. Elle a beau serrer fort, la boule n’est pas très ronde, mais elle a la taille d’un ballon de foot. Le jeu reprend, un grand vient en annonçant qu’il s’appelle Chat-qui-rit. Devant l’indifférence et l’absence de spectateurs, il s’en va. Une fille est la reine du shoot, sa frappe est sèche. Personne n’envisage de signaler son excellence aux voleurs d’enfance du FC Barcelone. Le jeu s’achève soudain et les enfants passent à autre chose.

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